Un canular pseudo-scientifique de plus de 6 ans sur Wikipédia

En lisant le Bistro du 14 juillet 2017, on tombe à nouveau sur un canular qui durait depuis le 16 mars 2011. Il s’agit de l’échelle de Kashimuka « pour la mesure de la toxicité des gaz » dont le dernier échelon est la « destruction des murs non renforcés à cause de l’acidité de l’air » et évalué par de consciencieux encyconpétants « ébauche d’importance moyenne pour le projet chimie » … MDR


L’échelle de Kashimuka est une échelle de mesure utilisée depuis 1992 pour la mesure de la toxicité des gaz. Elle tire son nom du professeur japonais Kashimuka1, spécialiste de la toxicité des gaz et de leurs effets sur la santé des êtres vivants. L’échelle se décompose en 10 marches et chaque échelon correspond à une description visuelle et olfactive du milieu aérien, contrairement à l’échelle de Montour qui utilise une échelle logarithmique pour la toxicité sur les organismes biologiques.
Une série d’expériences est conduite depuis 1994 par un de ses élèves pour vérifier l’adéquation de cette échelle aux nouveaux gaz recensés2.

Description

Grade de l’échelle Description des effets ressentis
0 Aucune senteur, aucune couleur, le gaz est absent ou uniquement détectable par des appareils de mesure extrêmement sensibles
1 Le gaz est légèrement présent mais non détectable par la plupart des êtres humains, aucune coloration
2 Le gaz est légèrement détectable à l’odorat, non détectable à la vision. Aucun effet sur les infrastructures ni sur les organismes vivants
3 Le gaz est clairement détecté par l’odorat, la plupart des êtres humains ne l’identifie pas clairement ni ne le voit. Aucun effet sur les infrastructures, quelques personnes peuvent souffrir de légers maux bénins
4 Le gaz est détecté par l’odorat et la plupart des êtres humains peuvent l’identifier et le voir. Aucun effet sur les infrastructures, la plupart des personnes souffre de légers maux bénins (nausées, vertiges, picotement des yeux)
5 Le gaz est détecté par l’odorat et la vision, il est facilement identifiable par les personnes subissant son effet. Les effets du gaz sont répandus dans l’ensemble des personnes touchées
6 Aucun effet sur les infrastructures. Le gaz obstrue partiellement la vision du fait de sa concentration. Les effets secondaires du gaz sont totaux
7 Les murs et les infrastructures commencent à subir les effets de l’acidité de l’air. Le gaz obstrue la vision de manière significative
8 Les murs non renforcés sont fissurés à cause de l’acidité ambiante, la vision est très fortement obstruée par le gaz
9 Destruction des murs non renforcés à cause de l’acidité de l’air, la vision est totalement obstruée par le gaz

Critiques

Cette échelle est régulièrement critiquée[Par qui ?] du fait de la difficulté de l’adapter à d’autres organismes vivants que l’être humain.

Notes et références

  1. K.Y. Kashimuka, A Scale to Grade the Effects of Gaz Poisonning on Life Beings, Prutokaki University, 1992, Biology Journal p. 189-194
  2. Princess A. Derouet, Studies on Behavior of Human Being on Gaz Poisonning with respect to the Kashimuki Scale, Proutokaki University, 1994, Biology Journal, p. 174-178

 

Sur la page de suppression mise en place, The Titou – qui prétend sur sa page de présentation avoir fait des études de chimie mais semble ignorer le BABA de la démarche scientifique – vote pour la conservation au titre qu’il y a « deux sources centrées sur deux ans dans la section Notes et références de l’article et qu’elles soient mal ou pas reliées au reste de l’article ne justifie pas une suppr[ession] ». Puis, suite au commentaire moqueur du pseudo Un historien, admet « Je n’ai effectivement pas vérifié ces deux sources [!] donc je ne peux pas certifier qu’il ne s’agit pas d’un canular – alors fort bien élaboré au demeurant« . L’homme qui se prétend scientifique ne vérifie donc pas les sources présentées et valide une fiche qui se termine par une allusion à des gaz destructeurs de murs; en bon wikipédien, il se contente de deux lignes au bas d’une fiche pour conclure à la véracité de Wikipédia.

Sur sa première PU de janvier 2010, The Titou prétend avoir « 24 ans » et « [faire] des études de chimie ». Onze mois plus tard, il a « 34 ans » et fait toujours des études de chimie. En juin 2011, il admet être le faux-nez de tpa2067 (bloqué indéfiniment) où il se présente commme docteur en chimie inorganique. Ses pseudos parsèment Wikipédia d’une référence à « Synthèse et caractérisation d’aimants à précurseur moléculaire, Thèse de doctorat de J.-C. [ndlr: Jean-Christophe] Colin, 1994, Université de Paris XI Orsay ». Un mois plus tard, il est né le 20 mai 1967 et il a enfin terminé ses études de chimie… S’il dit vrai, on pourrait aisément le ranger dans la série autopromotion de mes oeuvres et conflit d’intérêt.

Contrairement au sort subi par les fiches André Maurin ou Jean Favre effacées en catimini, l’échelle de Kashimuka est complaisamment re-cataloguée « pastiche ». Encore une fois, démonstration est faite qu’il ne faut pas pondre un canular très élaboré pour que les égos-boursoufflés-qui-se-la-pètent-en-se-prenant-pour-des-encyclopédistes-modernes tombent dans le panneau.

Publié dans canular, conflit d'intérêt | 2 commentaires

Wikipédia et la légitimité de la construction collective du savoir sur internet

En effectuant quelques recherches sur le scandale de Wikimédia France – pas si actuel que ça – je suis tombé sur ce commentaire datant de 2006 (hélas certains liens sont aujourd’hui morts) et auquel il ne faudrait rien retirer 11 ans plus tard. Le voici, légèrement retouché pour des questions de mise en page.


La pratique de wikipédia est d’accumuler les contenus : on pourrait croire qu’ainsi une sorte de connaissance serait produite de façon coopérative. En réalité, cela revient à entasser des points de vue sans beaucoup de discernement ; certes, en théorie, il faut sourcer, comme on dit, les informations ajoutées. Mais, de ce fait, le résultat est que la démarche scientifique passe au second plan.

L’opacité de Wikipédia existe

On ne peut tout d’abord minimiser les manipulations diverses de wikipedia par des hommes politiques (congrès américain : une affaire récente), des sectes, des nationalistes de tous bords, des diffamateurs, etc.;

Ensuite, opacité quant à la valeur de ce qui est publié : il n’y a pas de procédure de révision des articles (ce qui permet à des articles sur des sujets imaginaires d’être postés sans que personne ne s’en aperçoive !).

Opacité des décisions : Wikipédia a un canal IRC, où discutent chaque jour les habitués de Wikipédia, sans que cela soit publié. Des désicions y sont prises dans l’ombre.

On voit donc mal à quoi peut aboutir ce site.

Son idéologie est aussi douteuse

La pratique de wikipédia est en effet d’accumuler les contenus: on pourrait croire qu’ainsi une sorte de connaissance serait produite de façon coopérative. En réalité, cela revient à entasser des points de vue sans beaucoup de discernement; certes, en théorie, il faut sourcer, comme on dit, les informations ajoutées. Mais, de ce fait, le résultat est que la démarche scientifique passe au second plan.

On a beau dire que les experts n’ont pas le monopole de la connaissance, on n’est pas pour autant dispensé d’un minimum de rigueur. Sinon on colporte toutes les “informations” sourcées sans distinction; autrement dit, Wikipédia est une somme confuse de vérités et d’erreurs qui ne sont jamais soumises de manière approfondie à un processus critique: la critique demeure à la surface et, de cette manière, on contribue au développement d’un nouvel obscurantisme.

Je crois donc que nous sommes tous dans l’erreur lorsque nous pensons que Wikipédia est une encyclopédie dont le contenu général serait quelque chose qui pourrait recevoir le nom de connaissance. Nous sommes également dans l’erreur lorsque nous croyons que ce site est une révolution dans le domaine du savoir.

En effet, si je résume :

  1. il n’y a pas de sélection scientifique ; Wikipédia n’expérimente pas, n’innove pas, mais répète ce qui est déjà dit (critère d’admission).
  2. chacun ajoute ce qu’il veut (principe selon lequel le contributeur doit oser modifier) ;
  3. les éléments ajoutés sont rarement en rapport avec une source dont la validité scientifique serait éprouvée (voir article au hasard), validité scientifique que Wikipédia n’a d’ailleurs pas à établir par elle-même…

D’après 1, Wikipédia diffuse aussi des théories fausses, sans recul critique, intéressant simplement les contributeurs (d’après 2), et du moment qu’il y a une source (3) dont on dit qu’elle est sûre ;

Encore d’après 1, Wikipédia ne favorise pas l’esprit critique face aux théories reçues ; au contraire : les théories novatrices, peu connues (cfr. histoire des sciences), seront rejetées comme non valides pour l’édition encyclopédique.

D’après 2 : son contenu n’est pas systématique et ne vise à rien de tel : une vision d’ensemble est exclue par principe de Wikipedia et aucune unité n’est visée ; d’après cela :

  • Wikipédia est un collage d’éléments disparates avec des trous un peu partout : elle ne peut donc prétendre instruire mais seulement informer ponctuellement de ce que quelqu’un a déjà dit ou de ce que telle source dit que quelqu’un a dit… ;
  • Wikipédia ne dispose d’aucune possibilité de critique interne : le chaos ne se réforme pas ; Wikipédia exclut le retour réflexif, la pensée de ses propres principes ;
  • Wikipédia ne reflète rien ; Wikipédia n’a pas de but ; Wikipédia est absurde ;
  • La conséquence la plus néfaste est que cette subjectivation des « connaissances » entraîne des conflits d’intérêts qui aboutissent à la victoire du plus fort, du plus tenace ou du plus rusé.
  • Les points précédents laissent comprendre quels types de personnes peuvent principalement contribuer à Wikipédia : associaux, dépressifs, geeks, autistes, frustrés du système universitaire, et autres personnages imbus de leur science infuse…

D’après 1, 2 et 3, Wikipédia met sur le même plan toutes les affirmations tant qu’elles peuvent se rapporter à une source. Son idéal gnoséologique diffère peu de l’Indéfini…

Encore d’après 1, 2 et 3, on peut y publier un grand nombre d’affirmations fausses, on peut créer des articles sur des sujets fictifs. L’expérience le prouve, et chacun peut le vérifier : 5 à 10 pour cent des erreurs que l’on introduit sont corrigées au bout de plusieurs semaines ; les autres restent…

Qu’est-ce alors que Wikipédia ?

Il est évident, d’après ce qui vient d’être dit, que Wikipédia n’a pas un rapport direct avec la connaissance… En revanche, il paraît que ce site diffuse gratuitement des informations diverses et variées, et que chacun peut modifier.

J’ajoute deux points :

  • d’abord, une remarque intéressante (source)

« La question qui se pose alors est la suivante : qui seront les lecteurs d’une encyclopédie condamnée à rester à l’état de projet ? La réponse est simple, mais il fallait y penser… : ceux-là même qui y écrivent ! »

  • ensuite, quelqu’un a-t-il remarqué la qualité des articles sur les actrices de films pornographiques, et le fait que wikipédia est un véritable annuaire de sites officiels des « stars » du porno ? (voir)

Il ne faut donc peut-être pas seulement se demander d’où parlent les contributeurs de wikipédia (puisqu’il n’y a aucune validation scientifique régulant les opinions subjectives), mais aussi s’interroger sur l’origine de ce projet et sur son fondateur.

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia: « Des employés actuels et passés de Bomis participent ou ont participé au projet, soit sur l’encyclopédie, soit comme développeurs. »

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Bomis: Bomis a fourni les infrastrutures du projet. L’activité de cette entreprise « concerne la vente de publicité sur un portail de recherche, Bomis.com, ainsi que la vente sur le réseau d’images érotiques. »

On peut le voir en effet par l’image de l’article qui représente une actrice de films pornographiques qui porte sur son t-shirt : Bomis.

L’article nous apprend que « Jimbo Wales est l’actionnaire majoritaire de Bomis. »

Et d’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Jimbo_Wales: Jimbo Wales « a fait fortune en jouant en bourse sur les marchés dérivés avant de co-fonder Bomis ».

Jimbo Wales apparaît également sur une photo éloquente.

Alors, d’où parle celui qui nous dit (même article) : « Je considère comme un impératif moral pour notre mission globale de ne jamais renoncer à nos valeurs de liberté (à la liberté d’expression, à notre engagement à la neutralité et au rassemblement) tout cela pour satisfaire une quelconque exigence émanant de tel ou tel gouvernement. Nous sommes une encyclopédie libre. Avec tout ce que cela implique. » ?

Enfin, sur les contributeurs, il y a une page de statistiques.

On y apprends le nombre de contributions de chacun et combien de wikipédiens contribuent par exemple plus de tant de fois par jour sur des périodes de plusieurs mois.

Ces contributeurs principaux sont assez souvent administrateurs, interviennent dans les « guerres » d’édition (notez le terme qui semble dire que l’on peut envisager de tuer l’ennemi pour imposer sa version d’un article), sur le bistro, ou sur IRC, ce canal qui réfute l’idée d’une parfaite publicité de l’activité wikipédienne (allez-y voir pour lire comment on parle des uns et des autres…).

Maintenant, considérez combien d’heures par jour il faut pour contribuer par exemple cent fois… Certains wikipédiens contribuent de leur travail ; observons les contributions à Noël, ou le jour de l’an, les week-end ou les jours fériés, pendant la journée au travail… Brefs, les contributeurs principaux de wikipédia sont des gens dépendants : certains ont voulu partir, ils y sont revenus…

Il faut savoir que le nombre total d’inscrits donnés par les statistiques ne correspond pas au nombre de contributeurs réels. Par exemple : « Untelestuncon », ce n’est pas un vrai compte.

Si vous souhaitez savoir ce qu’est un geek, lisez les études psychiatriques sur le sujet ; je n’invente rien. Les liens geeks = associaux = autisme n’ont rien de fantasmatique.

Il y a aussi les cas très graves, mais là ils sont rares ; ce sont les personnes systématiquement aggressives, qui voient par exemple des complots (fascime, et autres classiques) partout… j’en ai trois à l’esprit, et je suis sûr que tous les wikipédiens pourront en évoquer un peu plus. Ici, ce n’est pas leur nombre qui est remarquable, mais le fait que l’accès aux articles ne leur soit pas rapidement refusé. Les cas de ce genre, bien que rares, je le répète, ont pourtant des effets incroyables, et ils sont capables de s’installer pendant quelques mois sur wikipédia…

Un autre cas de wikipédiens que l’on devraient évoquer, ce sont ceux qui sont partis, parce qu’ils en avaient marre des agitateurs et des incompétents : parmi ceux qui sont partis : des professeurs, des administrateurs.

Alors, vous voulez toujours faire confiance à un site qui :

  • se prétend une encyclopédie, mais dont le contenu n’est pas systématiquement vérifié ;
  • qui échoue à corriger les erreurs introduites volontairement ou non ;
  • édité par des gens dont vous ne connaissez pas les qualifications, et qui peuvent écrire n’importe quoi ;
  • qui proposent un index des actrices porno, et des liens vers leur site ;
  • qui a été fondé par un entrepreneur vendant des images érotiques sur le Net ?

La libre expression implique que l’on écoute la critique

Rares sont les critiques qui ne sont pas constructives, et elles sont constructives surtout si elles font réagir : j’invite tous ceux qui s’intéressent à Wikipédia, même et surtout si ce projet les déçoit, à proposer des critiques, mais bien argumentées, sinon, c’est inutile.

Wikipédia a besoin qu’on le critique sans complaisance.

CC BY 3.0

 

Publié dans Analyses | 12 commentaires

Un canular de plus 8 ans sur Wikipédia

par Brice (ce site 01/05/2017)

 

Connaissez-vous le philosophe André Maurin ? Voici ce qu’en disait poubellepédia il y a quelques temps:


André Maurin, né le 1er février 1908 à Toulouse et mort le 6 août 2012 à Albi, est un philosophe français.

Biographie

Après des études secondaires commencées à l’Abbaye-École de Sorèze et terminées au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, André Maurin est reçu à l’agrégation de philosophie en 1930.

Il enseigne à Castres (19311933), puis à Albi (19341935), avant de devenir répétiteur à l’École normale supérieure (1935-1939). Mobilisé dans l’artillerie entre 1939 et 1940, il rejoint la France libre à Londres en juillet 1940 d’où il entreprend plusieurs voyages vers les États-Unis et l’Afrique du Nord, ainsi que des missions auprès des réseaux de Résistance de Toulouse, où il rencontre Raymond Badiou, futur maire de la ville. Après la Libération, il revient enseigner à Albi (19451948) puis en première supérieure au lycée Pierre-de-Fermat (1948-1951) où Raymond Badiou enseignera d’ailleurs lui aussi. Il devient ensuite professeur de philosophie à l’université de Toulouse (de 1951 à 1968), où il fonde les Presses universitaires de Toulouse. Pendant ces mêmes années, il a été détaché auprès de l’École nationale de la France d’outre-mer, où il se forge ses convictions en faveur de la décolonisation.

À part ses passages à Paris, Maurin passe sa vie dans la région de Toulouse.

Londres et la Résistance

C’est à Londres que Maurin fait ses premières rencontres politiques. Avec Charles de Gaulle, d’abord, qu’il ne côtoiera que très peu, puis surtout, en 1944, avec François Mitterrand.

C’est aussi durant cette période que Maurin vit physiquement son engagement aux côtés des réseaux de la Résistance de Toulouse, plus particulièrement du groupe de résistance 35e brigade MOI-FTP dont il assure les liaisons dangereuses avec Londres, avec le groupe Bertaux avec lequel il organise des parachutages de matériel de sabotage dans la Zone sud, et avec le réseau Brutus-Boyer, où il se lie d’amitié avec Gaston Defferre (connu dans le réseau sous le pseudonyme « lieutenant-colonel Danver »). Il est à Toulouse le 19 août 1944, jour de la libération de la ville.

La décolonisation

La loi-cadre Deferre du 23 juin 1956, qui prépare les élites de la France d’outre-mer aux indépendances, doit énormément à la proximité de son initiateur avec André Maurin. Ontologie du combat, paru seulement quatre années auparavant, pose en effet le principe du rôle des élites locales dans la lutte anticoloniale. C’est la naissance de ce qu’on nommera plus tard agency, concept imparfaitement traduit en français par philosophie de l’action.

Philosophie

Lors de son séjour à Londres, Maurin se lie avec Bertrand Russel et Ludwig Wittgenstein, qui contribuent à l’élaboration de sa philosophie de l’action. Maurin est sans doute, avec Maurice Merleau-Ponty et Paul Ricœur, un des philosophes de sa génération qui s’est le plus inspiré d’Edmund Husserl. Ontologie du combat peut en effet être compris par des esprits formés à cette pensée particulière comme une lecture husserlienne de la Résistance et plus généralement de l’engagement politique et armé.

Les relations avec la politique

La nature de la relation de Maurin avec la politique et avec les hommes politiques de la IVe République est dictée par les deux fidélités auxquelles il n’aura jamais failli : Toulouse et la philosophie. Ainsi en est-il de François Mitterrand, qui lui rendra souvent visite avant de devenir président de la République (il n’existe aucune trace de rencontre durant les deux septennats), mais dont Maurin ne voudra jamais se rapprocher formellement. Il en est différemment de Gaston Defferre, avec qui il partage l’appartenance au protestantisme et l’adhésion aux valeurs de Pierre Mendès France. Deferre tentera sans relâche de rapprocher Maurin de Mitterrand, très probablement à la demande de ce dernier. Maurin restera toujours méfiant vis-à-vis de ce monde politique parisien qu’il ne daignait considérer que par l’intermédiaire de Deferre.

Bibliographie

  • Maurin, « Philosophy of Action: a Christian Vision Of Liberation Struggle? », British Philosophy Quarterly, XXVII (3), 23-28, 1944.
  • Maurin, Ontologie du combat, Presses universitaires de Toulouse, 1952

Notes et références

[ndlr: cette section était vide avant la suppression]


Cela fait longtemps que j’avais suspecté quelque chose d’étrange concernant ce philosophe. Rien que la mention du décès. Il y était dit, de mémoire : « Il décède le 6 août 2012 au petit matin. Il ne laisse aucun héritier ». Où a-t-on vu ce genre de phrases s’agissant de personnes décédées récemment ? Ensuite, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé. Vraiment très discret le monsieur… Aucun avis de décès trouvé dans la région toulousaine ou d’Albi. Aucune source, aucune mention nulle part. Pourtant, un philosophe qui aurait une certaine notoriété et qui décéderait à 104 ans, qui serait donc l’un des doyens de la ville, cela se remarquerait tout de même. Bref, un décès non sourcé, mais cela ne dérange pas les wikipédiens qui, il est bien connu, sont très respectueux des principes fondateurs (ironie pour ceux qui ne le comprendraient pas : il suffit de regarder le nombre d’articles sans aucune source pour s’en faire une idée).

Un certain Lucapiot avait lui aussi détecté quelque chose d’étrange, sans toutefois remettre en cause l’existence du monsieur (eh oui, il était loin de savoir quel degré de médiocrité avait atteint wikipédia). Il avait supprimé toute mention de décès en mentionnant qu’il n’y en n’avait aucune trace nulle part, avait ajouté une référence (la seule de l’article – oui, il n’y en avait aucune avant, comme d’habitude, et cela n’a dérangé aucun wikipédien bien entendu) et corrigé la date de naissance. (On se demande d’ailleurs comment cette référence pouvait exister, mais qu’importe.) Et depuis un an, ce très vieux canular était presque resté en l’état (apparemment, la mention du décès était réapparue entre-temps).

Le nom du monsieur serait en plus un pseudonyme, son vrai nom serait en fait Max Ernest Jean Marie Arthur Maurin (né en 1908, le … 9 juillet!) selon Wikidata. Bref, vraiment bizarre, ce qui n’avait (à moitié) pas échappé à Lucapiot. Je vois mal un type de cette époque, philosophe et non acteur ou écrivain, prendre un pseudonyme. Et les pseudos de la Résistance consistent rarement en un changement de prénom. Bref, cela saute aux yeux de toute personne qui a un cerveau, sans avoir besoin de s’appeler Einstein, Newton, Maxwell ou autres. Il faut vraiment être un wikipédien pour ne pas voir cela. Ce n’est que le 28 avril 2017 que cet article a été supprimé après avoir été proposé à la suppression une semaine plus tôt. Et ils ont eu besoin de lancer une consultation!

On notera que Lucapiot avait aussi supprimé la mention de décès pour Georges Lucas (l’acteur français, pas le réalisateur américain). Il avait été pour cela malmené par … Pro patria semper, aujourd’hui Nomen ad hoc, et avait claqué la porte après trois petits jours d’existence. En regardant l’historique, on comprend bien que cette mention de décès n’est qu’un vandalisme. Le monsieur existe bien cette fois, mais il n’y a de mention de décès nulle part. Et le contributeur qui l’avait introduite s’était auparavant amusé avec l’article, avant d’effacer ses vandalismes. Mais il avait laissé cette mention, très suspecte.

Voilà encore deux autres exemples. Comment faire confiance à ce site quand on sait cela ? Je ne me fatigue plus à faire des contributions créatives depuis plusieurs mois maintenant. Cela ne sert à rien. C’est une perte de temps et je n’en retire plus aucun plaisir. J’ai des dizaines de feuilles de suivi et ces abrutis ne voient rien. C’est amusant au début, mais lassant à la fin, de voir qu’ils ne détectent même pas un petit centième de ces contributions. Ah bien sûr, ce n’est pas sur Fillon ou Le Pen, donc cela n’intéresse personne. Je ne vais pas attendre cent ans qu’une seule petite correction arrive enfin sur une de mes nombreuses contributions. Finalement, tant mieux. Je n’ai plus besoin de me fatiguer : le meilleur moyen de pourrir ce site déjà pourri, c’est de laisser faire. ce que je ne suis d’ailleurs pas le premier à dire.

Juste pour rire, un autre canular (ou cas nullard, comme vous préférez) : Principes fondateurs de Wikipédia.

 

Annexes:

Dernière version de la fiche André Maurin avant suppression.

Dernière version de la page de discussion André Maurin avant suppression.

Historique des opérations sur la fiche André Maurin.

André Maurin : fiche WikiData (version 23/02/2016).

Publié dans canular | 17 commentaires

Encore un canular de plus de dix ans sur Wikipédia

En se promenant sur le site Wikipédia, on trouve toujours des choses « intéressantes », y compris de très anciens canulars. Tomber dessus un 1er avril – tout à fait fortuitement – rend l’affaire encore plus drôle.

La fiche Jean Favre est créée le 7 décembre 2006 par le bien-nommé profil Jfavre: rien que ça devrait déjà inviter à une vigilance accrue.  C’est sa première contribution (44 au total). Elle est repérée le jour même par Huster, qui se voit spécialiste du théâtre et s’empresse de corriger la syntaxe des catégories. L’administrateur Pierre-Yves Baudouin (président de Wikimédia France en 2007-2009) en rajoute. Huster revient pour enlever des références bidons (s’en aperçoit-il seulement?) sous prétexte qu’elles ne sont pas directement liées à la fiche et « wikifier ».

Nous passons à 2012 où l’administrateur Kyro (Matthieu Riegler, informaticien) veut absolument voir en Jean Favre un ancien député pendant quatre jours avant de se rétracter … sans commentaire de diff. Vient l’administrateur Sebleouf (Sébastien Gathier), un instant distrait de la robotique création de fiches concernant des villages hongrois, monténégrins ou lituaniens, qui vient montrer qu’il sait que « theatre » s’écrit « théâtre ».

L’administrateur Thierry Caro suit et ajoute un portail en 2014. Il ne trouve pas de références, trop occupé qu’il est à parsemer Wikipédia de références à ses propres publications.

En 2015, l’inévitable Pro patria semper/Nomen ad hoc fait lui aussi tourner son compteur d’éditions sans peine et change le titre de la fiche. L’administrateur Hercule enlève le « lien vers la page « Aktéon (théâtre) » supprimée en PaS » … Toujours pas la puce à l’oreille.

Une IP – notre facétieux créateur? – passe faire un coucou en 2016 pour préciser que Jean Favre est un « auteur dramatico-comique » et qu’en « 2016, Jean Favre a décidé de s’orienter vers la comédie d’ingénierie d’affaire. » Ajouts que l’IP efface deux jours plus tard par mesure de discrétion, les encyconpédistes n’ayant toujours rien remarqué. L’administrateur Vlaam clôt le bal par une dernière modification robotique.

Pour la gourmandise, voici l’état de la fiche avant effacement (car les wikipédants lisent Wikibuster):

Jean Favre (écrivain)

 
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Favre.

Jean Favre est un auteur dramatique français né le 14 septembre 1977 à Boulogne-Billancourt.*

Œuvres

Théâtre
Prose
  • Un Hangar au Nord (1996), recueil de poèmes
  • Mal i Séoun (1997), nouvelle
  • Se rie la Vida (1998), recueil de nouvelles, incluant Métis, Les Veaux, après l’orage et Rie la vida.

 

On voit donc que la récente expérience de Pierre Barthélémy, journaliste au Monde, n’est pas un accident et qu’il n’est pas nécessaire d’élaborer un canular sophistiqué pour passer inaperçu. En dix ans (historique), 6 administrateurs sont passés sur ce canular sans rien remarquer alors qu’il ne faut qu’une poignée de secondes pour se rendre compte du ridicule de la fiche. On peut même légitimement se demander si un seul a lu la fiche tellement les indices sont évidents! Ceci en dit long sur leur façon de travailler et, d’une manière, sur leurs capacités intellectuelles. Le facétieux créateur de  cet « article wikipédien » a-t-il voulu faire allusion à Jan Fabre? Les administrateurs de Wikipédia qui ont « corrigé » la fiche connaissent-ils seulement son existence?

Cerise sur le gâteau, le merveilleux outil qu’est Wikidata mentionne tout de même une(!) référence pour cet écrivain: French Wikipedia. Wikidata devrait bannir fr:Wikipedia comme source: pas fiable!

On n’espère même pas que les wikipédiens mentionnent Wikibuster dans leur petit panthéon des canulars.

 

Post scriptums

RCLive 02 avril 2017 17:15 : Pro patria semper/Nomen ad hoc substitue la redirection du profil Jfavre par une message de bienvenue totalement vain sur un profil inactif depuis le 11 août 2008 et appose les bandeaux  « aucune source » (en principe honni par les wikipédiens) et « admissibilité à vérifier ». C’est difficile d’admettre l’évidence …

RCLive 03 avril 2017 10:39 : Pro patria semper/Nomen ad hoc retourne sa veste et demande la suppression immédiate pour « canular manifeste ». Pas si manifeste que ça puisqu’en 2015 il lui accordait du crédit (cfr. supra). En bon wikipédien, il ne mentionne pas sa source: Wikibuster. L’honnêteté intellectuelle est une chose rare chez les wikipédiens.

RCLive 03 avril 2017 11:20: l’administrateur DoNotFollow (ancien compte principal Franz53sda mais aussi au moins quatre autres faux-nez) efface la page pour « absence de sources secondaires » … Mais le ménage n’est pas encore fait dans Wikidata.

RCLive 03 avril 2017 22:21 : Pro patria semper/Nomen ad hoc admet enfin le canular … 14 mois après l’avoir validé.

RCLive 04 avril 2017 15:50: la fiche Wikidata est enfin effacée après une requête introduite par H4stings (Guillaume Gogo, informaticien): « canular depuis Wikipedia en français ».

Épilogue

Pour un wikipédant, c’est très très très difficile d’admettre qu’un canular a duré 10 ans sur Wikipédia – et il aurait pu durer bien plus longtemps si les wikipédiens ne lisaient pas si avidement Wikibuster. Un canular aussi grossier est passé au travers de tous les soi-disant garde-fous que les wikipédiens prétendent avoir mis en place (patrouille etc.) et cela anéanti la ligne de défense établie contre l’article de Passeur de sciences: Pourquoi et comment j’ai créé un canular sur Wikipédia.

Surtout on voit que les wikipédiens, rois de la manipulation 2.0, entretiennent le mythe de la fiabilité en dissimulant en catimini les traces de leur incompétence: pas de message sur le Bistro (où on préfère concourir pour savoir celui qui a la plus grosse), rien sur le Bulletin des Administrateurs, pas de mise à jour de la liste des canulars, discret effacement de la fiche sur Wikipédia et Wikidata, peut-être coordonné en dehors de pages ad hoc de Wikipédia. On peut raisonnablement penser qu’il en fut ainsi pour des dizaines d’autres. « Pas vu pas pris ». Les derniers PDFs du canular et de son historique resteront consignés ici.

Cet épisode n’a été suivi d’aucun remise en question structurelle de la part des encyclopétants et on peut parier que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on retrouvera ce genre de canular dans les années à venir.

Publié dans canular | 21 commentaires

L’auto-promotion sur Wikipédia. 4 Moi et mon entreprise (1)

Certains wikipédiens ne sont pas inactifs in real life (IRL, dans la vraie vie). Certains ne peuvent s’empêcher de promouvoir leur petite (ou grande) entreprise. Benoît Évellin aka Trizek, administrateur de Wikipédia et employé de la Wikimedia Foundation, qui la promo de l’entreprise familiale, a déjà fait l’objet d’un billet antérieur.

MacBidouille & Co.

Silvain Combis-Schlumberger aka Schlum, est vérificateur d’adresses IP sur Wikipédia en français; autrement dit, c’est un wikipédien « digne de confiance » qui a dû déclarer son identité à la Wikimedia Foundation pour avoir le droit d’aller fouiner dans les adresses IP. Il peut aussi porter d’autres masques comme celui de Pierrot-le-chroniqueur avouéblog critique à propos de Wikipédia écrit à plusieurs mains qui, après des années de manipulation de toute la wikisphère, avait éclaté en février 2015. C’est aussi un pilier des pages à supprimer avec son faux-nez McLuschFR et un grand fan de Naruto Shippuden, un manga au business très juteux.

Dans la vraie vie, « Schlum » est informaticien (École Nationale Supérieure d’Informatique pour l’Industrie et l’Entreprise, promotion 2005). Il travaille « bénévolement » entre autres pour MacBidouille.com et ne se gêne pas pour en faire la promo sur Wikipédia. Dans l’historique de la fiche, on croise également des comptes jetables : Lionel MB (2 contributions ! Lionel Coscas est le créateur du site) et le bien nommé Nick Name, lui aussi passionné par les pages à supprimer. Schlum téléverse le logo du site : « source interne »! Ici pas besoin d’une autorisation via OTRS pour gérer un problème de copyright, comme on le voit si souvent sur Wikipédia : tout le monde sait qui est qui, laisse faire et il y a le fair use pour couvrir tout ça.

Nick Name vient opportunément masquer des informations gênantes sous prétexte de vandalisme … Un utilisateur qui avait repéré la manigance et le lien avec macway.com s’est vite fait menacer de « vandale » par Schlum. L’ouverture d’une page de discussion sur la neutralité ne mènera à rien, Schlum alléguant même que l’article avait été « admis et contrôlé », ce qui est faux puisque aucune procédure de suppression n’a jamais été lancée et que c’est Schlum lui-même qui a enlevé le bandeau d’admissibilité puis celui de controverse de neutralité; la discussion prend fin avec l’intervention faussement neutre de San Kukai, lui-même mcbidouilleur et de mèche avec Schlum. La section « notes et références » de l’article est un trompe-l’œil : l’essentiel du texte est sourcé par des liens provenant de MacBidouille même ; surtout, il n’y a aucune référence centrée pour étayer l’existence de la fiche mais Schlum n’en a cure et fait disparaître le bandeau appelant à des sources secondaires. Pro Patria Semper / Nomen Ad Hoc, qui a le chic pour repasser sur les articles « sensibles » relatifs à la clique wikipédienne, clos le bal en enlevant le bandeau d’ébauche.

Cet article et ses pages connexes sont un petit condensé des manipulations que l’on retrouve un peu partout sur Wikipédia: usage de faux-nez, semblant de débat grâce à l’intervention de complices, silence éhonté des autres administrateurs et utilisateurs dans la confidence.

Chez MacBidouille on veille jalousement à son anonymat. Dans la presse spécialisée, on refuse de voir son nom cité. C’est pratique pour bidouiller en secret la promo de son site. Mais dès qu’il s’agit de passer à la télé, le nom du fondateur du site apparaît en entier (par exemple une interview de France3). Sur Facebook, une page dédiée à MacBidouille fait même référence à Wikipédia, c’est très pratique (NB: il existe une autre page Facebook consacrée au site).

Publié dans conflit d'intérêt | 11 commentaires

Swiss Papers: another scandal on Wikipedia in French

Playing Wikipedia is a very addictive and time consuming activity that doesn’t make any money. In theory … Nevertheless senior wikipedians know that personalities or companies give importance to their Wikipedia cards and this was publicly debated during WikiCon2012. After failing to edit Wikipedia themselves, those persons or companies are now ready to pay for professionals to appear in a favourable light. As they have much later admitted, Racosch associates’ started inserting paid editing since at least December 2014 on behalf of the company Romande Energie (more than 90% of the text). For a company, getting cash out is a problem; Paying an invoice issued by a company for « promotion » or « consultancy » activities is more convenient. The only element still to create was a company to transform the time spent playing Wikipedia into a lucrative activity.

On February 25, 2015, while wikipedians are still traumatized by the revelations of the « Overblogleak », three senior members of Wikimedia Switzerland (WMCH) solve the problem of the remuneration of their paid editions by registering the private limited company Racosch at the Securities and Exchange Commission of Canton de Vaud, Switzerland. The bylaws are very vague:

Racosch Sàrl, Lausanne, avenue de la Gare 22, c/o Stéphane Coillet-Matillon, 1003 Lausanne, CHE-230.626.317. New Limited Liability Company. Articles of Association: February 25, 2015. Purpose: The Company’s purpose is to provide public relations services; Its natural clients are associations, companies, companies and individuals (for full purpose see bylaws). Obligation to provide ancillary services, preference or pre-emption rights: for details, see the bylaws. Share capital: CHF 20’000 [$ 20,000]. Managing partners with individual signature: Coillet-Matillon Stéphane, from France, in Lausanne, with 98 shares of CHF 100, Chairman, Ray Nicolas, Arzier-Le Muids, with 51 shares of CHF 100, and Schütz Frédéric in Chavannes- Near-Renens, with 51 shares of CHF 100, both from Geneva. Publisher: Swiss Official Files of Commerce. Communications to partners: in writing or by e-mail. According to the declaration of February 25, 2015, the company is not subject to an ordinary review and waives a limited review.

Creating such a business does not happen on a whim. It is the fruit of a personal evolution of three people who, for a time, believed to be encyclopedist’s 2.0 then realized the project’s editorial deadlock and finally realized that there was an advantage to be taken. Let’s have a look at these three profiles.

The actors

Stéphane Coillet-Matillon, l'administrateur Popo le chien, du temps où il avait encore la foi lors d'une cabale romande (11 mai 2007) CC-BY-SA-2.5 Auteur: Ludovic Péron aka Ludo29.

Stéphane Coillet-Matillon, the administrator Popo le chien, when he still had faith, at a Wikipedia meeting in French speaking Switzerland (May 11, 2007) CC-BY-SA-2.5 Author: Ludovic Péron aka Ludo29.

Stéphane Coillet-Matillon comes from Lyon (France) and settled in Switzerland. After a master in biochemistry he moved to political sciences at the Geneva University. His first professional experience was with the law firm Bär & Karrer; he then worked for the cigarette maker Philip Morris (public relations) for 6 years. In 2013, he took a sabbatical leave to study Chinese. His career at Wikipedia began officially on January 21, 2005; His first contributions are naturally without any source; He is co-opted administrator only a year later. Popo le Chien (Puppy the Dog, his profile name) faithfully serves Wikipedia and presents a brief reading to the World Summit on the Information Society organized by the United Nations in Geneva on May 18, 2008. Having gained the whole trust of Wikimedia, he is named bureaucrat on August 15, 2008.

A small bad taste incident occurs on his journey : on January 27, 2010 he uploads a bold video called « Hitler and the election on Wikipédia.fr » which reveals an extremely critical attitude towards Wikipedia:

« We have 40% 2-line articles about arseholes who are hitting a ball. […] It is necessary to know if we aim at an encyclopedia or an annex of France Football. […] There are days when I really feel to do social work with those who do more discussions than contributions. Saint Jimbo pray for us! […] When I think I might be quietly updating infoboxes or flip all those copied lists from Pokémon.com. […] Let’s have someone erasing the Wikipedia page: do not hesitate! If one looks for me, I’ll be on Knol. […] You can block my sock-puppet too. »

Disenchanted? Lucid? He could have paid dearly for this … He is nevertheless co-opted at the Arbitration Committee in March 2010 but does not renew his candidacy in September 2011. His declared activities on Wikipedia fall sharply from January 2012: barely 89 edits in 2012 , 76 in 2013, less than 500 per year since; He also closes his blog Le choix du chaos (Opting for chaos) opened in 2008 and devoted to Wikipedia but continues episodically on CHwiki (his last post is no shortage). He gives up his administrator and bureaucrat privileges in January 2012. Drop of motivation in connection with the overwhelming account made in his January 2010 video? The great inquisitor on Wikipedia in French suspects him of having another main account since then without saying which one; His faithful right-hand man even files a request for IP address verification which naturally remains without continuation.

« Wikipedia fait le trombinoscope des parlementaires européens » ©F3 Alsace 6 février 2014. Lors du WIKI loves Parliaments : European Parliament le 4 février 2014.

« Wikipedia makes the facebook of the European PM’s » ©France 3 Alsace, Feb. 6, 2014. During the WIKI loves Parliaments : European Parliament, Feb. 4, 2014.

On the eve of the European parliamentary elections in May 2014, he organized a photo shoot in the European Parliament. It is well known that this type of event is not only used to take pictures to illustrate Wikipedia. What is discussed off-the-records is the contents of the articles about the Parliament members and general politics. « How do I improve my Wikipedia page?  We can discuss about it Mr Delegate.« And so on. Everything has a price, no?

« Wikipedia fait le trombinoscope des parlementaires européens » ©F3 Alsace 6 février 2014. Lors du WIKI loves Parliaments : European Parliament le 4 février 2014.

©France 3 Alsace, February 6, 2014.

In a more coded language, Catherine Trautmann (EU PM, former minister for culture and former mayor of Strasbourg) declares : « Enabling parliamentarians to be better known and present, thanks to Wikipedia, in the election campaign, is a very nice initiative. »

Despite his very weak commitment in the mainspace, who knows by which miracle Stéphane Coillet-Matillon is chosen member of the Wikimedia Switzerland board in March 2014 and is even named interim executive director for more then a year. This gives him the opportunity to meet the guru Jimmy Wales :

Le plus beau jour de la vie de Stéphane Coillet-Matillon ©Twitter

« Jimbo leaves the stage. Seeing him was the most beautiful day of my life; I shall never wash my eyes again. » ©Twitter

After seeing the backstage of Wikipedia, he is now breaking in the « bank » … In a December 2015 interview with the Swiss radio he begs for donations to Wikimedia while he criticized the very same calls on his blog. During the Wikimedia Switzerland general assembly on April 2, 2016, despite the questions about Racosch, Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane) and Frédéric Schütz felt that he would have been re-elected to the board without any problem if he had stood up; but he declared that he would rather devote himself entirely to his new business.

On May 20th 2015, responding to a debate concerning his blocking, Popo le chien writes without a frown: « Given the price I am paid (nothing) for contributing [… Racosch was created just three months earlier] and speaks about « not grounded sock puppett accusations – maintained despite my denials (I believe that fundamentally and therefore well defamation) […] ». On June 5, 2015, Stéphane Coillet-Matillon, aka Popo le Chien, created at least one new sock puppet Leo Fischer that he renamed Pplc on March 30, 2016 … when the Racosch affair was about to be revealed to ordinary wikipedians.

Nicolas Ray, du temps où il avait encore la foi, brandissant son arme d'administrateur lors d'une cabale romande (1er déc. 2007) CC-BY-SA-3.0 Auteur: Oblic.

Nicolas Ray, when he still had faith, waving his administrator weapon during a Swiss get-together (1st Dec. 2007) CC-BY-SA-3.0 Author: Oblic.

Nicolas Ray aka Manoillon comes from the Geneva region and is part of a profession that literally took control of Wikipedia: computer scientists. His professional career crosses that of Stéphane Coillet-Matillon: after two years in a computer company, he works from July 1998 to March 2014 for the cigarette maker Philip Morris. Member of the Green Liberals party he is elected to the Arzier-Le Muids Municipal Council in 2011 (he is the main author of the Wikipedia article about this town) and does not hesitate to go trolling the competitors’ pages while denouncing the manipulations of the Wikipedia records of Swiss politicians in the media on June 10, 2015 (after lamenting in 2007 that this was the weak point of Wikipedia).

His wikipedian career began on January 10, 2005 under the « pseudonym » Nicolas Ray with which he was co-opted administrator on April 12, 2006. He then obtained a transient renaming to Nicoray (which should not be confused with the former administrator Nicolas Raymond). It is at that time that he seems already involved in paid editing, for example his protection the article on the Swiss business group Migros. A dialogue with an employee of this group leaves no doubt:

Congratulations for your work on Migros, I feel we’re going to do something good with this article! Something else, if we organise a WP-Romandie get-together-day on 22 September you are of course welcome if interested. Nicolas Ray September 3, 2007 at 11:39 am (CEST)

Oh, thank you for pointing out this meeting but unfortunately, as you now know, I work for Migros, and who speaks about big business, says work on Saturday. Moreover it is inventory day on 22 September. Thanks anyway ! Kestral September 3, 2007 at 11:45 am (CEST)

Uh uh … by rummaging the meta pages, I just learned that you have to ask an admin to rename a page! (Remembers to have renamed Migros => Federation of Migros Cooperatives without asking anyone …) Kestral September 3, 2007 at 12:31 (CEST)

Normally you can rename it yourself … Except if the target page already exists … Too bad for the 22. Can’t you even come and eat the fondue with us in the evening? Nicolas Ray 3 September 2007 at 12:54 (CEST)

I need to see if my girlfriend works that night, if so, why not, but inventory + moving from Lausanne to Geneva, it’s likely to be late … For now I’m really involved on WP-Romandy, I will edit if circumstances allow me. Kestral September 3, 2007 at 13:05 (CEST)

The Racosch partners will regularly return to the Migros Group pages.

Nicolas Ray breaks with Wikipedia on January 10, 2008 and abandons his administrator’s privileges after yet another dispute with a novice  and a new outburst against the mediation committee, leaving this message :

The reasons for this departure? A big, very big, too big exasperation. So irritated of all these frustrated people willing to do anything to get here recognition that they are unable to get in real life. […] especially exasperated with the foolish pedants, known or unknown, registered or anonymous, who know better than anyone what is right or wrong, good or evil, what you need to do or not to do, what you should have done or not have done and so quick to let you know.

No risk that I suddenly start to criticize and fly into rage about Wikipedia : I believe in this project, I’m absolutely convinced that a long and glorious future is promised to it. The idea is good, the basics are good, people come and go. […]

Wow ! What an accumulated resentment against the Wikipedia game and its players! His leave lasts … two weeks. He sneaks back in on January 25, 2008 under the pseudonym Manoillon and is sponsored by his old accomplice Ludovic Peron (Ludo29) who is not unaware of the past of this « newbie ». He will even temporarily recover his administrator tools from May to October 2011 thanks to the support of … Popo le Chien, his partner in crime business!

A member of Wikimedia Switzerland, he managed to have his wife [name remove per request of Maman MaMouth] hired as Administrative Assistant (from September to December 2014 0.2 FTE), then « Administrative Manager » (0.7 and 0.5 FTE since January 2015). It is her only professional experience. This is the midst of nepotism. Thank you kind donors!

Frédéric Schütz, membre fondateur de Wikimedia Suisse en novembre 2012. CC BY-SA 3.0 Ludovic Péron aka Ludo29.

Frédéric Schütz, membre fondateur de Wikimedia Suisse en novembre 2012. CC BY-SA 3.0 Ludovic Péron aka Ludo29.

Frédéric Schütz aka Schutz studied biology, mathematics and especially computer sciences. He is teaching and research master at the Centre for Integrative Genomics (Faculty of Biology and Medicine) of the Lausanne University and a statistician at the Swiss Institute of Bioinformatics. Oh irony, he criticizes the cigarette lobby who has long employed his friends …

He started on Wikipedia in English on March 3, 2004 and on the French version on December 18, 2004. He is no big editor but is co-opted administrator on Wikipedia in English on August 15, 2007. His editing drops down on both projects in 2010 and one counts only 500 edits since 2012.

He is a founding member at Wikimedia Switzerland in May 2006. He is the French-speaking spokesperson as of 30 June 2011 and then vice-president of the association from September 2013, becoming secretary to the general assembly of 2014 and re-elected on April 2, 2016 with a comfortable margin (27 votes / 32) despite the revelations on Racosch. On a 2011 video, he was not hesitating to call for donations: « Wikipedia will remain free and without advertising », but not without paid infomercials …

On August 21, 2015, Frédéric Schütz uses an old trick that all Wikipedians know: he creates at least one sock puppet (Wicodric) that he leaves inactive until 11 February 2016, when he uses it for paid editing.

The Racosch gang has at least one other member in freelance support: Imogen Hitchcock. Her professional career crosses that of Stéphane Coillet-Matillon and Nicolas Ray at the cigarette manufacturer Philip Morris for which she works from September 2007 to March 2015 in the public relations department. In July 2015, she founded Beaumont, a consulting firm based in Lausanne. Racosch writes in their testimonial page: « Working with Imogen is a real pleasure – she’s sharp, quickly understand the issues and works fast. I was particularly impressed at how hard she tries to understand her clients’ mindset and identify their specific needs. » This is so nice …

$ $ $ $

So we have three veterans who have, at one time or another, come to a point of disruption and disillusionment on « the greatest project of humanity« . They master the subtle cogs of the infernal machine, had the main control tools at their disposal, both editorial and financial. They are perfectly familiar with the Five Pillars, the usages and customs of Wikipedia.

And they have no morality.

After all, promoting cigarettes or pseudo-encyclopedic infomercials … what’s the difference?

Marketing

In order to develop a new business such as Racosch, it is first and foremost necessary to make it known in a targeted way. In May 2015 the three partners set up their website racos.ch (they are also owners of racosch.com). The events organized by Wikimedia Switzerland are a great way to attract people and to say a little word about Racosch and ways to « improve » a Wikipedia article. That is not enough, of course; It is also necessary to reach the PR professionals.

On April 16, 2015, Stéphane and Frédéric presented a workshop at SwissMarketing Vaud entitled How to make a good relationship between Wikipedia and Marketing? : « During this workshop, we will look at the backstage of the website […]. You will leave with good practices so that you can quietly insert information that is valuable to the public. » And above all you will leave with the business card of Racosch in your pocket 😀

On May 14, 2015 Stéphane runs a conference ironically titled How to make peace on Wikipedia ?: « How is the future of a controversial article determined? Who mediates in conflicts and watches over the principles of neutrality of the encyclopedia? What are the methods of writing and evaluating the content of articles?« 

On September 9, 2015, Stéphane Schütz and Nicolas Ray participate to the Net-Academy Camp 2015 in Nyon (the electoral district of N. Ray), « a day of deep immersion in the contemporary social web« . They present the smart way to « showcase a business or product« . Edith Page, the co-founder and director of this training in digital communication and social networks institute, also founded In-fuseon, a PR agency specializing in Cleantechs. She wrote a few weeks later the chronicle Succeeding your company Wikipedia page in a Swiss magazine specialized in PR: « Benefiting from a Wikipedia page about your company is one of the undisputed digital PR techniques to increase your natural referencing and be systematically indexed on the front page of the almighty Google Search as well as on the Facebook search engine. » She concludes: « In short, getting your business page on Wikipedia is not a matter of chance. You have three solutions: you get to the task using the help space proposed by Wikipedia, you train with professionals or you call in experts » … mentioning Racosch of course.

Frédéric Schütz (Racosh) et Stéphane Coillet-Matillon (Racosh) à l'Hôtel de la Paix, Lausanne 25 nov. 2015 ©Facebook

Frédéric Schütz and Stéphane Coillet-Matillon representing Racosh at the Hôtel de la Paix, Lausanne 25 Nov. 2015 ©Facebook

On November 26, 2015, representatives from Racosch participate to a seminar on crisis communication organized by the Société Romande de Relations Publiques (Romandy Association for Public Relations) at the Hotel de la Paix in Lausanne. There they meet again Karin Devalte (Romande Energie) with whom they are in business relationship since December 15, 2014 as Nicolas Ray confesses later on a subpage of his user page.

On March 30, 2016 in San Francisco Sétphane Coillet-Matillon presents Kiwix during a conference called Breaking Barriers: New Frontiers of Connectivity and Access. Who is paying the trip? Not Racosch … He is accompanied by Adele Vrana, Interim VP of Partnerships at the Wikimedia Foundation that is organising the event.

On June 16, 2016, the Racosch associates come back to the Société Romande de Relations Publiques for a marketing conference : « Join us and discover some aspects of this encyclopedia and understand with concrete examples how the the business and PR world can use and benefit from this unmatched visibility during this workshop followed by a diner cocktail during which you will have the opportunity to exchange [your business cards] with the specialists in this field [Racosch]. »

Confidences and recruitment

On June 1st, 2015 Stéphane Coillet-Matillon and Frédéric Schütz announce to the Wikimedia Switzerland board the creation with a third associate of a PR company without mentioning the name Racosch, neither the fact that it already edit Wikipedia. It seems that some folk have been aware about the ins and outs of this « PR company » but not everyone says Gabriel Thullen, another board member at that time. Though the directive on conflicts of interests from Wikimedia Switzerland says this: « Since conflicts of interest cannot be avoided […] » (with such an opening statement we’re already gone astray) […] « Anyone having a permanent conflict of interest should not be a member of the Board or the Executive Management » This is crystal clear: when you’re managing a PR company that edits Wikipedia for money, you may not run Wikimedia Switzerland. People involved must inform the president (Patrick Kenel) or the vice-president (Frédéric Schütz). We can’t determine if the president was made aware; as for the vice-president or the ad interim executive director, they were precisely the Racosch associates. Of course, this so-called announcement had no consequences but will later make people believe to transparency.

On August 15, 2015 occurs a get-together in Geneva with participants such as the administrators Moumou82 (Mourad Ben Abdallah, former Wikimedia Switzerland president), Pymous (Pierre-Yves Mével), Vigneron (Nicolas Belett Vigneron), Kelson (Emmanuel Engelhart), Floflo (Florian Pépellin) ; former administrators Yann (Yann Forget), Popo le Chien (Stéphane Coillet-Matillon), Agamitsudo (Benoît Prieur, then member of the Wikimedia France board); and newbies Nattes à chat (Natacha Rault) or LaMèreVeille (Marie-Pierre Vidonne) from the Swiss Women Biography project who benefit from a Wikimedia grant.

Between « old from the old » people relax and whisper confidences, something you would refrain to do if there wasn’t a solid collusion forged in old Wikipedia battles. So the Racosch associates speak about their company with some reliable partners in crime such as Vigneron or Ludo29 (Ludovic Péron) but not with everyone. Natacha Rault and Marie-Pierre Vidonne who joined Wikipedia recently are too new for being totally corrupted ; their loyalty to the mafia has not been tested yet, they are kept in the dark.

So what is the purpose of this open disclosure ? A sudden honesty stroke ? A recruitment manoeuvre actually. Being senior players, the Racosch associates know that the fate of a Wikipedia card depends over all on the good will of the gang interested by it. The Five Pillars and rules are applicable only for those who have faith in it. Everything there is function of the power balance between assiduous players. It is therefore necessary to form a gang to resist effectively and discreetly to the attacks without having to mobilize an army of sock puppets, easy targets for CheckUsers investigations.

The breadcrumb or the wikihounding

Nattes à chat (Natacha Rault) and LaMèreVeille (Marie-Pierre Vidonne) are preparing a writing workshop on notable Swiss women. This project is well received at Wikimedia France but causes reluctance on the Swiss side where one fear a « feminisation of Wikipedia ». As the workshop begins all the new editors start receiving numerous negative remarks from a « very active Swiss wikipedan » … Nicolas Ray, aka Manoillon !

As any wikipedian, even newby, Natacha and Marie-Pierre start a wikihounding, cross Racosch in their research and realise that the two other associates are also board members at Wikimedia Switzerland they recently joined ! As they question them to understand how they separate their unpaid editing from the paid ones, they are being told they change hat according to the person they are talking to. Unless they are authentic bipolar all this stinks conflict of interest …

Slowly pushed back out of wood

On February 26, 2016, Natacha Rault discusses the Racosch problem with Jules Xénard, aka the administrator and oversight Jules78120, employed by Wikimedia France and sponsor of the WikiMOOC (you have to see his stiff neck video on DailyMotion). « This was the first time I heard of experienced Wikipedians making paid contributions, so I researched Wikipedia from their pseudonym » wrote later JulesDo we really have to believe in this naive ignorance? However the wikihounding of this senior wikipedian is well under way and the advertorials and the associated sock-puppets are quickly outed: Mido watches (Swatch group), Pictet bank group, Debiopharm.

Jules then contacted his colleague administrator Kimdime, « one of the wikipedians I trust, to get his opinion on the matter. He advised me very rightly to first contact the parties involved in order to try to solve the issue with discretion.«  Between the lines one understands that Jules does not trust all the wikipedians and that he prefers to wash the dirty linen behind closed doors. In these circumstances, the e-mail exchanges on 29 February, 2 and 12 March naturally lead to nothing.

Affluence record à l'assemblée générale de Wikimedia Suisse. À gauche, on distingue Iolanda Pensa, Mourad Ben Abdallah, Ilario Valdelli et Micha Reiser. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

Record attendance at the General Assembly of Wikimedia Switzerland (usually about thirty people). On the left are Iolanda Pensa, Mourad Ben Abdallah, Ilario Valdelli and Micha Reiser. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina.

Meanwhile Wikimedia Switzerland holds its general assembly on April 2, 2016. Natacha Rault, Marie-Pierre Vidonne and Gabriel Thullen (the board member kept in the dark at the June 1, 2015 meeting) are present and intend to discuss the Racosch issue.

Gabriel, who had repeatedly raised the issue of paid editing during the 2015 Swiss federal elections and had called for investigation in the Wikipedia in German, French and Italian, now understands why his proposals have remained dead letters: two board members were already involved in paid editing. « The reluctance of the Swiss Board to tackle the issue of paid editing is only an indication of a deeper problem within the chapter. Lack of transparency, confusion of roles and conflicts of interest have all contributed to shifting the chapter core activities away from its primary mission which should be the support of local volunteer editors. If editors are now paid to edit instead of volunteering, will it not affect the way in which voluntary work is perceived? This attitude goes directly against the values ​​and culture of Wikipedia. »

Frédéric Schütz et Stéphane Coillet-Matillon lors de l'assemblée générale de Wikimedia Suisse, 2 avril 2016. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

Frédéric Schütz and Stéphane Coillet-Matillon delighted at the Wikimedia Switzerland general assembly, 2 April 2016. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

The WMCH general assembly is being held in bad circumstances. Starting relatively late, the discussions focus on voting problems with more votes than participants … Moreover, in order to avoid harming anyone from Italian, German and French speaking communities, the WMCH debates are held in English … It is not sure that everyone there has a good understanding of that language. Stéphane Coillet-Matillon and Frédéric Schütz (Nicolas Ray is absent: it’s his birthday) play low profile and systematically downplay their paid contributions.

The irreverents are faced with gullible wikimedians who stand behind those in whom they placed their trust. People starving, the delicate subjects are skipped and everyone goes to swallow a pizza in the middle of the afternoon. Next time WMCH would be better off ordering sandwiches and conducting the debate to the end

Lunch des membres de Wikimedia Suisse après l'AG du 2 avril 2016. Les frondeurs Natacha Rault (aka Nattes à chat), Marie-Pierre Vidonne (aka LaMèreVeille) et Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane) font la moue. CC BY-SA 4.0 Auteur: Muriel Staub (aka MurielDamiana)

Lunch party of the WMCH members after the general assembly April 2, 2016. The irreverents Natacha Rault (aka Nattes à chat), Marie-Pierre Vidonne (aka LaMèreVeille) and Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane) make the pout. CC BY-SA 4.0 Author: Muriel Staub (aka MurielDamiana). NB: B&W is from the photographer.

After this bitter failure, the irreverents have no choice but to go public. Private Jules takes the duty by setting foot in the Bistro (Village Pump) on April 6, 2016, without revealing any name of course. This is the privilege of the IRC insiders gang.

The Racosch method

In the wondrous Wikipedia world, full of wikilove, in « the greatest project of humanity« , one knows how it goes … to get someone to cough up some cash!

The working method simply takes example of the mafia. Threatening then extorting a « protection ». It was done so for the card devoted to the watchmaker Mido and originally created by a single-purpose account. At first Nicolas Ray (Manoillon) barded the card with {{reference needed}} in December 2015 and indicated in the edit comment: « Neutralization – formatting – very doubtful eligibility ». Chris a liege (an AFD monomaniac) mechanically proposes the article for deletion on December 9: one of the associates votes the deletion, the other the keeping. Racosch then contacts Mido and warns them of the « danger » while offering « protection ». Leo Fischer / Pplc « improves » the article and Manoillon changes his vote to neutral … The article is kept by Leo Fischer / Pplc, all clean: Mido paid.

For the advertorial on Debiopharm, there are more players. Manoillon and Wicodric, but also Emoso, a single-purpose account since August 2011, and Ibeldan, have been rewarded for the creation of the Jorge Cañete card and intervene in a very sporadic way, a sock-puppet or a straw man. Together they wrote more than 91% of the Debiopharm text.

©Migros/Racosch avec la participation désintéressée de fr.wikipédia.org.

©Migros/Racosch with the disinterested participation of fr.wikipedia.org.

To date, the Racosch associates have admitted the following advertorials:

  • Romande Energie, since December 15, 2014
  • Groupe Pictet & NPOV since July 18, 2015
  • Mido (montres) & Article for Deletion in December 2015
  • Mirabaud Group, since December 2015
  • Debiopharm (& AFD) since January 13, 2016
  • In vivo assisted fertilization (since February 22, 2016) on behalf of In Vivo Clinic
  • Leenaards Foundation, since April 11, 2016
  • Infomaniak, since May 2016
  • Association of Swiss Private Bankers, May 2016

We are not going to detail here the events for each card on Wikipedia in French or in English … It should be emphasized that these conflict of interest disclosures came very late and only after the denunciation by two newbies whereas at least 7 (ex-)administrators, some of whom are also board members of Wikimedia France and Switzerland, have been aware since August 15, 2015. This demonstrates once again the wikipedian’s and wikimedian’s merchant drift, the total lack of ethics and intellectual honesty, the shameless double-dealing practice which consists in chasing the newbies for lack of sources, neutrality or sock puppetry while they resort to exactly the same methods.

Any consequences ?

Don’t even dream about it! We’re on Wikipedia, a Sicilian village where all the inhabitants know who is doing what and keep their mouths shut (the omertà). Mafia practices are seen as inevitable and are in fact accepted with resignation.

Of course no CheckUsers investigations were undertaken for the involved accounts.

The wikipedians have meanwhile organized a so-called community-consutation, way of pretending that the community is doing something about the issue. Result:

  • Are the applicable terms sufficient? NO
  • Ability to be administrator, to express oneself in the community decisions (AFDs …) NO
  • What to do about paid editing in an article?
    1. Message « paid editing » on the editor’s User Page to identify himself (supposed to be madatory at present) YES
    2. Banners at the top of modified articles NO
    3. Hidden category to facilitate maintenance [[Category: Article under paid editing]] NO
    4. Creation of dedicated accounts (for example Mypseudo $, Mypseudo € or other) YES
    5. Indefinite block of paid editors NO
    6. Obligation to indicate on the article talk page that edits have been made in the context of paid work YES
    7. Prohibiting a paid account of editing an article for which it was paid (or rights limitation) YES
    8. No formal solution 9 COMMENTS

The most problematic in this « poll » is the wikipedian’s refusal to have the concerned articles tagged with an « advertorial » flag as it is done in the printed media. It seems that we are moving towards a relegation of this information on the pages of which the average reader does not even suspect the existence: the talk pages.

Epilogue

Thank you dear naive editor who spends tens of hours bringing for free content harvested on the web or (much more rarely) in libraries. Your voluntary and disinterested work is not lost for everyone. The administrators who censure you year-round and the wikimedians who collect the funds and then pack the money, make sure to transform your work into profit for them.

Wikipedia has become a packaging for advertorials.

Post-scriptum 2017 : one year later

The talk page of Popo le Chien has been cleansed with the complicity of Trizek/Benoît Evellin (employed by WMF) but archives can be found here … despite the clear willingness of S. Coillet-Matillon of not having a link displayed. The block logs of Popo le Chien and PPLC remain blank.

The talk page of Manoillon has been archived. The block log of Manoillon remains blank.

The talk page of Schutz has no record about Racosch. His block log remains blank in French or in English, same about his sock puppet. Frédéric Schütz is still board member of WMCH.

Racosch is doing fine and continues to edit Wikipedia probably with undiscovered sock puppets or straw men. They even cover the German market now with the help of their partner Sucomo Consulting.

After these revelations WMCH held a first governance workshop on Jun 22, 2016; a second one was held on July 14, 2016 with the paid « help » of a so-called expert. The summary contains pitiful platitudes but the jewel is this statement:

« To have a conflict of interest is not a problem. »

Q.E.D.

Publié dans Uncategorized | 13 commentaires

Les journalistes du Monde interdits de jouer à Wikipédia

Le Politburo de Wikipédia en français  du 11 février 2017 a condamné l’ensemble des journalistes du journal Le Monde à 9 mois de silence sur la plateforme de jeu en ligne massivement multi-joueurs qu’est la pseudo-encyclopédie.

Pierre Barthélémy, journaliste scientifique au journal Le Monde, a eu l’idée pas neuve du tout de tester la résistance de Wikipédia aux « canulars élaborés »(1). Il relate son expérience dans un billet de son blog Passeur de Sciences : Pourquoi et comment j’ai créé un canular sur Wikipédia. Le procédé avait déjà été utilisé par Pierre Assouline et al dans La révolution Wikipédia (2007). Dix ans plus tard, la démonstration reste pertinente : le demi-canular est passé au travers des soi-disant filtres de contrôle de Wikipédia et est resté en ligne jusqu’à ce que son auteur le dévoile lui-même, démontrant le manque intrinsèque de fiabilité du système, son instabilité et sa lente dérive vers les abîmes de l’internet des réseaux dit sociaux. Le journaliste conclu en posant la question de l’amélioration du système et invite les wikipédiens à venir débattre dans l’espace commentaires de son blog plutôt que sur Twitter.

L’avalanche des réactions des wikilâtres nous donne une fois de plus l’occasion de faire un petit tour des faits « alternatifs » et fausses informations que sont capables de répandre les wikipédiens en surplus des dissimulations, du népotisme et de la trahison de l’esprit supposé fondateur d’un site qui n’est finalement qu’une wikimafia au service d’intérêts de plus en plus privés et rémunérateurs.

Les réactions

Caricature à la suite de l'article "Pourquoi et comment j’ai créé un canular sur Wikipédia" publié par Pierre Barthélémy le 12/02/17. – Lepsyleon (administrateur de Wikipédia) CC BY-SA 4.0

Caricature à la suite de l’article « Pourquoi et comment j’ai créé un canular sur Wikipédia » publié par Pierre Barthélémy le 12/02/17. – Lepsyleon (administrateur de Wikipédia) CC BY-SA 4.0

Comme à leur habitude, les wikilâtres sont rapidement venus en meute sur le blog de Pierre Barthélémy pour mordre leur contradicteur dans un discours peu argumenté et souvent redondant, agressif (les attaques les plus violentes on à l’évidence été retirées du blog). Les plus modérés lui reprochent d’avoir cédé à la facilité. Les les plus vindicatifs vont jusqu’à la comparaison avec Hitler (2). Certains sont intervenus avec le même pseudo que celui utilisé pour jouer à Wikipédia, d’autres ont « oublié » de mentionner leur implication dans Wikipédia ou Wikimédia France. Ce qui domine dans toutes ces réactions c’est la distorsion entre le discours sur les prétendues vertus du système Wikipédia et la réalité du terrain et des coulisses sur lesquelles nous reviendrons ci-dessous.

Quelques personnes viennent quand-même donner la réplique aux wikilâtres. Ainsi, le cinglant Bendidon: « Votre site est juste une tribune où s’expriment différents mouvements d’influence en se drapant dans une objectivité qui n’est pas, dans une irresponsabilité totale, supposant que le lecteur qui ignore tout corrigera de lui-même ! WP c’est la négation de l’autorité du savoir. Les faits soumis au vote ! Avec un tel cadre théorique, Galilée aurait toujours tort de nos jours… […] WP est par essence obscurantiste en donnant le dernier mot au plus grand nombre et pas à ceux qui ont la méthode la plus rigoureuse. » Certes, encore que ce ne sont pas toujours les plus nombreux qui emportent la décision mais les plus actifs qui disposent du temps et du réseau ad hoc.

Nous avons même un wikipédien repenti, SupremeMangaka ou SM pour les habitués, qui réactive son blog et vient soutenir Pierre Barthélémy sur Twitter en nous rappelant que la communauté Wikipédia n’existe pas.

La fiche Wikipédia de Décodex ©Le Monde

La fiche Wikipédia de Décodex ©Le Monde

Ailleurs sur internet, les blogueurs appartenant au réseau wikipédien commentent également. Dans un billet fade, Samuel Le Goff, Authueil sur Wikipédia et ailleurs(3), actuel vice-président de Wikimédia France (la machine à sous de Wikipédia), reproche aux journalistes du Monde de vouloir labelliser les sources fiables et à Pierre Barthélémy de faire de l’expérimentation sur un blog consacré aux sciences. Cela nous vaut quand-même de judicieuses remarques de l’administrateur très démotivé Rama à laquelle S. Le Goff n’a bien entendu pas pris la peine de répondre puisque les wikipédiens sont occupés à l’exclure définitivement de leur jeu:

La différence entre les Wikipédia francophone en anglophone, la seconde étant plus vieille de deux ans, mais surtout bien plus fréquentée, particulièrement par des non-anglophones ; la mentalité de village d’Astérix de fr:, avec une mentalité isolationniste, son goût pour la bagarre et la palabre sans fin ; la prévalence de réactionnaires, la tolérance pour la misogynie et les provocations anti-LGBT, la déférence à l’égard de trolls « qui font du bon travail » sans considérations pour les contributeurs multiples qu’ils chassent et qui, eux ne font QUE du bon travail — sanctionner le harcèlement pourrait vexer les pauvres chéris qui l’entretiennent, alors que si les victimes partent ce n’est pas de votre faute. L’ennui c’est que reconnaître ces problèmes suppose d’observer un moment sans préjugé ; de passer le temps qu’il faut pour démêler les propos des uns et des autres (d’authentiques agitateurs d’extrême-droite se cachent dans la masse des « pas de vagues », les reconnaître demande un peu de boulot) ; et d’accepter que pas mal de ces problèmes reflètent des maux très français comme la culture de défiance, le parisianisme et l’attitude à la fois coloniale et provinciale vis-à-vis de l’international, et une reproduction de l’entre-soi germanopratin avec son cortège de médiocres prétentieux qui s’encensent les uns les autres. En résumé, il est peut-être difficile de voir les problèmes de Wikipédia quand on baigne soi-même dans des travers similaires. | Rama, 13 février 2017 08:35

La consultante en communication Rayna Stamboliyska(4) et Pierre-Carl Langlais (aka Alexander Doria sur Wikipedia), commettent un billet partiellement signé intitulé De Trump à Léophane : d’une débâcle journalistique  à une victoire désinformationnelle ? qui prend le même angle d’attaque que Samuel Le Goff et lie Decodex à l’expérience de Pierre Barthélémy. Le texte est truffé de contre-vérités sur Wikipédia qu’il serait trop long d’exposer ici. L’embrouille la plus grossière est le reproche fait au journaliste du Monde de ne pas vouloir débattre sur Twitter (comment débattre avec des posts de quelques dizaines de caractères ?) ou sur Wikipédia. Comme s’il était possible d’avoir un débat critique sur Wikipédia ! Tous les habitués de ce site savent qu’une opinion trop divergente ou opposée est effacée des débats est les contradicteurs trop persistants interdits d’écriture.

Par Irønie, Wikipédia 3 déc. 2007, republié sur le Bistro du 14 février 2017 - CC BY-NC-ND

Par Irønie, Wikipédia 3 déc. 2007, republié sur le Bistro du 14 février 2017 – CC BY-NC-ND

D’ailleurs, au sein de leurs espaces de discussion, les wikilâtres tirent des conclusions manichéennes (c’est une habitude): le « journaleux » du Monde est un vandale qui doit être licencié par son employeur et lynché en place publique, Wikipédia est une encyclopédie sérieuse; circulez, y’a rien à voir! Le pauvre Benoît Prieur, ancien administrateur et ancien membre du Conseil d’administration de Wikimédia France, encore ponctuellement appointé lors d’évènement comme la Wikimania 2016, reçoit des intimidations de la part de ses anciens pairs dès qu’il évoque un canular qu’il estime encore pire commis par … un administrateur bien en vue de Wikipédia(5) qui lui n’a jamais été bloqué une seule minute. Cela en dit long sur le deux-poids-deux-mesures et l’atmosphère délétère qui règnent dans les coulisses peu visibles du grand public du « grand projet humaniste ».

La question des sources

La doxa wikipédienne veut que tout ce qui est écrit sur Wikipédia provienne des sources de qualité dûment mentionnées en référence, vérifiées par les pairs en wikipédie. « Promenez-vous sur les pages de discussions, vous verrez que ces bénévoles sont les premiers à débattre de la fiabilité, des processus pour assurer cette dernière et de pinailler parfois à l’usure pour que chaque phrase soit correcte et sourcée. » (Langlais et Stamboliyska). C’est faux. La réalité est que la plupart des fiches ne comporte aucune source et que la plupart du temps les « patrouilleurs » ne lisent pas les sources quand elles sont éventuellement présentées; ils se contentent de révoquer ou pas selon la position de l’éditeur dans le réseau wikipédien.

Sur Slate, le wikipédien et membre de Wikimédia France Lionel Barbe prétend que « Wikipédia a une faiblesse sur le livresque reconnue par les Wikipédiens. Les sources qui ne sont que dans de rares bibliothèques, par exemple, cela prend du temps d’aller les vérifier, si quelqu’un va les vérifier. Aujourd’hui, il y a d’ailleurs la critique inverse qui est faite à Wikipédia. Dans certains cas, les articles qui s’appuient sur des sources livresques sont effacés, alors que ces sources existent. Mais les Wikipédiens estiment qu’ils n’ont pas les moyens pour aller vérifier, parce qu’ils n’ont aucune ressource numérique. » Un argumentaire semblable est développé par Langlais et Stamboliyska: « contributeurs bénévoles, les wikipédiens n’ont généralement pas accès aux revues ou aux publications sous paywall, diffusées à des tarifs prohibitifs. »  Ceci est parfaitement faux : de nombreux ouvrages spécialisés sont disponibles sur Google Books (même si partiellement visibles, on peut toujours en tirer quelque chose) ou des sites comme celui de la BNF. Autre ressource précieuse : le projet Bibliothèque Wikipédia a été lancé en juin 2015 et l’accès à des publications payantes (Cairn, Érudit, L’Harmattan) a été accordé sans grande « sélection » à des wikipédiens bien en vue. Ainsi le pseudo JLM est récipiendaire d’un tel accès ce qui est particulièrement risible étant donné que ce wikipédien est le plus grand reverteur du site et qu’il n’ajoute presque jamais de texte aux articles qu’il flique. Un exemple assez cocasse de ce que les wikipédiens font dans une bibliothèque est la photo publiée sur le blog de la WMF où l’on voit des wikipédiens (dont Benoît Évelin/Trizek, salarié de Wikimedia) dans la bibliothèque d’un musée en train d’éditer des articles. Voyez-vous des livres ouverts sur les tables ? Non, aucun !

Edit-a-thon réalisé par les membres renais de Wikimédia France au Musée de Bretagne, juin 2014 – Léa Lacroix aka Auregann, CC BY-SA 3.0

Edit-a-thon réalisé par les membres renais de Wikimédia France au Musée de Bretagne, juin 2014 – Léa Lacroix aka Auregann, CC BY-SA 3.0

Par ailleurs, Wikimédia France a conclu de nombreux accords avec des bibliothèques publiques pour le versement de fonds numérisés et certains wikipédiens ont accès à des publications dans le cadre de leur travail. Les arguments de Lionel Barbe ne tiennent donc pas la route une seule seconde. Par contre, en partenariat avec Wikimédia France dans le cadre de son travail, Lionel Barbe a intérêt à défendre Wikipédia où il a même sa fiche dont les références ne respectent pas les règles de Wikipédia … et qu’il édite lui-même ce qui est en principe interdit.

Lionel Barbe nous conseille enfin « vérifier les bandeaux présents en début d’article, qui indiquent qu’un article ou une section de cet article « ne cite pas suffisamment ses sources », ou qu’elles sont manquantes ». C’est faux. Ces bandeaux irritent profondément les wikipédiens qui les enlèvent à tour de bras puis excluent ceux qui les posent. Selon Jules78120/Jules Xénard(6), « Si elle [la source] ne l’est pas, ça doit être éliminatoire. » C’est à mourir de rire ! Cliquez quelques fois sur « un article au hasard » sur la page d’accueil du site Wikipédia et vous tomberez à coup sûr sur un article sans aucune source et sans bandeau d’avertissement, que le sujet soit futile ou sérieux.

Il existe pourtant des domaines où les Wikipédiens peuvent trouver des « sources » sans aucune difficulté. La Liste des marionnettes des Guignols de l’info est un des nombreux exemples des préoccupations adolescentes des wikipédiens moyens : une description exhaustive des marionnettes principales, gigantesque « travail inédit » (TI, en principe interdit) presque exclusivement basé sur des vidéo trouvées sur YouTube et mises en référence (ce qui est pourtant interdit). De nombreux wikipédiens expérimentés, dont des administrateurs, interviennent régulièrement sur cette page qui n’aurait normalement jamais dû voir le jour. Autre gigantesque TI presque exclusivement fabriqué à partir sources primaires : Cours et examens dans l’univers de Harry Potter … plus de 209.000 octets alors que Shakespeare n’a droit qu’à la moitié !

Volontariat? Éditions rémunérées!

Les contradicteurs de Pierre Barthélémy parlent à l’envi du volontariat. Ils lui reprochent d’avoir fait perdre du temps à de pauvres volontaires qui travaillent dur. Langlais et Stamboliyska: « travail entièrement bénévole des modérateurs, administrateurs et contributeurs de Wikipédia ». C’est faux. Les wikipédiens assidus s’écartent de plus en plus du bénévolat revendiqué et ils ont la trouille que ça se sache.

Un phénomène parfaitement connu des habitués de Wikipédia – et en particulier des deux administrateurs (Jules78120 et Enrevseluj) contactés par Pierre Barthélémy – est celui des conflits d’intérêt, contributions rémunérées et publireportages insérés un peu partout dans Wikipédia. Le sujet a été abordé sur ce blog et même régulièrement sur les forums du site Wikipédia depuis 2004. Les wikipédiens concernés par ces abus et tromperies sont parfaitement identifiés, ils font même partie des instances dirigeantes du mouvement. Rien n’a été fait pour les arrêter, leur détournement de Wikipédia à des fins commerciales  n’a entraîné aucune réaction sérieuse de la communauté des wikipédiens : les membres de société Racosch sont toujours bienvenus sur Wikim/pédia. C’est un peu comme si Mr Fillon était élu président de la République au premier tour malgré la batterie de casseroles qu’il traîne puis qu’il nommait son épouse ministre des Finances.

Les publireportages fait par des wikipédiens ne sont-ils pas eux de vrais vandalismes sournois ? Ils sont connus des wikipédiens, ceux-là mêmes qui viennent pousser de grands cris éhontés sur le blog de Pierre Barthélémy ou sur Twitter. Le scandale Racosch est connu depuis plus d’un an. Les comptes wikipédiens concernés n’ont à ce jour pas été bloqués et aucune vérification d’IP n’a été réalisée. L’appareil répressif de Wikipédia est curieusement, coupablement silencieux.

14.000 $ par « article de qualité »

Wikipédia ne vampirise pas seulement le travail gratuit de milliers d’internautes pillant les ouvrages généralistes et les bases de données qui elles ont été payées autrement, il fait aussi le vide autour de lui. Tel Amazon qui élimine les libraires indépendants, Wikipédia donne l’illusion d’un savoir global et gratuit comme Metro donne l’illusion d’un journal quotidien. Wikipédia mobilise aussi des ressources plus concrètes : derrière la gratuité de lecture se cache une gabegie monumentale. Le lecteur qui renâcle à payer un abonnement pour une encyclopédie classique a-t-il conscience du rapport qualité/prix de Wikipédia ? La Wikimedia Foundation a rassemblé depuis 2004 plus de 295 millions de dollars pour ne produire qu’environ 21.000 articles dit « de qualité » – selon l’autoévaluation très hasardeuse des wikipédiens eux-mêmes – soit environ 14.000$ par article ! Où va l’argent est une question clé à laquelle les wikip/médiens renâclent à répondre. Les dons sont par exemple engloutis dans des réunions pompeuses, inutiles et entachées de conflits d’intérêt multiples comme la Wikimania 2016 qui a coûté près d’un million d’euros (hors frais de déplacement). Par comparaison, l’accès à Britannica coûte 80€/an, Universalis 40€/an.

Paradoxalement, les wikipédiens ne s’approprient pas un savoir pour le mettre gratuitement à disposition de tous ; ils tuent littéralement les vraies encyclopédies et réservent de facto l’accès au savoir aux élites. Car c’est bien le paradoxe auquel on aboutit : les élites, tant sur le plan du patrimoine matériel qu’intellectuel, auront toujours accès au savoir de qualité. Le vulgus pecum n’aura même plus Encyclopaedia Universalis à sa disposition.

Népotisme et utilisation abusive des dons

Rémi Mathis et Marie-Alice Gariel-Mathis ©2017 Twitter (auteur présumé: Emeric Vallespi) source: https://twitter.com/evallespi/status/819991844541132800/photo/1

Rémi Mathis et Marie-Alice Gariel-Mathis ©2017 Twitter (auteur présumé: Emeric Vallespi) source: https://twitter.com/evallespi/status/819991844541132800/photo/1

Le népotisme au sein de Wikimédia va de l’avant: Marie-Alice Gariel-Mathis, la compagne de l’ancien président de Wikimédia France Rémi Mathis est elle-même devenue membre du CA lors de l’assemblée générale d’octobre 2016 alors que sont mari est aujourd’hui président du conseil soi-disant scientifique. Par ailleurs deux membres du Conseil d’administration sont en fait un couple à la ville (Caroline Becker aka l’administratrice Léna et Pierre-Selim Huard aka PierreSelim selon d’anciennes versions de leur page utilisateur sur Wikipédia)(8). On notera que cette association qui prône la transparence ne publie plus aucun compte-rendu détaillé de ses activités depuis des années. Ses membres sont régulièrement  soupçonnés par les wikipédiens d’abuser largement de notes de frais, d’organiser des pseudo-libération de villes pour faire du tourisme, de siéger dans un coûteux immeuble parisien (40 rue de Cléry 75002 Paris), de détourner les ressources soi-disant communes de l’association (matériel photographique professionnel etc.). Il y a en effet beaucoup d’argent déversé dans cette association: les dons directs déductibles des impôts en France (contrairement à la désinformation insérée dans les commentaires de l’article de Pierre Barthélémy) et les subsides accordés par la Wikimedia Foundation grâce aux dons globaux. Le budget total de Wikimédia France dépasse le million d’euros sans parler des salaires versé par l’État français au titre du service volontaire; l’équipe salariée déclarée n’est d’ailleurs pas complètement renseignée et ne correspond pas avec les informations glanées sur les CV en ligne (exemple: Jules Xénard).

Post des Natacha Rault sur Twitter le 29 oct. 2016 ©2016 Twitter (https://twitter.com/mammanmamouth/status/792285376165675008)

Post des Natacha Rault sur Twitter le 29 oct. 2016 ©2016 Twitter (https://twitter.com/mammanmamouth/status/792285376165675008)

On rappellera que la fiche de Rémi Mathis peut aisément être rangée dans celles des « faits alternatifs »; la démonstration est ici.

La qualification et le nombre des contributeurs

N’importe qui peut éditer Wikipédia. Mais ce que l’on constate c’est que ce sont principalement des hommes blancs issus d’Europe ou d’Amérique du Nord, majoritairement entre 15 et 35 ans. Beaucoup de geeks libristes, enfin… surtout adepte du refus de payer pour un quelconque service.

Et sur Wikipédia en français, les éditeurs ne sont pas très nombreux. Vous aurez une idée du décalage entre le chiffre officiel de 2.7 millions d’éditeurs inscrits et les vrais chiffres ici: en allant en bas de page sur « Very Active Editors for All Wikimedia Projects (100+ edits per month) »: moins de 800 éditeurs vraiment actifs (en ce compris les éditeurs à comptes multiples appelés faux-nez). Par ailleurs, Wikimédia France ne comptait que 303 votants potentiels lors de la dernière AG.

Un commentaire laissé par JRibaX le 12/02 20h29 dit : « dans un monde parfait, les articles seraient tous relus et vérifiés lors de leur création ». C’est pourtant bien ce qu’il se passe actuellement sur Wikipédia qui est sous la coupe des administrateurs et patrouilleurs dont le sport favori est de reverter (annuler une modification) et qui scrutent toute création d’article à la loupe, d’autant plus si elle émane d’un profil nouveau ou inconnu des joueurs assidus de Wikipédia. Alors pourquoi le canular a-t-il fonctionné ? D’une part parce que sur des sujets qui dépassent le niveau lycéen, le wikipédien est généralement incompétent. Cela tient en partie à l’âge des participants (majoritairement entre 15 et 35 ans), leur formation (très peu de scientifiques, beaucoup d’informaticiens) et leur méthode pour la vérification des données (la plupart se contente d’une recherche sur internet). Lorsqu’il s’agit de la Star Ac’ ou de sport, leurs compétences et leurs ressources semblent infinies ; en sciences dures on approche la vacuité absolue ; l’orthographe, les contresens et surtout la violence inouïe de nombreuses réactions à l’article de Pierre Barthélémy témoignent à l’envi de la pauvreté intellectuelle des wikilâtres. D’autre part, le canular a pu fonctionner parce que le sujet était neutre dans le sens où il ne s’opposait pas à l’idéologie de droite dominant sur Wikipédia. Une nouvelle fiche sur un sujet progressiste sera très rapidement remise en question voire supprimée lors des parodies de débat que sont les Pages à Supprimer.

Samuel Le Goff / Autheuil(3) appelle lui à plus de contributeurs spécialistes. Cela a déjà été fait et de nombreux spécialistes ont tenté de contribuer à Wikipédia. L’ennui est qu’ils se sont rapidement rendu compte que leur expertise était mise sur le même plan que celui d’un lycéen de 15 ans coopté administrateur/juge à 16 ans (Jules Xénard(6) par exemple), jugé voire invalidé par des incompétents qui ont l’avantage de pouvoir passer plus de temps avec leur jouet préféré (chrono-compétition) et connaissent à fond les rouages des organes de répression, les coulisses et gangs de Wikipédia.

En quelque sorte, Samuel Le Goff admet que Wikipédia ne fonctionne pas. Le postulat originel est que nous sommes tous experts et que la masse des erreurs et corrections aboutit nécessairement à un résultat de qualité disponible gratuitement et pour tous. C’est exactement le contraire qui se passe. Le résultat est qualitativement médiocre par comparaison aux encyclopédies. La liberté d’édition est toute relative tellement la machine est confisquée par une poignée d’activistes, généralement des informaticiens de droite, payés ou pas, qui occupent le terrain et gardent un contrôle dictatorial sur l’ensemble, en particulier les articles « sensibles ».

Le système est verrouillé de l’intérieur par la caste des administrateurs cooptés à vie (ou tant qu’ils ont assez de soutiens à l’intérieur de la meute) et qui ne céderont jamais un millimètre de leur pouvoir. Comme le résume parfaitement le co-fondateur de Wikipedia Larry Sanger : « People that I would say are trolls sort of took over. The inmates started running the asylum. »

Et c’est la courbe descendante du lectorat qui brise encore plus les rêves d’omnipotence de la Wikimedia Foundation. C’est ce qui fout aussi la trouille au café du commerce de WP:fr : « Au delà des mérites des contributeurs et de la Wikimedia fondation, je me suis souvent demandé ce que deviendrait wikipedia si google décidait de ne pas la faire apparaître dans les toutes premières pages des feuilles de résultats. A mon sens ce qui se passe avec wikinews est éloquent à ce sujet. » (Fuucx (discuter) 25 février 2016 à 08:16 (CET))

Les wikipédiens tentent de retourner la situation …

Capture d'écran de l'articlé Léophanès avant l'effacement par les administrateurs de Wikipédia. ©Wikipedia

Capture d’écran de l’article-canular Léophanès avant l’effacement par les administrateurs de Wikipédia. ©Wikipedia

L’article Léophanès est malgré tout conservé, ou plutôt effacé dans la plus parfaite opacité wikipédienne et recréé. Jules Xénard, aka Jules78120 (6), publie quand-même une capture d’écran de la version canular sur son compte Twitter.

Il est ensuite entièrement remanié par Pierre-Carl Langlais, qui contribue d’habitude très peu à Wikipédia sauf quand il peut en profiter pour se faire remarquer. En ce sens, il rappelle Rémi Mathis.

Antonio Casilli (Wikipédia, objet scientifique non identifié, Presses universitaires de Paris, 2015) ne répond pas au courriel du journaliste du Monde mais sur Twitter. Selon lui, cela « semble aller dans le sens de la conclusion de ma propre analyse sur la dialectique vandales/contributeurs sur Wikipedia »:

Il va plus loin : « L’article vandalisé a été réécrit selon des standards de qualité élevés. » Il ne lui vient pas à l’esprit que cela est seulement dû à l’exposition médiatique du sujet et que les fiches médiocres sont légions sur Wikipédia.

Or ce qui s’est passé ici et qui est le quotidien de Wikipédia en français, c’est l’insertion a posteriori de sources par des intervenants n’ayant rien écrit dans le corps de l’article et ignorant de facto les sources utilisées puis l’écartement de l’intervenant gênant tout en conservant tout ou partie de ses apports. Le test de Pierre Barthélémy révèle plus profondément l’incapacité des wikipédiens assidus à distinguer le faux du vrai, le pertinent de l’accessoire, l’encyclopédique du futile. Un article sur une étoile filante de la télé-réalité aurait attiré autrement plus d’intervenants et drainé un flot interminable de commentaires sur la « qualités des sources » et même l’admissibilité du sujet.

… et se vengent

Les Wikipédiens ont la dent dure face à toute personne qui ose critiquer leur jeu. La contre-partie du demi-canular de Pierre Barthélémy est que sa fiche est maintenant marquée au fer rouge à l’intention de la communauté. Le profil Nomen ad hoc (anciennement Pro patria semper) l’a entièrement remodelée:

En 2017, il suscite la polémique en insérant des erreurs dans un article créé par lui, Léophanès, prétendument pour tester la véracité et la fiabilité des entrées et la manière dont les erreurs sont corrigées sur Wikipédia en français; il présente finalement des excuses à la communauté wikipédienne.

Cet ajout, infamant selon les standards de Wikipédia appliqué ailleurs, n’a fait l’objet d’aucune discussion ou remise en cause. Pierre Assouline subit le même sort de longue date(9). Toute personne un peu connue qui s’attaque à Wikipédia voit sa fiche immédiatement retouchée dans un sens défavorable.

Erreur de postulat

Pierre Barthélémy écrit: « Contrairement à ce que certains pensent depuis que le pot-aux-roses a été dévoilé hier, mon intention n’a jamais été de me moquer de l’encyclopédie en ligne ni de la critiquer vertement. Il aurait ainsi été très facile, au bout de trois jours, de me gausser en braillant que Wikipédia n’est pas fiable (ce que je ne pense globalement pas). »

La question n’est pas tant de discuter de la fiabilité de Wikipédia que de la qualifier d’encyclopédie.

Norbert Bolz, professeur de philosophie à l’Université technique de Berlin, disait dans une interview publiée dans Der Spiegel :

« Aber in ihrer Massierung fördern sie offenbar interessantere Ergebnisse zutage als hochspezialisierte Wissenschaftler. Das ist das Faszinierende an Wikipedia. Es ist der erste systematische Versuch, dieses diffuse, weltweit verstreute Meinungswissen in Prozessen der Selbstorganisation zu einer der akademischen Arbeit mindestens ebenbürtigen Alternative zu machen. »

« Or, par leur regroupement massif, ils [les non-experts] promeuvent manifestement des résultats plus intéressants que des savants hautement spécialisés. C’est ça qui est fascinant avec Wikipedia. C’est la première tentative systématique, diffuse ici, par le procédé de l’auto-organisation, de faire un travail académique à partir d’une endoxa mondiale et dispersée, à tout le moins une alternative équivalente. »

Le terme « endoxa » (ἔνδοξα) nous vient d’Aristote et peut se comprendre comme « opinion acceptée par tout le monde ou par la majorité ». Le fameux consensus, Graal des wikipédiens. L’endoxa jusqu’à Copernic était que le soleil tourne autour de la Terre; et il y en a encore qui y croient aujourd’hui! Des wikipédiens sans doute …

Le Prof Bolz a-t-il vraiment compris le fonctionnement de Wikipedia? A-t-il consulté autre chose que les articles relatifs aux sujets de la culture classique? Il semble penser que les contributeurs y écrivent ce qu’ils veulent. Il ignore que les travaux inédits (TI) y sont proscrits — sauf quand ils sont écrits par un administrateur ou des squatteurs intouchables soutenus par la meute. La théorie wikipédienne veut que les articles soient des résumés de travaux faisant autorité. Par qui sont écrit ces travaux? Des experts pardi! Et le Prof Bolz attribue cela aux wikipédiens … alors qu’il s’agit d’un pillage systématique, très sélectif et politiquement orienté de ceux-ci. Au moins, le Prof Bolz recommande de lire des livres, pas Wikipédia.

La quantité d’abord

Un argument fréquemment répété est que les encyclopédies traditionnelles comportent aussi des erreurs mais les wikilâtres n’apportent jamais l’ombre d’un exemple concret. Un autre est que Wikipédia comporte beaucoup plus d’entrées que les encyclopédies traditionnelles et que donc il y a plus de risques d’erreur. Sauf que ce nombre (plus d’1.8 millions à ce jour dans la version en français) ne dit rien sur la qualité ou l’intérêt de ces fiches et masque surtout la vacuité de la plupart d’entre elles. Trouverait-on un article .sz ou Saison 2016 de Sébastien Loeb en sport automobile dans une encyclopédie? Ce genre de fiches de remplissage ou style fanzine pullule sur le site Wikipédia. À fortiori, si Wikipédia comptait moins de fiches de remplissage, il y en aurait d’autant moins à surveiller …

Les wikipédiens font surtout la preuve de leurs désintérêt et de leur incompétence profonde sur les matières encyclopédiques classiques. Une façon d’appréhender leur niveau de compétence est d’analyser le nombre de fiches par catégorie :

CATÉGORIE /
pages liées
15/01/15 18/01/16 21/02/17
Sports 397 925 435 882 471 193
Histoire 270 358 293 831 322 095
Sciences 34 897 149 588 162 951
Cinéma 94 029 101 287 109 332
Politique 76 931 83 451 92 613
Médias 62 094 67 314 70 039
Religions et croyances 47 836 52 386 67 751
Littérature 54 073 58 585 62 527
Télévision 43 366 46 851 50 828
Arts 39 404 43 081 46 608
Commune de France 36 836 36 070 35 528
Géographie 32 217 35 964 38 704
Seconde Guerre mondiale 19 129 20 207 21 601
Alimentation, gastronomie 15 416 15 863 16 700
Théâtre 14 863 16 083 17 370
Jeux 6 139 6 719 6 849
Philosophie 5 859 6 324 6 773
Disney 4 159 4 267 4 378
Pornographie 1 734 1 764 1 903

On voit bien que la philosophie est un sujet pauvre sur Wikipédia, situé entres les jeux (surtout vidéo), Disney et la pornographie. Il y a 69 articles consacrés au sport pour 1 article consacré à la philo. En deux ans, la catégorie sports (+73 268 fiches) a crû 80 fois plus vite la catégorie philo (+914 fiches)! La multiplication par 4.7 des articles consacrés aux sciences est essentiellement due à la création de fiches par des robots exploitant des bases de données fournies gracieusement par des instituts spécialisés (par exemple BCUbot pour la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne).

Mais attention! La catégorisation des fiches est établie par les wikipédiens eux-mêmes, selon leurs critères, c’est-à-dire avec un manque certain de rigueur et une fantaisie brouillonne. Ainsi, la catégorie « philosophie » est trompeuse : on y trouve Platon ou Nietsche aux côtés de Anarcha-féminisme, Amélioration de la qualité dans les entreprises (par ailleurs un TI intégral sans aucune source), Charte européenne du chercheur (sans source à part un lien vers une page du site de la Commission Européenne qui ne dit rien sur cette charte), Classification des arts, La Constitution de la république française adoptée le 4 novembre 1848 (un article politique de Karl Marx), Débat sur les nanotechnologies … On comprend mieux pourquoi le canular de Pierre Barthélémy est passé inaperçu aux yeux des incompétents qui fréquentent assidûment les coulisses de Wikipédia.

Lorsque les archéologues du futur se pencheront sur le XXIe siècle et étudieront Wikipédia en français, ils auront moins une idée de l’état des connaissances de notre siècle que des préoccupations frivoles d’une frange de sa population et des luttes idéologiques qui la traversent.

Le catéchisme des administrateurs servi par Pierre Barthélémy

Jules Xénard, le lycéen shooté à Wikipédia depuis ses 15 ans, nommé administrateur/juge à 16 ans grâce au parrain Trizek/Benoît Évelin, l’étudiant en journalisme en lien de subordination à Wikimédia France grâce aux subsides de l’État français, le délégué aux relations avec la presse de Wikipédia balade Pierre Barthélémy dans son village Potemkine.

Hélas Pierre Barthélémy se laisse embobiner par Jules. Est-ce par manque de temps, de connaissance sur le fonctionnement de Wikipédia ou simple naïveté ? Est-ce plutôt parce qu’il a un a priori favorable envers Wikipédia ?

Selon Jules, le système de protection de Wikipédia n’est pas opérant sur un sujet ultra-confidentiel pour lequel il n’y a pas de spécialiste sur Wikipédia. C’est faux: par exemple Rémy Gerbet, aka Xenophôn, wikipédien salarié par Wikimédia France, a un master en histoire et est spécialiste du monde hellénistique; il aurait pu relire l’article comme les 32 autres contributeurs (dont Alexander Doria/Pierre-Carl Langlais) du projet Hellenopedia qui sont automatiquement notifiés lors de la création d’un nouvel article dans ce domaine.

Un argument développé dans les nombreuses réactions au billet de Pierre Barthélémy est qu’il a abusé de la bonne volonté des « bénévoles de Wikipédia ». Là encore, les wikipédiens ont du mal à se cacher derrière leur petit doigt. À demi-mots, Jules évoque le phénomène des publireportages sur Wikipédia. «Beaucoup d’agences de communication interviennent dans le monde économique. Parfois c’est assez fin, mais on finit par se rendre compte que seul ce qui est positif pour l’entreprise est mis en avant… » Faux! Les Wikipédiens ne font rien pour endiguer sérieusement ce phénomène auquel nombre d’entre eux participent contre rémunération. Il a été amplement démontré que Wikipédia est envahie par les firmes d’e-réputation dirigées par des wikipédiens très haut placés (Swiss Papers, Florence Devouard & co.).

Enrevseluj(7) dit se battre contre ceux qui « veulent être sur Wikipédia pour leur propre gloriole. » Or l’on sait que le site est miné par les conflits d’intérêt (autopromotion familialeauto-promotion de ses travaux, entre potes, … à suivre).

Faisons le contraire de Pierre Barthélémy

Dans une réaction postée le 12 février à 19h31, Jean-Noël Lafargue s’inquiète que « des sectes, des administrations étatiques ou des partis politiques parviennent à convaincre la communauté wikipédienne que telle assertion n’est pas suffisamment sourcée, que telle mention d’une condamnation est hors sujet, etc., et réussissent à vider les articles de leur substance informative réelle ». C’est pourtant ce que font 24/24h certains wikipédiens célèbres tels Celette, JLM ou Jean-Jacques George qui font tout pour orienter des milliers de fiches dans le sens de leur convictions politiques (de droite voire d’extrême droite) avec la bienveillance coupable de la « communauté des bénévoles de Wikipédia ».

Le fondement de l’expérience de Pierre Barthélémy était d’introduire de fausses informations sur un sujet confidentiel afin de tester la capacité des wikipédiens à les détecter. Le résultat était connu d’avance : un canular bien ficelé peut tenir longtemps sur Wikipédia, voire éternellement. Ce n’est d’ailleurs pas le seul organe de publication qui peut se retrouver ainsi farci : l’expérience de Sokal dans la revue Social Text est bien connue.

Mais qu’en est-il lorsque l’on veut introduire de vraies informations, parfaitement publiques et vérifiables, des éléments purement factuels et non des opinions sur des fiches pas du tout confidentielles et même considérées comme « sensibles » et particulièrement surveillées par les wikipédiens ?

Expérience 1 : la fiche consacrée à Bruno Gollnisch ne mentionne pas son activisme aux côtés de Jobbik au Parlement européen. Malgré les sources apportées, quelques divas de Wikipédia font barrage pour que cette information factuelle n’apparaisse pas.

Expérience 2 : neutralisation de l’article Comité consultatif national d’éthique. Je ne serais pas intervenu, il y a fort à parier que la présentation complètement biaisée du CCNE qui avait duré 8 mois serait toujours d’actualité.

Expérience 3 : introduire une déclaration misogyne d’Antoine Compagnon dans sa fiche déclenche une guerre d’usure remportée uniquement par le rameutage des anti-Celette.

Expérience 4 : le concept de zoocide est régulièrement utilisé dans la littérature depuis les année ’80. Comme il ne plaît pas à des wikipédiens influents, la fiche est supprimée et redirigée vers celle de Mathieu Ricard qui n’est pourtant pas l’inventeur du terme.

Expérience 5 : alors que les fiches sur les Pokémons pullulent, que les fiches sur les réactionnaires de droite sont défendues avec acharnement (cfr. exp. 3 supra), les gardiens du temple sont particulièrement prompts à faire disparaître une fiche concernant un livre écrit par un auteur progressiste. Il faut ruser pour aboutir à la conservation.

On voit ainsi encore mieux comment fonctionne ou plutôt ne fonctionne pas Wikipédia et pourquoi l’approche de Pierre Barthélémy n’est pas la meilleure et en tout cas incomplète.

Est-il possible d’améliorer le fonctionnement de Wikipédia?

Jules Xénard et d’autres wikilâtres objectent qu’il est « facile » de créer une nouvelle fiche sur un sujet obscur et ainsi de tromper Wikipédia. C’est au contraire une question de méthode défaillante de la part des wikipédiens qui est ici en cause. Pas de contrôle a priori, n’importe qui peut (en principe) écrire sur n’importe quoi (en principe) sur le site Wikipédia. Pas de vérification a priori de l’admissibilité d’un sujet, pas de vérification approfondie des sources présentées (lorsqu’il y en a, ce qui est rarement le cas contrairement à ce que dit la propagande bien rodée des wikilâtres).

Par la relation de son expérience, Pierre Barthélémy, qui maintient un a priori positif envers Wikipédia (« Contrairement à ce que certains pensent depuis que le pot-aux-roses a été dévoilé hier, mon intention n’a jamais été de me moquer de l’encyclopédie en ligne ni de la critiquer vertement. Il aurait ainsi été très facile, au bout de trois jours, de me gausser en braillant que Wikipédia n’est pas fiable (ce que je ne pense globalement pas).« ), veut pousser les wikipédiens à réfléchir aux moyens d’améliorer leur système.

C’est peine perdue!

Mais soit! Pour l’exercice, formulons des propositions pour qu’un tel projet tourne sur des bases saines :

  • Fin de l’anonymat: seules les personnes identifiées par leur nom véritable (après vérification OTRS) pourront obtenir un compte contributeur (et un seul!). Il n’y a aucun mal à être un « honnête homme » (au sens classique du terme, pas de sexisme ici) et de partager le résultat de ses lectures; il y a des milliers de blogs qui le font de manière plus ou moins confidentielle.
  • Établissement d’un projet éditorial : un article ne devrait pouvoir être créé que 1) sur proposition et avec l’aval d’un nombre x de contributeurs confirmés ou 2) par un comité éditorial (éventuellement rémunéré comme ce fut le cas du cofondateur du site Larry Sanger).
  • Établissement de quorum: un article ne devrait pouvoir être retiré qu’après le vote d’un nombre minimum de participants expérimentés dans le domaine en question (et pas à 3 pelés et 2 tondus comme aujourd’hui).
  • L’arrêt du principe de « patrouille », ces « globules blancs » de Wikipédia comme les appelle P. Barthélémy, qui sont devenus une maladie auto-immune, chassant par leurs actions irréfléchies ou biaisées les vrais contributeurs dont parle Rama (cfr. supra).

On pourrait ainsi améliorer la qualité, il y aurait beaucoup moins de différends éditoriaux et des discussions beaucoup plus calmes vu l’absence d’anonymat. Toutes ces mesures de bons sens qui ont cours dans les maisons d’édition sérieuses ne seront bien entendu jamais appliquées sur Wikipédia qui se transforme de plus en plus en une coquille à la réputation usurpée où l’on peut insérer des publireportages et des informations avantageusement triées afin de promouvoir ou de nuire le moins possible à des intérêts particuliers, souvent marchands.

 

(1) Pierre Barthélémy cite ici le « chercheur » Pierre-Carl Langlais (28 ans) qui n’est pour l’instant que doctorant. Il s’agit d’un wikilâtre dont le pseudo est Alexander Doria, inscrit à 17 ans et coopté administrateur à 23 ans. La description de son Club SOLEIL est une sorte de moquerie en miroir du fonctionnement de WP:fr … mais on reste quand-même dans la secte. Il prétend contribuer régulièrement à Wikipédia bien qu’il soit un tout petit joueur qui ne compte que 500 éditions depuis février 2015 (dont plus de 10% consacrées à l’affaire Léophanès).  Il crée des articles hautement encyclopédiques tel que « 6 mars 1853 » et des fiches promotionnelles comme celle consacrée à Yves Riesel … son ancien employeur à Qobuz qui se vautre avec lui dans la complaisance, l’impunité et l’auto-promotion. Roi fainéant, il s’accroche fermement à son statut d’administrateur. Sa prestation sur France Inter le 14 février 2017 en contradicteur de Pierre Barthélémy est saluée comme il se doit par la communauté des wikilâtres. Post scriptum: l’administrateur Jules78120/Jules Xénard, après avoir lu ce billet, a « nettoyé » l’article consacré à Yves Riesel avec des commentaires édifiants: « supp. informations non étayées par des sources secondaires », « Suppression commentaires POV élogieux, informations non-sourcées et travaux inédits », « non-sourcé », « lien mort, pas retrouvé la source »; le publireportage durait depuis 6 ans et le pas de deux Yves Riesel/Alexander Doria.

(2) On remarquera avec ironie que les wikilâtres, si prompts à réclamer à tous propos le respect des règles de savoir-vivre, les bafouent allègrement en dehors de leur site de jeu social.

(3) Samuel Le Goff: diplômé de l’Université de Rennes (doctorat en histoire); sa thèse soutenue en 2004 porte sur Elites et pouvoir municipal dans les petites villes bretonnes au XVIIIème siècle, 1730-1788; il rédige aussi un mémoire sur « le traitement des conflits d’intérêts en droit parlementaire français ». Il est membre du Conseil d’Administration de Wikimédia France depuis octobre 2014. Il se présente ainsi sur LinkedIn: « Collaborateur parlementaire, puis journaliste en charge du suivi du Parlement, je maîtrise les rouages du processus législatif et de la vie politique, ainsi que la communication et les médias. » Il est actuellement journaliste chez Contexte SAS, journal des professionnels des politiques publiques françaises et européennes. Il utilise le pseudonyme Authueil depuis des années pour tenir un blog « influent » consacré à la (petite) politique française – comprendre, apprécié du tout-petit-microcosme parisien et inconnu du reste (considérable) du monde. On doit à Samuel Le Gof / Authueil le recopiage quasi intégral du Dictionnaire des parlementaires français (1789-1889) bienheureusement tombé dans le domaine public et scanné par la BNF. Il s’agit d’un vieille ficelle utilisée par les wikipédiens pour gonfler leurs statistiques de productivité. En effet, un député est d’office admissible sur Wikipédia et on peut ainsi créer à la chaîne des milliers de fiches sans craindre de passer par les pénibles débats en admissibilité (pages à supprimer). Le procédé est également utilisé par Celette qui préfère le XXe siècle et les députés étasuniens, allemands ou scandinaves en traduisant les fiches des Wikipedias en anglais, allemand ou danois ce qui dispense même de citer une quelconque source. Quant à leur pertinence encyclopédique … ce n’est pas le sujet!

(4) Son site internet http://www.rs-strategy.net/ est bloqué par Web Reputation Filters avec l’avertissement: « menace pour la sécurité de votre ordinateur ou réseau. Ce site web a été associé à des malware/spyware ».

(5) Céréales Killer, de son vrai nom César Alexanian. Il a ‘animé’ un site sur le Linux (Le Petit journal) ainsi qu’un forum sur Linux, Le Babillard. Élu administrateur en comité très restreint en 2004, il est l’auteur du très essentiel Centrale nucléaire de Springfield. Il est également bureaucrate.

(6) Jules Xénard / Jules78120, wikilâtre coopté administrateur à l’âge de 16 ans, salarié de Wikimédia France sous contrat de service civique volontaire de mai 2015 à mars 2016, toujours membre du staff de Wikimédia France et fidèle propagandiste de Wikipédia auprès de ses confrères journalistes.

(7) Dans les commentaires au billet du blog de Pierre Barthélémy, l’administrateur Enrevseluj se vante de 195.000 éditions et plus de 3500 créations d’articles … Waw ! En regardant de plus près, on découvre une sorte d’archétype du wikipédien carriériste qui fait du chiffre pour se faire une place dans la bureaucratie répressive de Wikipédia (le club des administrateurs). Il est aussi actif sur Wiki Commons où Rama a dû l’empêcher des violer les copyrights à plusieurs reprises.

(8) Cameleon Software est un éditeur de logiciels basé à Toulouse. « L’utilisateur » Gerome.marchisio apparaît pour la première le 16 avril 2009 à 9:33. À 10:21 il est capable de ça, qu’il présente comme une traduction … Il apporte une dernière touche à son publireportage le 6 mai 2009 et revient une ultime fois le 22 février 2011 pour assurer le service après-vente. Cameleon Software n’a rien à craindre sur Wikipédia: l’administratrice Léna (Caroline Becker), membre du conseil d’administration de Wikimédia France en 2012, y est employée et protège l’article avec son compagnon Pierre-Selim Huard.

(9) Dans un autre registre, l’écrivaine Claire Gallois a déplu aux wikipédiens en s’attaquant aux jeux vidéos et a droit au même « marquage ».

Publié dans Analyses, canular, Désinformation, Wikimensonges | 50 commentaires