Les vrais échos d’en bas – Saison 15, épisode 25

Nouvelles du Soviet Suprême. Le parachute doré de l’ex-directrice exécutive Lila Tretikov débarquée en février 2016 ne sera connu qu’en 2018. En attendant, Katherine Maher, qui la remplaçait ad interim, est nommée nouvelle directrice exécutive ce 23 juin 2016. Le sondage sur les qualités attendues par les wikipédiens pour le/la remplaçant(e) de Tretikov n’était donc qu’un leurre et l’engagement d’une firme spécialisée dans le recrutement un gaspillage. La décision était déjà prise mais retardée jusqu’à la tenue de Wikimania 2016 (actuellement en cours quelque part en Italie) pour permettre à Jimbo de se faire mousser. Le CV de Maher nous apprend qu’elle a étudié l’arabe et le management, qu’elle a commencé à travailler en 2005, a depuis papillonné chez 9 employeurs sans jamais rester plus de 3 ans en place. Ses capacités en informatique sont notoirement insignifiantes ce qui laissera le véritable contrôle de la Wikimedia Foundation aux informaticiens et à Jimbo: statu quo guaranti. Alors pourquoi ce choix? Essentiellement pour faire de la communication auprès des médias, organiser des réunions et faire rentrer des fonds.

La filiale française attaque le gouvernement français. Depuis quelques jours, les surfeurs dirigés par Google sur les pages wikipédantes voient ce bandeau:

Bandeau apparaissant sur Wikipédia en français au mois de juin 2016. ©Wikimedia France

Bandeau apparaissant sur Wikipédia en français au mois de juin 2016. ©Wikimedia France

… qui mène à une attaque en règle au titre accrocheur mais faux en jouant comme d’habitude sur les peurs et sur les mots (« libre » pour « licence ouverte »). La neutralité de point de vue est un lointain souvenir: les wikipédiens sont toujours allergiques à toute notion de droit d’auteur ou de droit à l’image.

Une majorité d’articles sont partagés sur les réseaux sociaux sans même être lus (Slate). Les fiches de Wikipédia c’est un peu pareil … On peut même se demander si les patrouilleurs-flingueurs-à-vue lisent autre chose que les diffs.

Nouvelles du politburo. Rififi chez les admins. L’administrateur Enrevseluj goûte aux délices du blocage indéfini: c’est sur Commons et c’est Rama le coupable.

En nettoyant ses autres coyvios/copyfrauds, j’ai trouvé d’autres images qu’il a aussi ré-uploadées après suppression. Dans ces conditions j’ai bloqué Enrevseluj parce qu’il semblait que ce soit la seule façon d’obtenir son attention, et indéfiniment parce que ses contributions sont sporadiques. Il peut demander son déblocage, et l’obtenir s’il convainc qu’il a compris le problème et ne va pas se remettre à uploader n’importe quoi sans source, sans auteur, sans date, et en se prétendant l’auteur d’œuvres pour lesquelles ce n’est manifestement pas vrai. Dans la mesure où sa réaction est de m’attaquer personnellement sur Wikipédia-fr au lieu de me parler sur Commons, je ne suis pas a priori complètement certain que ce soit le cas. Rama 23 juin 2016 à 11:34 (CEST)

[…]  tant pis, j’arrête de contribuer sur Commons et ses règles tarabiscotés, où règne aussi qqs administrateurs qui préférent [sic] la violence à la discussion […]. Bref, détruisez tout ce que j’ai fait parce que je me suis trompé en mettant çà en travail personnel (je pensez [sic] que scanner de la presse du XIXe) s’avérait en être et je ne me doutais pas qu’il puisse en exister encore des droits, et j’en doute encore d’ailleurs…) mais on m’expliquera comment la première page d’un journal du début du XIXe sur une revue de géographie que j’ai créé puisse aussi en être, là, çà m’échappe. Bref, tant pis, que les destructeurs fassent leurs œuvres. Enrevseluj 23 juin 2016 à 11:58 (CEST)

Jules Xénard se plaint ensuite d’un « blocage sec sans explications personnalisées« , Starus nous fait bien rire en soulignant des « usages sont à géométrie variable » puis Rama pond une perle qu’il faut relire plusieurs fois tellement c’est savoureux de sous-entendus:

Je comprends bien que votre confort est important, mais là pour vous contenter, il faudrait attendre une demi-douzaine d’avertissements, supposer ensuite que l’utilisateur n’a compris comment régler ses préférences et chercher quel langue il pourrait être disposé à écouter, ensuite lui donner un petit cours particulier pour des questions qui sont sur toutes les FAQ et qu’il s’est engagé à lire et comprendre avant d’uploader des choses, paser [sic] outre le fait qu’alors il refusera de vous croire, et tout ça tout en lui postant un message aussi sur fr: et en s’abstenant de lui poster un message sur fr: pour le cas où il interpréterait ça pour du harcèlement. Pendant ce temps, l’utilisateur upload et ré-uploade des fichiers qui exposent potentiellement Wikimedia Commons et lui-même à des ennuis juridiques. Je ne doute pas un instant que les patrouilleurs anti-vandalisme de fr: font preuve de cette patience et chantent la sérénade aux vandales et aux nouveaux maladroits difficiles à éduquer, mais sur Commons on n’a pas nécessairement le temps. Rama 23 juin 2016 à 16:09 (CEST)

Et Starus de menacer de braver les interdictions : « si, dans le futur et après vote de la fameuse loi évoquée récemment, il me prenait l’envie, à nouveau, d’uploader des photos du château de Chambord à mes propres risques et périls juridiques, ce ne sont pas quelques pseudo-apprentis juristes de Commons qui viendront me chanter la sérénade« . « Euh, non. Parce que premièrement nous ne sommes pas à tes ordres, et que deuxièmement nous ne mettons pas le projet en péril pour que tu puisses vivre des sentations fortes. Tu peux te faire un site web personnel pour ça. Rama 23 juin 2016 à 17:15 (CEST) »

Enrevseluj qui, parce qu’il est administrateur sur Wikipédia, demandait un traitement de faveur en rameutant ses collègues, l’a obtenu … Mais qu’est-ce qu’on a bien rigolé en voyant ça!

Nouvelles du goulag

  • Productivité du KGB cette semaine : la répression reprend de la vigueur avec plus de 190 comptes ou IPs bloqués cette semaine. Les administrateurs regardent toujours le foot à la télé.
  • Et bis repetita avec Archimëa … « un contributeur qui craque » (épisode précédent). Ah c’est beau le wikilove.
  • Noelle Vermillion enfin bloquée. C’est Celette qui va être contente.

Faisons du chiffre

En cliquant sur « article au hasard », on tombe toujours sur des perles :

Publireportages

  • Gilbert Coullier est un producteur de spectacle et Nicole Coullier assure sa pub sur Wikipédia.
  • Transatel ‎est une entreprise de télécommunications dont le publireportage wikipédien est principalement édité par TSLMVNEAlextransatel2013 et Rémi1331.
  • Jason Barnard est un musicien, auteur / acteur de dessins animés, acteur de doublage et consultant en stratégie web … Fiche éditée par Rémi1331 et Jasonbarnard lui-même qui n’hésite pas non plus à éditer les fiches de ses œuvres: Barking Dogs et Boowa et Kwala. Rien de tout cela n’est vraiment admissible ni sourcé mais ça rempli bien Wikipédia.
  • Revue Conférence est une revue littéraire francophone semestrielle, à comité de lecture … Claraetindo en est son promoteur.

On recherche. Un contributeur Commons capable de ne pas interpréter très librement les règles de droit d’auteur.

NB: Cette rubrique un brin sarcastique ne prétend nullement à l’exhaustivité mais se veut seulement un échantillon des coulisses sombres de l’Union des Républiques Commonistes de Wikipédie.

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L’auto-promotion sur Wikipédia. 2 Moi et mes œuvres

Règle n°7 : Évitez l’autopromotion éhontée

Ten Simple Rules for Editing Wikipedia

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

– Les animaux malades de la peste, Jean de la Fontaine

En principe, les wikipédiens ne sont pas là pour parler d’eux-même ou de leurs œuvres. C’est par essence contraire au sacro-saint principe de neutralité de point de vue et explicitement proscrit dans Wikipédia:Conflit d’intérêts et Wikipédia:Autobiographie. L’article dont est tiré la règle citée ci-dessus est en partie écrit par Magnus Manske, wikipédien de la première heure qui a l’honnêteté de ne pas éditer sa propre fiche.

Cependant, comme on peut le constater tous les jours sur Wikipédia, les règles sont appliquées de manière très variable selon que vous êtes un administrateurs, un contributeur en vue, un simple péon ou pire, totalement extérieur à Wikipédia et sans moyens ou volonté de payer une société d’e-réputation.

Voyons quelques cas de flagrant délits d’auto-promotion éhontée de leurs œuvres perpétrés par des wikipédiens, dont certains sont des administrateurs censé faire respecter les règles.

Johann Dréo aka Nojhan

L’ancien administrateur Nojhan (Johann Dréo) est une grosse tête! Son profil LinkedIn est enregistré sous le même pseudo : « nojhan ». Diplômé de l’Université de Rennes I (Master’s degree, Evolution, ethology and ecology), post-gradué en biomathématiques de l’Université Libre de Bruxelles, il termine un doctorat en informatique à l’Université Paris-Est Créteil en 2004 et un post-doc à l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne en 2007, année où il devient ingénieur de recherche chez THALES Research & Technology. Apôtre de l’informatique « libre » (comprenez open source, rien à voir avec la liberté), il développe des programmes (ParadisEO framework) dont il assure la promo sur Wikipedia en anglais.

Sa carrière sur Wikipédia en français commence le 4 janvier 2004 et comporte deux périodes : présence moyenne pendant la période post-doc, quasi absence depuis qu’il a trouvé un travail rémunéré. Il a créé 43 articles et son rapport signal/bruit (+202 kb diff. articles hors révocations / 5,7 Mb volume absolu des modifications) est particulièrement médiocre : 3,54% et seulement 38% d’éditions dans les articles. Dès qu’on sort du recyclage de ses notes de cours, les articles créés sont insignifiants (Dimmuborgir par exemple).

Il devient administrateur en juillet 2005 suite à une candidature peu motivée comme on en trouvait à l’époque. Il adhère à Wikimédia France, participe à l’assemblée générale de 2006 et devient membre du conseil d’administration en janvier 2007 (et non 2006-2007 comme insinué sur son CV en ligne). Il s’occupe un temps de Planet Wikimedia et fait de la promo externe lors de nombreux colloques (2007). C’était encore l’époque de la croyance infaillible en Wikipédia, comme en témoigne la lecture – amusante de naïveté avec le recul – de son petit laïus pro-Wikipédia sur son site personnel.

En 2008, il ne se représente pas au conseil d’administration de Wikimédia France. Pourtant il continue à faire de la propagande sur un blog très wikilâtre, aujourd’hui en perdition : {{référence nécessaire}} Un blog de wikimédiens POV et qui était essentiellement alimenté par Schiste, aka Christophe Henner, président de Wikimédia France de 2014 à 2016 puis président de la Wikimedia Foundation.

En 2003, il co-publiait Métaheuristiques pour l’optimisation difficile, sujet ultra-confidentiel qui n’existe ni sur Encyclopædia Britanicca ni sur Encyclopædia Universalis. Il n’hésite cependant pas à en faire un article sur Wikipédia en février 2004 (peu après son inscription) et en reste le principal auteur (91,5% du texte). Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, il cite son ouvrage seul dans la bibliographie ; il renvoie même à son propre site internet dans « liens externes ». En juin 2009, il fait cependant un tout petit mea culpa sur les sources utilisées et transfère une référence de la section sources à la section bibliographie avec ce commentaire d’édition : « ce livre n’a pas été utilisé comme source, mais est une bonne référence pour en savoir plus ». Il est vrai que pendant plus de cinq ans la bibliographie a ressemblé à de la pure auto-promotion ; il fallait bien faire un peu diversion. L’auto-promo va même un peu plus loin sur Wikipédia en français avec la création d’une page « référence » pour son bouquin qui est mentionné dans quatre fiches wikipédiennes où il est bien entendu le rédacteur principal. Mais son livre, pourtant traduit en anglais, n’apparaît pas dans la version anglaise de Wikipedia où il n’est que le 2e contributeur (12,6% du texte) ; ceci explique peut-être cela.

La taille actuelle de l’article métaheuristiques est comparable à celle de celui consacré à Emmanuel Kant ou l’astrologue Élizabeth Tessier … Ça vous situe l’échelle de valeur des wikipédiens.

En recherchant le mot métaheuristiques sur Google, le complice infernal de Wikipédia, on tombe bien entendu sur l’article Wikipédia en tête des résultats et, partant, sur l’ouvrage de Johann Dréo et son site perso. Bingo ! Bien joué Nojhan/Johann Dréo !

Johann a son petit jardin pas secret et il ne manque pas de l’illustrer sur la fiche consacrée à Framasoft, réseau créé par son pote Alexis Kauffmann aka FramaKa, auteur à 52,7% de sa propre fiche sur Wikipédia, créée par un collaborateur de Framasoft S3b.

Contributeur très très démotivé, Nojhan totalise à peine 500 contributions depuis 9 ans : le travail rémunéré c’est bien mieux que creative common. Il ne perd son statut d’administrateur qu’en octobre 2015 alors qu’il n’avait pas utilisé ses outils depuis octobre 2009!

On terminera par le meilleur : Johann Dréo est le concepteur du logiciel Sci-Wi qui gère la revue de textes scientifiques par les pairs, pratique honnie par les wikipédiens.

Gilles Chagnon aka Litlok

Gilles Chagnon aka Litlok est professeur de physique et d’informatique, et ingénieur de formation au Service de Formation Continue de l’Université Paris 6 Pierre-et-Marie-Curie. Il débute officiellement sur Wikipédia le 7 septembre 2005 avec le pseudonyme GillesC. Au vu de la spécialisation des pages qu’ils modifie en premier, il n’y a aucun doute qu’il se soit fait la main bien avant. Il devient administrateur le 16 octobre 2006 après avoir créé beaucoup de pages d’homonymie pour gonfler son compteur d’articles (et beaucoup ont été supprimées); il devient bureaucrate le 7 novembre 2011 puis membre de l’équipe OTRS (il ne l’est plus) et enfin global renamer en 2014. Surtout, il a créé deux articles à partir de son mémoire de thèse Interférométrie stellaire dans l’infrarouge thermique: observations d’étoiles évoluées en bandes L et M en interférométrie : Fond thermique et Infrared Optical Telescope Array, sans citer aucune source et sans que personne n’ose lui demander des comptes.

Il adhère à Wikimédia France fin 2007 où il est référent des groupes de travail « Éducation et Recherche » fournissant des formations clé-en-main gratuites aux universités. Rallier à sa cause le monde académique est en effet une des obsessions majeures de l’association pour le libre partage de la connaissance (dixit). La Sorbonne s’y laisse prendre en 2015 et propose aux doctorants une formation à Wikipédia. La présentation laisse pantois :

Wikipédia : diffuser ses connaissances dans un environnement collaboratif et international

Wikipédia, projet d’encyclopédie libre collaborative, met à portée du grand public des connaissances et des savoirs auxquels il lui serait autrement difficile voire impossible d’accéder. Par ailleurs, il s’agit essentiellement d’un projet fortement pluriculturel car permettant à des personnes d’origines géographiques et d’horizons culturels très divers de travailler collaborativement à son élaboration. Ces deux aspects, mise à portée et libre diffusion de la connaissance d’une part, collaboration dans un environnement multiculturel et international d’autre part, en font un support de choix pour la professionnalisation des doctorants.

Wikipédia ne met aucun savoir difficile d’accès à la disposition du grand public : elle ne fait la plupart du temps que reproduire des sujets futiles que l’on retrouve ailleurs sur internet et, quand il s’agit exceptionnellement de sujet sérieux, c’est la pensée dominante qui est reproduite et pas le Savoir. L’invitation au séminaire (deux jours et demi tout de même) est taillée sur mesure pour appâter le chaland. La formation est donnée par deux administrateurs de Wikipédia : Gilles Chagnon (Litlok) et Jules Xénard (Jules78120), journaliste alors salarié de Wikimédia France grâce au service volontaire payé par la France. Un des objectifs de la formation est de pouvoir créer des articles « en lien ou non avec le thème de la thèse » et « argumenter factuellement sur la base de sources crédibles ». On se pince en constatant que Litlok crée des articles à partir de ses propres travaux sans mentionner aucune source …

Jacqueline Louviot aka Ji-Elle

Jacqueline Louviot aka Ji-Elle, qui a obtenu un doctorat en cinéma de l’Université de Strasbourg (1997), travaille à l’Université Henri Poincaré (Nancy I) et est présentée par Wikimédia France comme « chercheur en sciences de l’information et de la communication ». Sa carrière wikipédienne commence en février 2006 par l’édition d’un sujet qui la concerne: l’IUT de Saint-Dié-des-Vosges où elle donne donnera régulièrement des conférences sur Wikipédia (2015, 2016), en compagnie de Florian Pépellin (aka Floflo) par exemple. Très active au sein de Wikimédia France, elle anime régulièrement des ateliers de propagande comme la wikipermanence mensuelle qui se tient à la Cantine numérique rennaise ou à Strasbourg comme le montre un reportage de France 3 Alsace. Son autre compte n’a que deux éditions.

Pour une chercheuse, ses publications ne font pas foison. Google Scholar ne renvoie en fait qu’un seul résultat: sa thèse Le regard de sight and sound sur le cinema britannique des annees 50 et 60 soutenue en 1997. Si elle ne cherche pas beaucoup, elle se trouve par contre sur Wikipedia: la version française nous renvoie à Sight & Sound, Free Cinema et Bryan Forbes. Ji-Elle publie également en allemand et même en anglais!

Hervé Kalba aka Hkabla

Hervé Kabla aka Hkabla ne fait absolument pas mystère de son identité sur sa page utilisateur. Dans le civil, il est le créateur de la société d’e-réputation be-angels.fr déjà épinglée dans Florence Devouard & co. payés pour éditer Wikipedia. Il crée lui-même la fiche social selling où il insère son livre Le social selling expliqué à mon boss, Hervé Kabla & Sylvie Lachkar, éditions Kawa dans la section bibliographie.

Sur la fiche communication numérique, on retrouve bien sûr la mention d’Hervé Kabla. Elle est entièrement bâtie par des profils jetables : Franckmen pour la création puis une procession composée de Polette11, Gaellequerel, Auriane.d, Libellule julie, Carodm1084, CMathilde (regardez bien le timing le 27 juin 2012 de 15:08 à 16:24 … une vraie chorégraphie) ; Nicoleta.tarantus débarque le 4 juillet pour peaufiner tout ça ; Lomita (l’administratrice salariée de Wikimedia France) et Gzen92 (le wikilâtre d’Alsace vu au 20h de TF1 le 11 avril 2016) n’y comprennent rien ; il y a encore l’éphémère Vincent Gruyer et le profil réutilisable HAL 1967. Jules78120, le pourfendeur des sociétés d’e-réputation, à l’époque lycéen de 16 ans fraîchement nommé administrateur, repasse sur les broutilles et n’y voit que du feu. Ah le bel ouvrage ! Du vrai travail collaboratif comme on l’aime sur Wikipédia.

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Les vrais échos d’en bas – Saison 15, épisode 24

Nouvelles du Soviet Suprême. Wikipedia ment, Wikimedia ment, ils ne sont pas accueillants … Notre confrère en dissidence Gregory Kohs de Wikipediocracy, voulant assister à la « Diversity Conference » conjointement organisée par la section Wikimedia de Washington DC et les Archives Nationales les 17 et 18 juin, s’est fait jeter en quatre minutes sans aucune explication. La décision est le fait du “Safe Space Committee” de Wikimedia Foundation Inc., comité secret dont il est impossible de savoir qui y siège et comment les décisions y sont prises. Nous avons donc un événement co-organisé par une organisation privée et une institution fédérale étasunienne (ndlr: adjectif figurant dans tous les dictionnaires mais banni de Wikipédia) financée par les contribuables. Cette dernière se plie aux oukases de la premières et cela aboutit à une réunion semi-clandestine dans un endroit censé être public où la « neutralité de point de vue » devient dans les faits l’interdiction d’un point de vue dissident, où un observateur externe n’a même pas le droit de venir écouter ce qui s’y dit sans parler de prendre la parole pour poser une question embarrassante… Les dissidents de Wikipédia bientôt sur une liste de terroristes?

Nouvelles du Politburo.

  • Le POV-pushing religieux, c’est bien quand c’est la droite catholique qui le fait. Quand il s’agit d’islam, c’est encore Celette qui gagne et le challenger se fait éliminer par Starus avant même que le politburo se prononce. Ce vieux couple de canards est tellement prévisible … Sur Wikipedia en français, Mahomet a eu 11, 13 ou 15 femmes selon la fiche que vous lisez; en anglais il en a eu 9 ou 13, en arabe c’est 11 ou 12, en perse c’est 11, en hébreu c’est 11 ou 13, en turc c’est de 9 à 19, en russe on va même jusqu’à 23! Pour Celette c’est 13, pas besoin de sources. Son challenger avait certainement raison sur le fond (càd. aspect social vs. marital) mais cela n’a aucune importance dans le jeu Wikipédia: l’important c’est d’éliminer.
  • Topic-ban au tractopèle pour la fiche consacrée à Paul Moreira. Un seul pseudo échappe étrangement à la vindicte d’une bande d’administrateurs, Lebob qui apparaît pourtant 152 fois dans la page de discussion incriminée. Il y a des divas comme ça …

Nouvelles du goulag

  • Productivité du KGB cette semaine : la répression n’a touché que 150 comptes ou IPs cette semaine. Les administrateurs regardent le foot à la télé.
  • Hégésippe Cormier n’a toujours aucun humour et bloque une IP trois jours pour avoir écrit « Ah ! ah ! ah ! » en conclusion d’une vérification d’IP initiée par Jean-Jacques-Georges-l’imblocable contre Parmatus.

Faisons du chiffre

En cliquant sur « article au hasard », on tombe toujours sur des perles :

  • Ivica (Bugojno) est un village de Bosnie-Herzégovine dont la population est inférieure ou égale à 10 habitants. Là, on peut même se permettre de les lister…
  • Mine de Mountain Pass est une mine à ciel ouvert … Article créé par Nouill sans aucune source, tout comme il y a 7 ans quand il « débutait » en créant à la chaîne des fiches de villes pour gonfler son compteur d’éditions.
  • Frontière entre la Roumanie et la Serbie … la première douane, la seconde douane, la dernière douane. Ah ben ça c’est super utile pour passer le bac.

Publireportages

  • Cameleon Software est un éditeur de logiciels basé à Toulouse. « L’utilisateur » Gerome.marchisio apparaît pour la première le 16 avril 2009 à 9:33. À 10:21 il est capable de ça, qu’il présente comme une traduction … Il apporte une dernière touche à son publireportage le 6 mai 2009 et revient une ultime fois le 22 février 2001 pour assurer le service après-vente. Cameleon Software n’a rien à craindre sur Wikipédia: l’administratrice Léna (Caroline Becker), membre du conseil d’administration de Wikimédia France en 2012, y est employée et protège l’article avec son (ex-?) compagnon Pierre-Selim Huard.
  • Camso est un fabriquant canadien de pneus, chenilles en caoutchouc et systèmes de chenilles pour véhicules hors route. Les auteurs principaux (96%) sont les comptes à objet unique Cathroy et Ti-minou25! Les administrateurs incapables Lomita, Sebleouf, Enrevseluj et Cantons-de-l’Est passent sur la fiche publicitaire sans broncher: ils ont tellement l’habitude qu’ils ne font même plus attention.
  • Re-buy est est une entreprise de recommerce allemande, spécialisé dans le rachat et le reconditionnement de produits électroniques et de médias, basée à Berlin. Créée en 2004, l’entreprise est présente en Allemagne, en Autriche, en France et aux Pays-Bas grâce à une boutique en ligne. La fiche publicitaire est bien entendu édité par le profil ReBuy et l’administrateur Enrevseluj révise dès la création sans broncher.
  • Kiwili est un progiciel de gestion intégré (PGI) et un logiciel de gestion de projets et de comptabilité. Les administrateurs incapables Habertix et 0x010C passent sur la fiche publicitaire sans rien remarquer. La partie du jeu appelée « débat d’admissibilité » se joue à 3 avec le compte à objet unique Nadiraboura, Wikini en témoin ingénu et le vérificateur d’adresse IP ℳcLush aka Schlum. Encore une McBidouille?
  • La Maison du Chocolat est une multinationale de produits sucrés au chocolat. Les auteurs principaux sont des comptes à objet unique: LMDCWIKI et Alexa106 qui déclare travailler en sous-traitance pour l’agence de communication Octelio Conseil pour L’olivier assurance auto. Comme d’habitude, des administrateurs (Thierry Caro, DoNotFollow, Hercule, Lomita, EtienneKD, Octave.H, Leag et l’inévitable Lomita) passent sur la fiche « sans rien remarquer ».

On recherche 

NB: Cette rubrique un brin sarcastique ne prétend nullement à l’exhaustivité mais se veut seulement un échantillon des coulisses sombres de l’Union des Républiques Commonistes de Wikipédie.

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Les vrais échos d’en bas – Saison 15, épisode 23

Nouvelles du Soviet Suprême.

  • Wikimedia Foundation, n’a plus la pêche et resserre les cordons de la bourse: moins de salariés et moins de sous pour les projets des chapters. Le budget annuel passe ainsi de US$65m en 2015–16 à $63m en 2016–17. Explications de la Pravda: « déclin du lectorat, les levées de fonds de plus en plus difficiles et le bien-être des communautés de bénévoles ». Pour remotiver les troupes, la WMF prévoit un éditeur visuel pour smartphones, d’étendre la traduction automatiques des fiches wikipédesques (ce qui aboutira de facto à une domination de la culture anglo-saxonne) et de tenir compte du cahier de de doléances de la communauté … complété par seulement 111 contributeurs. Ce qui frappe dans ce dernier, c’est que la moitié des 20 désirs les plus ardents des wikipédiens concerne non pas des questions éditoriales mais des instruments de surveillance et de répression. On notera au passage que l’outil de détection de plagiat qui existe en anglais n’est pas prêt de voir le jour en français: les wikipédants francophones poussent un grand soupir de soulagement.
  • La filiale suisse tarde à mettre son site web à jour. Wikibuster se porte volontaire pour le faire gracieusement.
  • La filiale française enfonce le clou de sa croisade contre le droit d’auteur et récompense des lycéens pour leurs splendides articles qui font pâlir de honte Universalis. Le seul résultat de ce concours que le pigiste salarié Mathieu Denel ose mentionner est Dessin de presse en France, fiche taguée par deux bandeaux: insuffisance de sources et soupçon de travail inédit …

Nouvelles du Politburo.

  • Banissement de Luc Archambault pour mauvaises opinions politiques. Cela nous rappelle que certains mots de la langue française sont interdits sur Wikipédia. États-unien par exemple.
  • Conservation d’un TI (travail inédit, en principe interdit) assumé et reconnu; ça nous rappelle la Liste des marionnettes des Guignols de l’info. On devrait ajouter le principe du « deux poids deux mesures » en préambule aux principes fondateurs.
  • Correcteur21 est las, nous pas du tout: s’occuper de la réputation des familles françaises ayant une particule dans leur nom devait forcément amener à des guerres d’édition et la multiplication de faux-nez. C’est qui très drôle c’est les conclusions de l’administrateur SammyDay: « je n’ai pas envie de fonder la rédaction d’un article sur l’émotivité de gens qui se croient les gardiens du temple, parce qu’ils pensent être les seuls à connaitre la Vérité » … Jean-Jacques George appréciera; « lorsqu’une bataille est difficile à gagner sur le court terme, comme souvent lors d’un pov-pushing organisé, il faut savoir se détourner de l’article en question et remettre à plus tard la résolution du problème (faut pas l’oublier non plus) » … ce qui confirme que sur Wikipédia c’est n’est pas tant la neutralité de point de vue qui compte mais l’imposition d’un certain point de vue grâce au pouvoir de la chrono-compétition.

Sixième principe fondateur: « si on s’interroge sur l’admissibilité, c’est que ce n’est pas admissible. » Dixit Poulpy qui a créé 19.530 fiches wikipédiques soit près d’1% des 2 millions de fiches qu’il rêve de voir de son vivant. Pêle-mêle, on trouve: Liste des œuvres d’art d’Issy-les-Moulineaux, Liste des minutes de silence observées par l’Assemblée nationale française, (liste des) Rue de Toulon, Pont de la rue des Orteaux, Liste d’objets transneptuniens, des centaines de fiches sur des objets célestes ou les Gmina de Pologne … Les locuteurs du Bân-lâm-gú ont été plus malins et ont confié cette tâche à un vrai robot.

Tarissement de la source. La presse qui met gratuitement en ligne certains de ses articles semble vouloir restreindre cette pratique. Panique au bistro: on ne pourra plus faire des copier/collé comme avant. Malicieux, H2O souligne: « La vérifiabilité demande des sources. Mais il n’est obligatoire, loin de là, que ces sources soient disponibles en ligne. Il y a aussi les bibliothèques… et la confiance dans les contributeurs qui ont apporté les références. » Un peu comme dans le publireportage sur Rémi Mathis et le fameux article du Monde qui n’a jamais été trouvé dans aucune bibliothèque. Il suffira donc d’affirmer, sans aucune preuve, disposer d’une source centrée et le tour sera joué.

Nouvelles du goulag

  • Productivité du KGB cette semaine : La répression reprend avec plus de 300 comptes ou IPs coffrés.
  • Hégésippe Cormier bloque pour l’éternité le profil Merci mon quiqui (aucune édition) au seul motif d’excès de remerciements … Ah le wikilove n’est plus ce qu’il était.
  • Aurelieleee, joueuse débutante, est éliminée au premier tour. Hégésippe lui a transmis les coordonnées de Racosch.
  • MhtAbderahim (aucune édition au compteur) et Jean de la fontaine numéro 2 (idem) sont bloqués pour « création répétée d’articles non encyclopédiques ». Si l’on devait faire de même avec tous les créateurs d’articles sur les pokémons, il ne resterait plus grand-monde sur l’encyclopédie 2.0!

Wikifoot. Ricardo Zamora (1901-1978), footballeur, est promus « article de qualité« . Cette fiche, cataloguée d’importance élevée dans la catégorie sport, fait 137 676 octets et compte 151 notes et références. Le pauvre Pelé (1940) n’a droit qu’à 49 626 octets avec 29 sources et références. Les wikipédiens attendent sa mort pour profiter de l’aubaine des articles en lecture non-payante de la presse numérique.

Faisons du chiffre

En cliquant sur « article au hasard », on tombe toujours sur des perles :

Publireportages: Privatklinikgruppe Hirslanden essaime ses publireportages dans les versions de Wikipedia en allemand, anglais et français.

Le fabuleux monde des archives. Juliette et les menteurs, une fable sur le pillage perpétré par Wikakadia.

On recherche …

NB: Cette rubrique un brin sarcastique ne prétend nullement à l’exhaustivité mais se veut seulement un échantillon des coulisses sombres de l’Union des Républiques Commonistes de Wikipédie.

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L’auto-promotion sur Wikipédia. 1 La famille

« Un conflit d’intérêts se présente souvent sous la forme d’une autopromotion, de l’insertion de liens publicitaires ou vers des sites personnels ou commerciaux, ou toute donnée susceptible de promouvoir les intérêts d’une personne ou d’une organisation. »

Wikipédia:Conflit d’intérêts

« Il est déconseillé d’intervenir sur les articles concernant les sujets dans lesquels vous êtes personnellement impliqué, qu’il s’agisse de vous-même, de vos réalisations, affaires, publications, de votre site Web, de vos proches, ou de n’importe quel autre sujet pouvant susciter un conflit d’intérêts. Cela est aussi vrai pour les employés qui contribuent sur leur employeur ou toute personne chargée de la « réputation » du sujet d’un article. Suivant les conditions d’utilisation de Wikipédia, vous devez faire une déclaration de conflits d’intérêts si vous contribuez dans ces cas. »

Wikipédia:Autobiographie

… ça c’est pour la théorie et pour ceux qui veulent bien y croire. Voyons maintenant la réalité.

S’occuper de la réputation d’un client contre rémunération est, nous l’avons vu lors de billets précédents, une habitude désormais établie sur Wikipedia. Comme on pouvait s’y attendre sur un site où les pratiques mafieuses règnent, certains comptes sont bloqués de manière implacable, d’autres semblent bénéficier d’une immunité qui n’est explicable que par une solide complicité entre parrains.

François Domergue aka FD064

Commençons par du soft avec l’auto-promotion familiale de l’administrateur FDo64 aka François Domergue (son site). Il fait ses premier pas sur Wikipédia en novembre 2011 et crée une fiche consacrée son frère Yves Domergue dont le seul fait biographique sortant de la banalité est qu’il fut une victime de la dictature argentine. La fiche, copiée depuis le site familial, est immédiatement supprimée par Lomita mais F. Domergue est tenace et s’inscrit sous le pseudo FDo64 pour aller immédiatement demander à Lomita comment s’y prendre pour rendre encyclopédique un fait divers. Le 16 novembre 2011, il recrée la fiche sur son frère (qui n’a étrangement jamais fait l’objet d’un débat en admissibilité) et en ajoute une sur sa tante Jacqueline Domergue, infirmière pilote secouriste de l’air (article classé dans le projet médecine !). FDo64 est ensuite le principal rédacteur de la fiche du footballeur Marcel Domergue, son grand-oncle.

Il est coopté administrateur le 20 septembre 2013 sans que personne ne relève ses multiples conflits d’intérêt. Administrateur très actif, genre suppressioniste, sont rapport signal/bruit (-5,7Mb diff. articles hors révocations pour 33Mb de volume absolu des modifications) est particulièrement négatif: -17%, ce qui veut dire qu’il élimine bien plus de texte qu’il n’en aporte. Est-ce par ce que l’article sur son frère a été en premier lieu supprimé qu’il suit les traces de Lomita et a depuis effectué 11 193 suppressions (sur 11 251 actions d’administrateur, soit près de 100%)?

Conflit d’intérêt déclaré sur sa page utilisateur : non.

Conflit d’intérêt connu des autres administrateurs: oui, au moins Lomita.

Sanctions: aucune.

Benoît Évellin aka Trizek

Plus lourd est le cas d’auto-promotion familiale commis par Trizek, un administrateur à la carrière déjà longue, qui connaît très bien les règles et qui ne fait pas mystère de son identité: Benoît Évellin. Inscrit sur Wikpédia le 14 mai 2008, il choisit un pseudo qui veut dire treize en breton et affiche fièrement le drapeau breton sur sa page utilisateur, pas le drapeau français comme il est d’usage. Sa première contribution concerne l’École du design de Nantes où il est encore étudiant webmaster; dans une interview à L’Express en avril 2014, il prétendra avoir commencé en corrigeant une simple faute d’orthographe, se conformant ainsi de manière trompeuse à la mythologie wikipédienne.  Il s’intéresse ensuite au modélisme ferroviaire et parle toujours de trains sur son blog. Son parcours professionnel est entremêlé de courtes expériences de webmaster et de volontariat divers pour des associations. Il est coopté administrateur à 26 ans le 3 juin 2010 malgré un bilan éditorial faible (« beaucoup d’édits qui font du chiffre mais ne demandent pas d’outils particuliers  : de sympathiques « bienvenutages » ou de légères retouches » etc, Lepetitlord).

Fait remarquable, il rejoint Wikimedia France au même moment qu’il s’inscrit sur Wikipédia, alors que classiquement ce pas n’est franchi que dans un deuxième temps plus ou moins éloigné du premier. A-t-il un plan de carrière en tête ? Il devient immédiatement « impliqué dans le design, l’expérience utilisateur et la formation de nouveaux utilisateurs » … pour un nouveau venu, avouez que c’est plutôt remarquable. Nous cache-t-il un ancien compte inavouable? ou toujours en activité? À partir de mars 2010, il y est chargé de la « création de documents de promotion des projets Wikimédia« . De février à août 2011, il effectue son stage de fin d’études en tant que wikimédien en résidence au Château de Versailles. Ce partenariat prestigieux qui fait suite à celui avec le British Museum sera fortement mis en avance par Wikimedia France afin d’asseoir sa réputation, notamment dans la presse comme par exemple ce publireportage de Libération rédigé par Camille Gévaudan (K’M sur Wikipédia) ou sur France 3.

Edit-a-thon réalisé par les membres renais de Wikimédia France au Musée de Bretagne, juin 2014 – Léa Lacroix aka Auregann, CC BY-SA 3.0

Edit-a-thon réalisé par les membres renais de Wikimédia France au Musée de Bretagne, juin 2014 – Photo: Léa Lacroix aka Auregann, CC BY-SA 3.0

Un exemple assez cocasse des activités de Benoît Évellin pour la propagande wikipédienne est cette photo publiée sur le blog de Wikimedia France où l’on voit des wikipédiens (dont Trizek, t-shirt rouge et cheveux longs de dos) dans la bibliothèque d’un musée en train d’écrire des articles. Voyez-vous des livres ouverts sur les tables ? Non, aucun !

Tout ce dévouement le conduit naturellement au Conseil d’administration de Wikimedia France en tant que secrétaire d’octobre 2013 à avril 2015. Depuis mai 2015, il est salarié de la Wikimedia Foundation Inc. en tant que Community Liaison, c’est-à-dire faire passer les messages de la fondations aux wikipédiens et calmer la foule des péons quand ils s’excitent au bistro du coin. Au passage, on remarquera qu’ici encore les relations entre Wikimedia et Wikipédia sont beaucoup moins étanches que ce que la propagande veut bien faire croire à une presse pressée pas capable d’aller vérifier les dires de la Fondation.

Sur son site, fort de son expérience et de sa connaissance des règles de Wikipédia, Benoît Évellin donne des conseils pour y rédiger une fiche: « ne proposez que des sujets reconnus par une autorité dans le domaine choisi, jetez un œil à la rédaction d’autres articles et faites un effort de rédaction. »

Après avoir créé l’article élogieux consacré à son pote Rémy Mathis, alors président du Conseil d’administration de Wikimedia France, il fait la promotion de l’entreprise familiale d’orfèvrerie: Évellin (orfèvres). La fiche est labélisée « bon article » et figure de ce fait sur la page d’accueil de Wikipédia le 08 janvier 2016 avec cet incipit: « mise en lumière de la famille Évellin ». Merci les amis en charge de la page d’accueil! La promo continue sur Regards sur l’actualité de la Wikimedia qui invite à féliciter Trizek sans révéler son intimité avec le sujet. Lors de la proposition de labélisation, Trizek écrit ingénument : « La source principale est en auto-édition [!]. Elle a cependant fait l’objet d’un dépôt légal, ce qui signifie qu’au moins un exemplaire est consultable par le public. Les autres sources utilisées sont elles plus « normales » et permettent de démontrer une notoriété durable pour l’entreprise. Pour information, j’ai un conflit d’intérêts par rapport à cet article. En effet, il concerne l’entreprise familiale, gérée aujourd’hui par mon père. Écrire cet article est un exercice particulier, et le proposer au BA l’est tout autant : c’est pour moi la possibilité de savoir si vous estimez que je sais rester neutre dans mes rédactions. » N’importe quel autre rédacteur se serait fait tacler et son article aurait fini dans les limbes des pages à supprimer. Mais lorsqu’on est administrateur et salarié de la Wikimedia, on peut tout se permettre et créer un publireportage sur l’entreprise régionale Évellin qui dépasse les 45.000 caractères. Par comparaison, la fiche d’un orfèvre d’envergure mondiale comme Christoffle ne compte que 25.000 caractères et Trizek le retouche en le qualifiant de « monstrueusement publicitaire« . Lalique ou Tiffany & Co n’ont droit qu’à un mini-article d’environ 5.000 caractères.

Candidat du Parti Pirate en 2012, il se présente de manière assez abscons sur le site de sont parti : « La société change, passant d’une génération à une autre. Malheureusement, plutôt que de suivre et d’intégrer ce que devient la société, ceux qui sont placés à sa tête préfèrent des solutions rassurantes, privant une majorité de leurs libertés et droits fondamentaux. Je trouve inadmissible le fichage pour tous, la privatisation du bien commun, la justice à vitesse variable, l’opacité des résultats des dirigeants politiques et des administrations. Changer cela, c’est l’objectif du Parti pirate ». Bien entendu, il n’hésite pas à nettoyer la fiche de son parti sur Wikipédia. Le paragraphe « Soupçonnant l’État de vouloir filtrer les contenus d’Internet, le parti est opposé aux brevets, notamment médicamenteux, ainsi qu’au blocage des sites pédo-pornographiques, néo-nazis et djihadistes en préférant l’auto-régulation à ce qu’il considère comme de la « censure » » est effacé alors qu’il est directement tiré de la source mentionnée en référence, Le Figaro du 24 mai 2013. De même, lorsque qu’un des candidats du parti  révèle sa misogynie via son compte officiel au parti, Trizek est là pour censurer veiller à la qualité de l’encyclopédie 2.0.

Conflits d’intérêt déclarés sur sa page utilisateur : non.

Conflits d’intérêt connus des autres administrateurs: oui, par tous.

Sanctions: aucune.

Les frères Truong

Jean-Michel Truong a un frère bien en vue sur Wikipédia: Claude Truong-Ngoc, ancien photographe professionnel qui contribue essentiellement sur Commons. Claude intervient dans la biographie promotion de son frère de même que deux adresses IP « bien renseignées », les trois totalisant plus de 78% du texte total. L’IP 85.171.113.137 pousse même le bouchon jusqu’à supprimer un paragraphe jugé auto-promotionnel ailleurs … L’intégrité intellectuelle est une option rarement présente chez les wikipédiens assidus.

Aucun débat en admissibilité pour la page promotionnelle de JMT bien entendu! Pourtant, sur les 23 « sources » citées, 11 proviennent directement du site personnel de l’intéressé, 2 sont des sources primaires, 3 proviennent de blogs, le reste étant loin de satisfaire au « degré de notoriété » habituellement exigé ailleurs dans Wikipédia.

Conflits d’intérêt déclarés sur sa page utilisateur : non.

Conflits d’intérêt connus des administrateurs: oui.

Sanctions: aucune.

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Les vrais échos d’en bas – Saison 15, épisode 22

Nouvelles du Soviet Suprême.

  • Wikimedia Foundation, en quête d’un nouveau directeur général, lance un micro-trottoir pour faire oublier le scandale du Search Engine et les méthodes particulièrement autoritaires de Lila Tretikov. Le célèbre Stéphane Coillet-Matillon (aka Popo le chien/Leo Fischer/Pplc etc.), sur le blog photo qu’il entretient avec ses potes de Wikimedia Suisse, lâche quelques propos savoureux : « outre le manque de charisme le problème principal de Celle-dont-on-ne-prononce-plus-le-nom était qu’elle gérait le bouzin comme une startup, avec comme seul point d’accès des métriques de performance qui, dans le meilleur des cas, étaient utilisés pour traiter les gens de tocards. Ca [sic] et le fait qu’elle ne communiquait pas ou peu (sauf, je suppose, pour faire comprendre aux gens que c’était des tocards). » Il va sans dire que le pseudo-sondage lancé par la fondation n’engage que ceux qui y répondent et n’aura aucune valeur contraignante: le dernier membre du board choisi par la communauté s’est fait débarquer par Jimmy Wales en personne dès qu’il a osé sortir du rang. Par contre le salaire envisageable est assez médiocre; selon la Pravda, celui de l’ancienne première secrétaire Sue Gardner, en poste jusque mai 2014, était en vérité de 320.057$ et non 218.529$ comme le clamait jusqu’alors l’organisation la plus transparente du monde … Mais il y avait une astuce: l’organisation a continué à rémunérer ses « conseils » jusqu’en juin 2015 puis à prorogé jusqu’au 31 mai 2016 alors qu’elle a à sa disposition une armée de wikipédien pouvant prodiguer des conseils gratuits! Le coût total des « conseils » de tante Sue n’est pas encore connu.
  • Jackpot pour les bureaux d’avocats: la Pravda nous apprend que la Fondation a dépensé 1,9 millions de dollars en 2014-2015 pour, entre autres, enregistrer plus de 1500 marques commerciales dans le monde entier. Ce budget, en progression de plus 400% par rapport à l’exercice précédent, est censé bénéficier directement à Wikimedia et à ses projets … Merci les gentils donateurs!
  • 100 millions $ challenge. En parlant de gros sous, Jimbo n’en n’a jamais assez et ambitionne de collecter 100 millions de dollars pour s’assurer que Wikipedia ne meure jamais … Il n’a donc pas compris que Wikipedia ne vit que parce que Google le veut bien? Ou peut-être n’a-t-il pas abandonné le projet de supplanter Google? Bien entendu, il s’est fait nommer à la tête de cette nouvelle fondation, emportant au passage 5 millions $ puisés dans le trésor de guerre de Wikimedia Foundation.
  • La filiale suisse renouvelle un peu son conseil d’administration qui est entré en fonction ce 1er juin. Exit le frondeur Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane), le vendeur de publireportages intégrés à Wikipédia Stéphane Coillet-Matillon aurait pu se faire réélire mais a trouvé plus opportun de se consacrer entièrement à sa nouvelle société de relations publiques Racosch sàrl; de toute manière son associé chez Racosch Stéphane Schütz garde la boutique WMCH. Pas la peine de discuter du problème des contributions rémunérées. Circulez, y’a rien à voir. Le billet Swiss paper provoque des remous jusqu’à Genève, ce qui nous vaut l’intervention sympathique de trois membres de Wikimedia Suisse, et même un tweet de SuprêmeMangaka.

Nouvelles du Politburo. Celette n’a même plus besoin de se plaindre, on le fait pour elle …

Nouvelles du goulag

  • Productivité du KGB cette semaine : La répression faiblit légèrement avec près de 300 comptes ou IPs coffrés, soit 10% de moins que la semaine passée.
  • Simon Villeneuve, auteur du résumé sur l’affaire des Pierrots, écope d’une semaine de blocage pour « attitude non collaborative et modifications non consensuelles à la chaîne ». Ah les infobox !
  • Hégésippe Cormier bloque Reimroc eppiségéh pour le motif suivant : « nom d’utilisateur inacceptable, injurieux ou diffamant » … C’est pas plutôt l’inverse qui l’est? Aucun humour ce Jerotito!

Faisons du chiffre

En cliquant sur « article au hasard », on tombe toujours sur des perles :

  • Chrysler Classic de Tucson : pas de résumé introductif, pas d’historique, pas un  verbe … Mais que contient donc cet article: un palmarès de golfeurs, rien d’autre. Pas de sources bien entendu. Même les bots font mieux que ça.
  • Saloba est une commune du Mali, dans le cercle de Macina et la région de Ségou. La Chine historique est un terme décrivant le cœur historique de la Chine par opposition aux provinces frontalières. La première fiche est de 883 octets, la deuxième 689. Y’a pas erreur: c’est Wikipédia, c’est logique.
  • Cuillère à glace est jugé digne de l’encyclopédie 2.0 après débats entre experts encyclopétants (13 votes tout de même!). Ça nous rappelle les défenseurs de l’Ordre de la Cuillère.
  • July 1978: The Complete Recordings est un coffret de 12 CD proposant l’intégralité des cinq concerts données par le Grateful Dead en juillet 1978. Sorti le 16 mai 2016, ce coffret a fait l’objet d’une édition limitée de 16 500 copies. Apparemment, il y a un vrai fan de ce groupe sur Wikipédia.

Publireportages:

  • Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (groupe Natixis) a pour auteur principal l’utilisateur Coface qui se présente ainsi: Société Coface Direction de la Communication et met tranquillement à jour sa propre fiche depuis 2008. En 2014, Doomer78 essaie de corriger quelques infos factuelles mais l’administrateur fraîchement élu Rome2 annule à vue. Drame au bistro du coin : celui qui dit la vérité doit être exécuté; le grand inquisiteur bloque Doomer78 12h pour manque de savoir vivre. Circulez, y’a rien à voir.
  • Wilfrid Ferré se présente comme « ancien dirigeant, Arbitre & Educateur du Boucau-Stade/Boucau Tarnos stade. Je m’occupe du Forum du BTS et notamment tout ce qui concerne l’Histoire de ce club au travers d’articles mais aussi d’archives que je met en ligne. » Ce compte à objet unique avait une mission: inscrire son club de rugby dans Wikipédia. Le fanzine débute avec Saison 1959-1960 du Boucau Tarnos stade et ça se décline ainsi en 49 fiches.

On recherche … un hautboïste pour orchestrer l’hymne à Wikipédia. Connaissance en musique légère accessoire.

NB: Cette rubrique un brin sarcastique ne prétend nullement à l’exhaustivité mais se veut seulement un échantillon des coulisses sombres de l’Union des Républiques Commonistes de Wikipédie.

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Swiss Papers: un scandale de plus sur Wikipédia

Jouer à Wikipédia est une activité addictive très chronophage qui ne rapporte rien financièrement parlant. En principe … Les wikipédiens expérimentés savent toutefois que des personnes ou des entreprises attachent de l’importance à leur fiche sur Wikipédia et ceci fut publiquement débattu lors de la WikiCon2012. Celles-ci, après s’être cassé les dents en essayant d’éditer elle-mêmes, sont à présent prêtes à payer des pros pour y figurer sous un jour favorable. Comme ils l’avoueront bien plus tard, les interventions rémunérées des associés de Racosch remontent à au moins décembre 2014 pour le compte de l’entreprise Romande Energie (plus de 90% du texte). Pour une société, sortir du cash est un problème ; payer une facture émise par une société pour des activités de « promotion » ou de « consultance » est plus pratique. Reste donc à créer la-dite société pour transformer le temps passé à jouer à Wikipédia en activité lucrative.

Le 25 février 2015, alors que les wikipédiens sont encore traumatisés par les révélations sur les identités multiples de « Pierrot le chroniqueur », trois éminents membres de Wikimedia Suisse résolvent le problème de la rémunération de leurs éditions payantes en enregistrant la société Racosch S.à.r.l. au registre de commerce du Canton de Vaud. Les statuts sont très vagues :

Racosch Sàrl, à Lausanne, avenue de la Gare 22, c/o Stéphane Coillet-Matillon, 1003 Lausanne, CHE-230.626.317. Nouvelle société à responsabilité limitée. Statuts: 25 février 2015. But: la société a pour but d’offrir des services de relations publiques; ses clients naturels sont des associations, sociétés, entreprises et particuliers (pour but complet cf. statuts). Obligation de fournir des prestations accessoires, droits de préférence, de préemption ou d’emption: pour les détails, voir les statuts. Capital social: CHF 20’000 [ndlr. ~18.000 €]. Associés-gérants avec signature individuelle: Coillet-Matillon Stéphane, de France, à Lausanne, avec 98 parts de CHF 100, président, Ray Nicolas, à Arzier-Le Muids, avec 51 parts de CHF 100, et Schütz Frédéric, à Chavannes-près-Renens, avec 51 parts de CHF 100, tous deux de Genève. Organe de publication: Feuille officielle suisse du commerce. Communications aux associés: par écrit ou par courriel. Selon déclaration du 25 février 2015, la société n’est pas soumise à une révision ordinaire et renonce à une révision restreinte.

Créer une telle entreprise ne se fait pas sur un coup de tête. C’est le fruit d’une évolution personnelle de trois personnes qui ont, un temps, cru être des encyclopédistes 2.0 puis se sont rendu-compte de l’impasse éditoriale du projet et finalement réalisé qu’il y avait un profit à en tirer. Attardons-nous un peu sur ces trois profils.

Les acteurs

Stéphane Coillet-Matillon, l'administrateur Popo le chien, du temps où il avait encore la foi lors d'une cabale romande (11 mai 2007) CC-BY-SA-2.5 Auteur: Ludovic Péron aka Ludo29.

Stéphane Coillet-Matillon, l’administrateur Popo le chien, du temps où il avait encore la foi lors d’une cabale romande (11 mai 2007) CC-BY-SA-2.5 Auteur: Ludovic Péron aka Ludo29.

Stéphane Coillet-Matillon est un Lyonnais installé en Suisse. Après un master de biochimie, il s’oriente vers les sciences politiques à l’Université de Genève. Il effectue sa première expérience professionnelle dans le cabinet d’avocats Bär & Karrer puis se met au service du cigarettier Philip Morris (relations publiques) pendant 6 ans. En 2013, il prend un congé sabbatique pour étudier le chinois. Sa carrière wikipédienne commence officiellement le 21 janvier 2005 ; ses premières contributions se dispensent naturellement de sources. Il est coopté administrateur à peine un an plus tard, le 5 février 2006. Popo le chien sert fidèlement Wikipédia et présente une brève allocution au World Summit on the Information Society organisé par les Nations Unies à Genève le 18 mai 2008. Ayant gagné toute la confiance de Wikimedia, il devient bureaucrate le 15 août 2008.

Petit accident de parcours le 27 janvier 2010 : il téléverse un montage vidéo audacieux « Hitler et les élection sur Wikipedia.fr » qui révèle une attitude extrêmement critique envers Wikipédia :

« On a 40% d’articles de 2 lignes sur des connards qui tapent dans une balle. […] Il faut savoir si on vise une encyclopédie ou une annexe de France Football. […] Il y a des jours où j’ai vraiment l’impression de faire du social avec ceux qui font plus de discussions que de contributions. Saint Jimbo priez pour nous ! […] Quand je pense que je pourrais être pénard à mettre à jour des infoboxes ou virer toutes ces listes recopiées de Pokémon.com. […] Que quelqu’un efface la page Wikipedia : n’hésitez pas ! Si on me recherche, je serai sur Knol. […] Et bloquez aussi mon faux-nez. »

Désenchantement ? Lucidité ? Cela aurait pu lui coûter très cher … Il se fait pourtant coopter au Comité d’arbitrage en mars 2010 mais ne renouvelle pas sa candidature en septembre 2011. Ses activités déclarées sur Wikipédia chutent brutalement à partir de janvier 2012 : à peine 89 éditions en 2012, 76 en 2013, moins de 500 par an depuis ; il ferme également son blog Le choix du chaos ouvert en 2008 et consacré à Wikipédia mais continue épisodiquement sur CHwiki (son dernier post ne manque pas de piquant). Il renonce à ses privilièges d’administrateur et de bureaucrate en janvier 2012. Perte de motivation en relation avec le constat accablant fait dans sa vidéo de janvier 2010 ? Le grand inquisiteur le soupçonne d’avoir un autre compte principal depuis lors sans dire lequel ; son fidèle bras droit dépose même un demande de vérification d’adresse IP qui reste naturellement sans suites.

« Wikipedia fait le trombinoscope des parlementaires européens » ©F3 Alsace 6 février 2014. Lors du WIKI loves Parliaments : European Parliament le 4 février 2014.

« Wikipedia fait le trombinoscope des parlementaires européens » ©France 3 Alsace, 6 février 2014. Lors du WIKI loves Parliaments : European Parliament le 4 février 2014.

À la veille des élections parlementaires européennes de mai 2014, il organise une séance photo au Parlement européen. On se doute bien que ce genre d’évènement ne sert pas seulement à prendre des photos pour illustrer Wikipédia. Ce qui se discute en off c’est le contenu des fiches consacrées aux députés et à la politique en général. « Comment faire pour améliorer ma page Wikipédia ? On peut en discuter Mr le député. » etc. Tout a un prix, n’est-ce pas ?

« Wikipedia fait le trombinoscope des parlementaires européens » ©F3 Alsace 6 février 2014. Lors du WIKI loves Parliaments : European Parliament le 4 février 2014.

©France 3 Alsace, February 6, 2014.

Dans un langage plus codé, Catherine Trautmann déclare : « Permettre aux parlementaires d’être mieux connus et de pouvoir être présents, grâce à Wikipédia, dans la campagne électorale,
c’est une très belle initiative. »

Malgré sa très faible implication apparente dans le main, on ne sait par quel miracle Stéphane Coillet-Matillon est élu membre du conseil d’administration de Wikimedia Suisse en mars 2014 et en devient même le directeur exécutif ad interim pendant plus d’une année. Cela lui donne l’occasion de rencontrer le gourou Jimmy Wales :

Le plus beau jour de la vie de Stéphane Coillet-Matillon ©Twitter

Le plus beau jour de la vie de Stéphane Coillet-Matillon ©Twitter

Ayant fait le tour des coulisses de Wikipédia, il s’attaque à présent aux coulisses de la « banque » … Lors d’une interview à la RTS en décembre 2015, il quémande des dons pour Wikimedia alors qu’il critiquait sur son blog ces mêmes appels. Lors de l’assemblée générale 2 avril 2016 où on le questionne sur Racosch, il ne se représente pas mais, selon Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane), aurait été réélu sans problème s’il s’était porté candidat; mais il déclara préférer se consacrer entièrement à son nouveau business.

Le 20 mai 2015, en réponse à un débat de blocage le concernant, Popo le chien écrit sans sourciller: « Vu le prix que je suis payé (rien) pour contribuer [… Racosch a été créé trois mois plus tôt] » et parle « des accusations de faux-nez infondées – maintenues en dépit de mes dénégations (je crois que dans l’absolu et dès lors c’est bien de la diffamation) […] ». Le 5 juin 2015, Stéphane Coillet-Matillon, aka Popo le chien, crée au moins un nouveau faux-nez : Leo Fischer qui ne sera renommé Pplc que le 30 mars 2016 … lorsque l’affaire Racosch sera en passe d’être révélée aux wikipédiens lambda.

Nicolas Ray, du temps où il avait encore la foi, brandissant son arme d'administrateur lors d'une cabale romande (1er déc. 2007) CC-BY-SA-3.0 Auteur: Oblic.

Nicolas Ray, du temps où il avait encore la foi, brandissant son arme d’administrateur lors d’une cabale romande (1er déc. 2007) CC-BY-SA-3.0 Auteur: Oblic.

Nicolas Ray aka Manoillon est d’origine genevoise et fait partie d’une profession qui a littéralement pris le contrôle de Wikipedia : les informaticiens. Son parcours professionnel croise celui de Stéphane Coillet-Matillon : après deux années dans une boîte d’informatique, il travaille de juillet 1998 à mars 2014 pour le cigarettier Philip Morris. Sous l’étiquette Vert’libéraux, il est élu au Conseil communal d’Arzier-Le Muids en 2011 (il est d’ailleurs l’auteur principal de la fiche de cette commune) et n’hésite pas à aller troller les pages des concurrents alors qu’il dénonce les manipulations des fiches wikipédiennes des politiciens suisses dans la presse le 10 juin 2015 (après avoir déploré en 2007 qu’elles étaient le point faible de Wikipedia).

Sa carrière wikipédienne commence le 10 janvier 2005 sous le « pseudo » Nicolas Ray avec lequel il est coopté administrateur le 12 avril 2006. Il obtient ensuite un renommage transitoire en Nicoray (qu’il ne faut pas confondre avec l’ancien administrateur Nicolas Raymond). C’est à cette époque qu’il semble mettre déjà le doigt dans le pot de confiture avec par exemple sa protection des contributions rémunérées pour le groupe suisse Migros. Un dialogue avec un employé de ce groupe ne laisse aucun doute :

Bravo pour ton travail sur Migros, j’ai l’impression qu’on va faire quelque chose de bien avec cet article ! Autre chose, si jamais on fait un journée rencontre WP-Romandie le 22 septembre et tu es bien entendu le bienvenu si cela t’intéresse. Nicolas Ray 3 septembre 2007 à 11:39 (CEST)

Oh, merci de m’avoir indiqué cette rencontre, mais malheureusement, comme tu le sais désormais, je bosse pour Migros, et qui dit cette grande boîte, dit bosser le samedi. D’autant plus que c’est inventaire le 22 septembre. Merci quand-même ! Kestral 3 septembre 2007 à 11:45 (CEST)

Uh uh… en farfouillant les métas pages, je viens d’apprendre qu’il faut demander à un admin pour renommer une page ! (se rappelle avoir renommé Migros => Fédération des Coopératives Migros sans rien demander à personne…) Kestral 3 septembre 2007 à 12:31 (CEST)

Normalement tu peux renommer tout seul… A part si la page cible existe déjà… Dommage pour le 22. Tu ne peux même pas venir manger la fondue le soir avec nous ? Nicolas Ray 3 septembre 2007 à 12:54 (CEST)

Faut que je regarde si mon amie bosse ce soir là, si oui, pourquoi pas, mais inventaire + déplacement Lôzanne à Genf, ça risque de faire tard… Pour le moment je me suis mis comme pas possible cette fois sur WP-Romandie, je modifierai si les circonstances me le permettent.Kestral 3 septembre 2007 à 13:05 (CEST)

Les associés de Racosch reviendront régulièrement sur les pages consacrées au Groupe Migros.

Nicolas Ray met les voiles le 10 janvier 2008 et abandonne ses privilèges d’administrateur après une énième altercation avec un nouveau et un coup d’éclat chez les wikipompiers en laissant ce message :

Les raisons de ce départ ? Un gros, très gros, trop gros raz-le-bol. Raz-le-bol de ce [sic] tous ces frustrés prèts [sic] à tout pour obtenir ici la reconnaissance qu’ils sont incapables d’obtenir dans la vraie vie. […] surtout raz-le-bol de tous ces pédants imbéciles, connus ou inconnus, enregistrés ou anonymes, qui savent mieux que quiconque ce qui est juste ou faux, bien ou mal, ce que vous devez faire ou pas, ce que vous auriez du faire ou pas et tellement, tellement prompts à vous le faire savoir.

Aucun risque que je me mette soudainement à critiquer et descendre Wikipédia en flammes : je crois en ce projet, je suis absolument persuadé qu’un long et glorieux futur lui est promis. L’idée est bonne, les bases sont bonnes, les gens vont et viennent. […]

Bigre ! Quelle rancœur accumulée à l’encontre du jeu Wikipédia et de ses joueurs ! Son absence dure … deux semaines. Il revient en catimini le 25 janvier 2008 sous le pseudo Manoillon et se fait parrainer par son vieux complice Ludovic Péron (Ludo29) qui n’ignore rien du passé de ce « péon ». Il va même jusqu’à récupérer temporairement ses outils d’administrateur de mai à octobre 2011 grâce à l’appui de … Popo le chien, son associé en affaire !

Membre de Wikimedia Suisse, il réussi à faire embaucher son épouse [nom effacé à la demande de Nattes à chat] comme « Administrative Assistant » (de septembre à décembre 2014 0,2 FTE), puis « Administrative Manager » (0,7 puis 0,5 FTE depuis janvier 2015). C’est d’ailleurs sa seule expérience professionnelle. On est en plein dans le népotisme. Merci les gentils donateurs!

Frédéric Schütz, membre fondateur de Wikimedia Suisse en novembre 2012. CC BY-SA 3.0 Ludovic Péron aka Ludo29.

Frédéric Schütz, membre fondateur de Wikimedia Suisse en novembre 2012. CC BY-SA 3.0 Ludovic Péron aka Ludo29.

Frédéric Schütz aka Schutz a étudié la biologie, les mathématiques et surtout l’informatique ; il est maître d’enseignement et de recherche au Centre Intégratif de Génomique (Faculté de biologie et de médecine) de l’Université de Lausanne et statisticien à l’Institut Suisse de Bioinformatique. Oh ironie, il critique le lobby cigarettier qui a longtemps employé ses potes …

Il débute sur Wikipedia en anglais le 3 mars 2004 et sur la version française le 18 décembre 2004. Il n’est pas un grand contributeur mais il est coopté administrateur sur Wikipedia en anglais le 15 août 2007. Son activité chute sur les deux projets en 2010 et il n’y compte que 500 éditions depuis 2012.

À Wikimedia Suisse, il est membre fondateur en mai 2006. Porte-parole francophone à partir du 30 juin 2011 puis vice-président de l’association à partir de septembre 2013, il en devient le secrétaire à l’assemblée générale de 2014 et est réélu le 2 avril 2016, malgré les révélations sur Racosch, avec une marge confortable. Sur une vidéo de 2011, il n’hésite pas à appeler aux dons : « Wikipédia restera gratuite et sans publicité », mais pas sans publireportages payants …

Le 21 août 2015, Frédéric Schütz utilise une vieille ficelle que tous les wikipédiens connaissent : il crée en douce au moins un faux-nez (Wicodric) qu’il laisse dormant jusqu’au 11 février 2016, date à laquelle il l’utilise pour des contributions rémunérées.

La bande Racosch compte au moins un autre membre en appui freelance : Imogen Hitchcock. Son parcours professionnel croise celui de Stéphane Coillet-Matillon et Nicolas Ray chez le cigarettier Philip Morris où elle travaille de septembre 2007 à mars 2015 au département des relations publiques. En juillet 2015, elle crée Beaumont, une société de consultance basée à Lausanne. Racosch écrit dans sa page de témoignage : « Working with Imogen is a real pleasure – she’s sharp, quickly understands the issues and works fast. I was particularly impressed at how hard she tries to understand her clients’ mindset and identify their specific needs. » Comme c’est joliment dit …

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Nous avons donc trois vétérans qui sont, à un moment ou un autre, arrivés à un point de rupture et de désillusion sur « le plus grand projet de l’humanité ». Il maîtrisent les subtils rouages de la machine infernale, ont disposé des outils de contrôle principaux, tant au niveau éditorial qu’au niveau financier. Ils connaissent parfaitement les principes fondateurs, les us et coutumes de Wikipédia.

Et ils sont sans morale.

Après tout, faire la promo de la cigarette ou des publireportages pseudo-encyclopédiques … quelle différence ?

 

Marketing

Pour développer une nouvelle entreprise telle que Racosch il faut avant tout la faire connaître et cela de manière ciblée. En mai 2015, les trois associés créent leur site web racos.ch (ils sont également propriétaires de racosch.com). Les évènements organisés par Wikimedia Suisse sont un excellent moyen d’attirer du monde et de placer en douce un petit mot sur Racosch et les façons « d’améliorer » une fiche WP. Cela ne suffit pas bien entendu ; il faut aussi atteindre les professionnels de la com’.

Le 16 avril 2015, Stéphane et Frédéric présentent au SwissMarketing Vaud un atelier intitulé Comment faire bon ménage entre Wikipédia et Marketing? : « Lors de cet atelier, nous examinerons les coulisses du site web […]. Vous repartirez avec des bonnes pratiques pour vous permettre de remplir en toute quiétude des informations qui ont de la valeur pour le public. » Et surtout vous repartirez avec la carte de visite de Racosch en poche 😀

Le 14 mai 2015 Stéphane anime une conférence ironiquement intitulée Comment faire la paix sur Wikipédia ?: « Comment se décide l’avenir d’un article controversé? Qui fait la médiation dans les conflits et veille sur les principes de neutralité de l’encyclopédie? Quelles sont les méthodes de rédaction et d’évaluation des contenus des articles? »

Le 9 septembre 2015, Stéphane Schütz et Nicolas Ray participent au Net-Academy Camp 2015 à Nyon (le district électoral de N. Ray), « une journée complète d’immersion dans le web social contemporain ». Ils y présentent la façon intelligente de « mettre en valeur une entreprise ou un produit ». Edith Page, la co-fondatrice et directrice de cet institut de formation en communication digitale et réseaux sociaux a égelemtnfondé In-fuseon, une agence de communication spécialisée dans les Cleantechs. Elle signe quelques semaines plus tard la chronique Réussir la page Wikipedia de son entreprise dans une revue suisse spécialisée dans la communication : « Bénéficier d’une page Wikipedia sur son entreprise fait partie d’une des techniques de communication digitale incontestées pour augmenter son référencement naturel et être indexé systématiquement en première page du tout puissant Google Search, ainsi que dans le moteur de recherche de Facebook. » Elle conclut : « En bref, réussir votre page d’entreprise sur Wikipedia ne relève pas du hasard. Vous avez trois solutions : vous vous attelez à la tâche en utilisant l’espace Aide proposé par Wikipedia (7), vous vous formez chez des professionnels ou vous faites appel à des experts » … en mentionnant Racosch bien entendu.

Frédéric Schütz (Racosh) et Stéphane Coillet-Matillon (Racosh) à l'Hôtel de la Paix, Lausanne 25 nov. 2015 ©Facebook

Frédéric Schütz et Stéphane Coillet-Matillon en représentation pour Racosh à l’Hôtel de la Paix, Lausanne 25 nov. 2015 ©Facebook

Le 26 novembre 2015, les représentants de Racosch participent à un séminaire sur la communication de crise organisé par la Société Romande de Relations Publiques (SRRP) à l’Hôtel de la Paix à Lausanne. Ils y retrouvent entre autres Karin Devalte (Romande Energie) avec qui ils sont en relation d’affaire, comme le confesse bien tard Nicolas Ray sur une sous-page de sa PU, depuis le 15 décembre 2014.

 

Le 30 mars 2016 à San Francisco, Sétphane Coillet-Matillon présente Kiwix lors d’une conférence intitulée Breaking Barriers: New Frontiers of Connectivity and Access. Qui paye le voyage ? Pas Racosch … Il est accompagné d’Adele Vrana, Interim VP of Partnerships de la Wikimedia Foundation qui organise l’événement.

Le 16 juin 2016, les associés de Racosch reviennent à la Société Romande de Relations Publiques pour une conférence marketing : « Venez découvrir quelques aspects de cette encyclopédie et comprendre à l’aide d’exemples concrets, comment le monde de l’entreprise et des relations publiques peut utiliser et profiter de cette visibilité inégalée lors de ce workshop suivi d’un cocktail dînatoire pendant lequel vous aurez la possibilité d’échanger [vos cartes de visite] avec des spécialistes du domaine [càd. Racosch]. »

Confidences et recrutement

Le 1er juin 2015, Stéphane Coillet-Matillon et Frédéric Schütz annoncent au CA de WMCH la création avec un troisième associé d’une société de relation publique sans mentionner le nom Racosch ni le fait qu’elle édite Wikipédia. Il semble que certains aient été dans la confidence quant aux tenants et aboutissants de cette « société de relation publique », mais pas tous comme le clame Gabriel Thullen, un autre membre du CA de l’époque. La directive sur les conflits d’intérêt de Wikimedia Suisse dit pourtant ceci: « Puisque les conflits d’intérêts ne peuvent être évités […] » (ndlr: avec un postulat de départ pareil, c’est déjà mal parti) […] « Quiconque a un conflit d’intérêt permanent ne devrait pas être membre du Conseil d’administration ou du Management exécutif. » Là c’est très clair: quand on dirige une société de relations publiques qui édite Wikipédia contre rémunération, on ne peut pas diriger Wikimedia Suisse. Les personnes concernées doivent en avertir le président (Patrick Kenel) ou le vice-président (Frédéric Schütz). On ne sait pas si le président fut mis dans la confidence; quant au vice-président ou le directeur exécutif  faisant fonction, ils étaient précisément les associés de Racosch. Bien entendu, cette pseudo-annonce reste sans conséquences mais servira plus tard à faire croire à de la transparence.

Le 15 août 2015 se tient une rencontre Festicabales à Genève à laquelle participent, entres autres, des administreurs tels que Moumou82 (Mourad Ben Abdallah, ancien président de Wikimedia Suisse), Pymous (Pierre-Yves Mével), Vigneron (Nicolas Belett Vigneron), Kelson (Emmanuel Engelhart), Floflo (Florian Pépellin) ; des ancien administrateurs tels Yann (Yann Forget), Popo le Chien (Stéphane Coillet-Matillon), Agamitsudo (Benoît Prieur, alors membre du CA de WMF); et des péonnes telles que Nattes à chat (Natacha Rault) ou LaMèreVeille (Marie-Pierre Vidonne) du projet biographie des femmes en Suisse qui bénéficie de l’aide financière de Wikimedia.

Entre « vieux d’la vieille » on se lâche et on se laisse aller aux confidences qu’on ne se permettrait pas sans une solide complicité forgée dans les anciennes batailles wikipédiennes. Les dirigeants de Racosch parlent donc de leur société avec certains comparses fiables comme Vigneron ou Ludo29 (Ludovic Péron), mais pas avec tous. Ainsi Natacha Rault et Marie-Pierre Vidonne, qui ont rejoint Wikipedia depuis peu, sont trop jeunes pour être totalement corrompues ; leur fidélité à la mafia n’ayant pas encore pu être éprouvée, elles sont tenues dans l’ignorance.

Quel est donc le but de cette révélation publique ? Un soudain accès d’honnêteté ? Une manœuvre de recrutement en fait. Les associés de Racosch savent, depuis le temps qu’ils y jouent, que le sort d’une fiche Wikipédia dépend avant tout du bon vouloir de la bande qui s’y intéresse. Les principes fondateurs et les règles ne valent que pour ceux qui y croient. Tout y est fonction de rapports de force entre joueurs assidus. Il faut donc se constituer une bande pour résister efficacement et discrètement aux attaques sans devoir mobiliser une armée de faux-nez, cible trop facile d’une vérification d’IP.

Le fil d’Ariane ou la wikitraque

Nattes à chat (Natacha Rault) et LaMèreVeille (Marie-Pierre Vidonne) préparent un atelier d’écriture sur des femmes suisses notables. Ce projet est bien accueilli à Wikimedia France mais provoque des réticences côté suisse où l’on craint une féminisation de Wikipédia. Alors que l’atelier a débuté, les tout nouveaux péons commencent à recevoir de nombreuses remarques négatives de la part d’un « wikipédien suisse très actif » … Nicolas Ray, aka Manoillon !

Comme tout wikipédien, même débutant, Natacha et Marie-Pierre se mettent en wikitraque, tombent sur Racosch et réalisent que les deux autres associés sont également membre du conseil d’administration de Wikimedia Suisse qu’elles viennent de rejoindre ! Alors qu’elles leur demandent comment ils font pour séparer leurs contributions bénévoles et celles rétribuées, elles se voient répondre qu’ils changent de casquette selon la personne à qui ils parlent. À moins d’être d’authentiques bipolaires, tout cela pue le conflit d’intérêt …

Lente sortie du bois, poussés dans le dos

Le 26 février 2016, Natacha Rault discute du problème Racosch avec Jules Xénard, aka l’administrateur et masqueur de modifications Jules78120, alors employé par Wikimedia France et promoteur du WikiMOOC (il faut voir sa vidéo amidonnée sur DailyMotion). « C’était la première fois que j’entendais parler de Wikipédiens expérimentés faisant des contributions rémunérées, j’ai donc fait des recherches sur Wikipédia à partir de leur pseudo » écrira plus tard Jules … Faut-il vraiment croire à cette naïve ignorance ? Toujours est-il que, en wikipédien expérimenté, sa wikitraque va bon train et les publireportages sont rapidement débusqués : les montres Mido (groupe Swatch), le groupe banquaire Pictet, Debiopharm et les faux-nez associés.

Jules contacte alors son collègue administrateur Kimdime, « un des Wikipédiens en qui j’ai confiance, pour avoir son avis sur la question. Il m’a conseillé très justement de contacter les intéressés dans un premier temps, afin d’essayer de régler la chose avec discrétion. » Entre les lignes on comprend que Jules ne fait pas confiance à tous les wikipédiens et qu’il préfère laver le linge sale à l’abri des regards. Dans ces conditions, les échanges d’e-mail les 29 février, 2 et 12 mars n’aboutissent naturellement à rien.

Affluence record à l'assemblée générale de Wikimedia Suisse. À gauche, on distingue Iolanda Pensa, Mourad Ben Abdallah, Ilario Valdelli et Micha Reiser. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

Affluence record à l’assemblée générale de Wikimedia Suisse (en général une trentaine de personnes). À gauche, on distingue Iolanda Pensa, Mourad Ben Abdallah, Ilario Valdelli et Micha Reiser. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina.

Entretemps, Wikimedia Suisse est en assemblée générale le 2 avril 2016. Natacha Rault, Marie-Pierre Vidonne et Gabriel Thullen (le membre du CA tenu dans l’ignorance lors de la réunion du 1er juin 2015) sont présents et ont bien l’intention de discuter du problème Racosch.

Gabriel, qui avait à plusieurs reprises soulevé le problème des contributions rémunérées lors des élections fédérales suisses de 2015 et proposé une investigation dans les Wikipedia en allemand, français et italien, comprenait à présent pourquoi ses propositions étaient restées lettre morte : deux membres du CA était déjà impliqués dans des contributions rémunérées. « La réticence du conseil d’administration suisse à aborder le problème des contributions rémunérées n’est que l’indicateur d’un problème plus profond au sein du chapitre. Le manque de transparence, la confusion des rôles et les conflits d’intérêt ont tous contribué à déplacer le centre des activités du chapitre loin de sa mission première qui devrait être le soutient des éditeurs bénévoles locaux. Si les éditeurs commencent à être payés au lieu faire du bénévolat, cela n’affectera-t-il pas la manière dont le travail bénévole est perçu ? Cette attitude va directement à l’encontre des valeurs et la culture de Wikipedia. »

Frédéric Schütz et Stéphane Coillet-Matillon lors de l'assemblée générale de Wikimedia Suisse, 2 avril 2016. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

Frédéric Schütz et Stéphane Coillet-Matillon ravis lors de l’assemblée générale de Wikimedia Suisse, 2 avril 2016. CC-BY-SA-4.0 Mauro Cassina (aka cassinam)

L’assemblée générale de WMCH se passe dans de mauvaises conditions. Commençant relativement tard, les discussions s’attardent sur des problèmes de vote avec plus de votes que de participants … Par ailleurs, afin de ne léser personne parmi les italophones, germanophones et francophones, les débats de WMCH se tiennent en anglais … et on n’est pas sûr que tout le monde suive dans cette langue. Lorsque le problème des contributions rémunérées arrive enfin sur le tapis, Stéphane Coillet-Matillon et Frédéric Schütz (Nicolas Ray est absent : c’est son anniversaire) jouent profil bas et minimisent systématiquement leurs contributions rémunérées.

Les frondeurs font face à des wikimédiens crédules qui font bloc autour de ceux en qui ils avaient placé leur confiance. Les estomacs criant famine, les sujets délicats sont escamotés et tout le monde s’en va engouffrer une pizza en plein milieu de l’après-midi. La prochaine fois, WMCH ferait mieux de commander des sandwiches et de mener les débats jusqu’au bout …

Lunch des membres de Wikimedia Suisse après l'AG du 2 avril 2016. Les frondeurs Natacha Rault (aka Nattes à chat), Marie-Pierre Vidonne (aka LaMèreVeille) et Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane) font la moue. CC BY-SA 4.0 Auteur: Muriel Staub (aka MurielDamiana)

Lunch des membres de Wikimedia Suisse après l’AG du 2 avril 2016. Les frondeurs Natacha Rault (aka Nattes à chat), Marie-Pierre Vidonne (aka LaMèreVeille) et Gabriel Thullen (aka GastelEtzwane) font la moue. CC BY-SA 4.0 Auteur: Muriel Staub (aka MurielDamiana). NB: le noir et blanc est de l’auteur de la photo.

Suite à ce cuisant échec, les frondeurs n’ont pas d’autre choix que le déballage public. Le soldat Jules s’en charge en mettant les pieds au bistro le 6 avril 2016, sans révéler de nom bien entendu. Ça c’est réservé aux initiés de la clique IRC.

Méthode Racosch

Dans le merveilleux monde de Wikipedia, plein de wikilove, dans « le plus grand projet de l’humanité », on sait comme s’y prendre pour … faire cracher au bassinet !

La méthode de travail prend simplement exemple sur la mafia. Menacer puis extorquer une « protection ». Ainsi fut-il fait pour la fiche consacrée à l’horloger Mido et originellement créée par un compte à objet unique. Dans un premier temps, Nicolas Ray (Manoillon) barde la fiche de {{refnec}} en décembre 2015 et indique en commentaire de modification : « Neutralisation – mise en forme – admissibilité très douteuse ». Chris a liege propose mécaniquement l’article à la suppression le 9 décembre : l’un des associé vote la suppression, l’autre la conservation. Racosch prend ensuite contact avec Mido et l’avertit du « danger » tout en lui proposant une « protection ». Leo Fischer/Pplc « améliore » ensuite l’article et Manoillon change son vote en neutre … L’article est conservé par Leo Fischer/Pplc, tout propret : Mido a payé.

Pour le publireportage sur Debiopharm, les joueurs sont plus nombreux. Dans l’historique de la fiche, on retrouve Manoillon et Wicodric mais aussi Emoso, compte à objet unique depuis août 2011, et Ibeldan,  compte rétribué pour la création de la fiche Jorge Cañete et intervenant de manière très sporadique, à la manière d’un faux-nez ou d’un homme de paille. Ensemble, ils sont responsables de plus de 91% du texte sur Debiopharm.

©Migros/Racosch avec la participation désintéressée de fr.wikipédia.org.

©Migros/Racosch avec la participation désintéressée de fr.wikipédia.org.

À ce jour, les associés de Racosch ont officiellement admis les publireportages suivants :

  • Romande Energie, depuis le 15 décembre 2014
  • Groupe Pictet & NPOV depuis le 18 juillet 2015
  • Mido (montres) & PàS en décembre 2015
  • Groupe Mirabaud, depuis décembre 2015
  • Debiopharm (& PàS) depuis le 13 janvier 2016
  • Fécondation in vivo assistée (depuis le 22 février 2016) pour le compte de In Vivo Clinic
  • Fondation Leenaards, depuis le 11 avril 2016
  • Infomaniak, depuis mai 2016
  • Association des banquiers privés suisses, mai 2016

On ne va pas ici détailler les péripéties de chaque article sur Wikipedia en français ou en anglais. On soulignera simplement que ces déclarations interviennent de manière extrêmement tardive et uniquement suite à la dénonciation de deux péonnes alors qu’au moins 7 (ex-) administrateurs, dont certains sont également membres des conseils d’administration de Wikimedia France et Suisse, sont au courant depuis le 15 août 2015. Ceci démontre encore une fois la dérive marchande des wikipédiens et wikimédiens, le manque total d’éthique et d’honnêteté intellectuelle, la pratique sans aucune honte du double jeu qui consiste à pourchasser les péons pour manque de sources, de neutralité ou faux-nez alors qu’ils recourent exactement aux mêmes méthodes.

Des conséquences ?

Faut pas rêver : on est sur Wikipédia, un village sicilien où tous les habitants savent qui fait quoi et pratiquent l’omertà. Les pratiques mafieuses y sont vues comme inévitables et sont de facto acceptées avec résignation.

Bien entendu: pas de requête officielle de vérification d’IP pour les comptes concernés.

Les wikipédiens vont tout de même organiser un micro-trottoir, histoire de prétendre que la communauté fait quelque chose. Résultat:

  • Est ce que les conditions d’applications sont suffisantes ? NON
  • Possibilité d’être admin, de s’exprimer dans les décisions communautaires (PaS…) NON
  • Quelles attitudes adopter en cas de contributions rémunérés sur un article ?
    1. Message « contributions rémunérés » sur la PDD du contributeur pour qu’il s’identifie (censé être obligatoire actuellement) OUI
    2. Bandeaux en haut des articles modifiés NON
    3. Catégorie cachée pour faciliter la maintenance [[Catégorie:Article sous contribution rémunérée]] NON
    4. Création de comptes dédiés (par exemple Monpseudo$, Monpseudo€ ou autre) OUI
    5. Blocage indéfini des contributeurs payés NON
    6. Obligation d’indiquer en pdd d’article que l’on a fait des modifications dans le cadre d’un travail rémunéré OUI
    7. Interdiction à un compte rémunéré de modifier un article pour lequel il a été payé (ou limitation du droit) OUI
    8. Pas de solution formelle 9 COMMENTAIRES

Le plus problématique dans ce « sondage » est le refus des wikipédiens de voir les articles concernés tagués d’une mention « publireportage » comme cela se fait dans la presse papier. Il semble que l’on s’oriente vers une relégation de ces informations sur les pages dont le lecteur lambda ne soupçonne même pas l’existence.

Épilogue

Merci à toi le péon qui passe des dizaines d’heures à apporter gratuitement du contenu picoré sur le net ou (beaucoup plus rarement) dans les bibliothèques. Ton travail bénévole et désintéressé n’est pas perdu pour tout le monde. Les administrateurs qui te censurent à longueur d’année et les wikimédiens qui collectent les fonds puis se servent dans la caisse, veillent à transformer ton travail en profit pour eux.

Wikipedia n’est plus qu’un emballage pour publireportages.

Post-scriptum 2017 : un an plus tard

La page de discussion de Popo le Chien a été nettoyée avec la complicité de Trizek/Benoît Évellin (salarié de la WMF) mais on retrouvent les archives ici … malgré la volonté claire de S. Coillet-Matillon de ne pas avoir de redirection comme il est d’usage. Le journal des blocages de Popo le Chien et de PPLC restent vierges.

La page de discussion de Manoillon a été archivée. Le journal des blocages de Manoillon est toujours vierge.

La page de discussion de Schutz ne contient rien à propos de Racosch. Son journal des blocage reste vierge aussi bien en Français qu’en anglais, de même que pour son faux-nez. Frédéric Schütz est toujours membre du conseil d’administration de Wikimedia CH.

Racosch va bien et continue à éditer Wikipedia, probablement avec des faux-nez inconnus à ce jour ou des hommes de paille. Il couvrent à présent le marché germanophone grâce à l’aide de leur complice Sucomo Consulting.

Après ces révélations, Wikimedia CH a tenu un premier atelier sur la gouvernance le 22 juin 2016; un deuxième a eu lieu le 14 juillet 2016 avec la « participation » d’un « expert ». Le compte-rendu contient des platitudes affligeantes mais le diamant est cette déclaration:

« Avoir un conflit d’intérêt n’est pas un problème. »

C.Q.F.D.

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