Léon Smet, père de Johnny Halliday, n’est plus encyclopédique

On a déjà vu que confier la rédaction d’une encyclopédie à des informaticiens pouvait mener à un chamboulement des hiérarchies classiques. À l’occasion du décès de Johnny Hallyday, on peut mettre en évidence un autre phénomène : la vengeance des fans et le « nettoyage » supposé pro domo des fiches de Wikipédia.

L’effet charognard a tourné à plein régime sur Wikipédia lors du décès de Jean-Philippe Smet aka Johnny Hallyday, 110 millions d’albums vendus. La fiche dédiée est passée du très honorable 190.942 octets et 302 « notes et références » le 3 décembre 2017 à  219.080 octets avec 410 « notes et références » le 20 décembre auxquels il faut ajouter l’indispensable et hautement encyclopédique Mort et obsèques de Johnny Hallyday (déjà près de 48 494 octets et 72 « notes et références »), notable puisque « vu à la TV » (1).

C’est déjà plus que Napoléon 1er (215 040 octets) … Mais ne soyons pas cruels restons fair-play et comparons dans la même catégorie musique. La fiche consacrée à Johnny Hallyday présente donc beaucoup mieux que celle de Nana Mouskouri (350 millions d’albums vendus, toujours vivante) et ses misérables 16.056 octets ou ce minus d’Elvis Presley (plus d’un milliard de disques vendus, bien mort, mais il y a trop longtemps pour piller la presse en ligne) et ses 83 116 octets avec 158 notes et références seulement, battu de peu par W. A. Mozart (plusieurs milliards d’albums vendus) avec 85 295 octets mais seulement 52 références (il n’y a sans doute pas assez de littérature fiable sur le sujet).

Mais on est toujours le pauvre d’un plus riche que soi et Johnny est toujours moins bien traité par les encyclopétants que le chanteur bretonnant Alan Stivell : 246 142 octets et 297 notes et références … Qu’en sera-t-il à sa mort? Doublera-t-on la longueur de sa fiche?

Le Johnny fan club a quand-même réussi à lier dans un portail encyclopédique 356 fiches dont celle dédiée à son géniteur, Léon Smet (historique) qui n’a été encyclopédique que pendant 5 mois. La procédure de suppression a été initiée par PHIL34, fan de Johnny (des dizaines de pages créées)(2) qui voulait sans doute, ne fut-ce que symboliquement, « tuer le père indigne » par procuration. Les paragraphes « essentiels » sont tout de même conservés dans la fiche consacrée à « la » Famille Smet (alors qu’il y en a des dizaines en Belgique).

Sur le fond, l’existence de la page Laeticia Hallyday (13 621 octets, soit déjà plus qu’un Prix Nobel de littérature 1961), dont on cherche en vain un quelconque élément de « carrière » au sens des CAA, n’est pas plus justifiable que celle sur Léon Smet. Mais la page de suppression lancée par Pierre-Yves Baudouin (Pyb, ancien et nouveau président du CA de Wikimédia France, grand amateur de fromages) n’a pas réussi à fusionner sa fiche à celle du mari.

Quant à la deuxième épouse Babeth Étienne, elle est sujet encyclopédique depuis 10 ans grâce à deux mois de mariage mais aurait aussi pu tomber dans les oubliettes de Wikipédia grâce à un procès en suppression initié selon les mêmes procédés fanatiques par le gardien du temple PHIL34, pensant sans doute éliminer l’ancienne épouse éliminable et ne laisser de trace que pour l’ultime élue qui n’a que le seul fait d’avoir été l’épouse de Johnny Hallyday pour toute plume à son chapeau … Las! Babeth Étienne fut quand-même actrice et sa biographie est solidement construite grâce à deux paroles de l’idole et trois titres de films où elle a figuré, copiés-collés depuis l’inépuisable imdb.com.

Cependant les cerveaux des geeks trentenaires qui fabriquent Wikipédia comme on fabrique du cervelas Migros sont moins portés sur le rock des années 60 est ses queues de comète que leurs ainés. Ils préfèrent les Pokémons qui ont des kilomètres d’octets d’avance sur les illustres personnages cités plus haut.

Sic transit gloria mundi.

(1) Bizarreries wikipédiennes: la page Mort de Michael Jackson (101 893 octets à ce jour), bien que vouée à la suppression, est toujours bien en ligne et même régulièrement modifiée. David Bowie n’a pas (encore) la sienne; les sources ne manquent pourtant pas. Celle sur les funérailles d’Elisabeth II n’est pas encore en préparation alors que la presse y consacre des articles depuis des années.

(2) Par exemple la fiche fanzine hautement encyclopédique ‘Liste des chansons écrites par Michel Mallory pour Johnny Hallyday‘.

Post scriptum et mise en abime: il arrive que Wikipédia ne soit pas très critique avec les sources et que les journaux ou les écrivains reprennent les erreurs qui y figurent comme source fiable, tout comme les journalistes, mêlant paresse et incompétence; erreurs qui deviennent sources grâce aux principes de fonctionnement de Wikipedia, phénomène de plus en plus fréquent.

Publicités
Cet article a été publié dans Analyses. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s