Wikibuster, une démarche citoyenne

Nous apportons notre pierre à la « concertation citoyenne sur les enjeux sociétaux et économiques liés aux transformations numériques » du Conseil National du Numérique.


Il est grand temps de dénoncer la désinformation massive qui s’opère sur le web autour du droit d’auteur, de rappeler que le travail appartient en premier lieu à ceux qui le produisent et non à ceux qui en profitent en le consommant.

Si l’on devait proposer une réforme du droit d’auteur basée sur la cohérence et la justice on ne chercherait pas à réduire sa durée mais bien à l’aligner sur celle de la propriété matérielle. Ainsi une maison de maçon léguée reste propriété familiale sans limite de temps, 500 ans ou plus sans que cela gêne qui que ce soit. En revanche une oeuvre littéraire sera confisquée 70 ans après la mort de l’auteur. Deux poids deux mesures en vertu de quoi ?

L’amalgame qui est fait entre le Domaine Public et les « biens communs » qu’il faudrait protéger au même titre est manipulateur, comme la suite du texte. Le Domaine Public permet à la connaissance et aux oeuvres de rester en contact avec la réalité économique en permettant la création d’oeuvres dérivées commercialisables, les contrats d’exploitation des oeuvres numérisées permettent la coexistence de la culture et de l’économie et profitent à chacun d’entre nous.

A l’opposé les prétendus « bien communs » traduits habituellement par la quasi marque politique « Creative Commons » ont pour but de littéralement collectiviser la connaissance et la culture. L’habillage sophistiqué du concept ne doit pas cacher que c’est la formule BY-SA qui est poussée par cette organisation qui prétendait à ses débuts aider les auteurs et qui milite à présent pour une « réforme globale du droit d’auteur ». Cette formule interdit en pratique la création d’oeuvres dérivées car quiconque réutilise une oeuvre devra en paiement publier son propre travail sous le même régime, pire encore n’importe qui pourra commercialiser cette oeuvre pour son bénéfice exclusif et sans avoir produit aucun effort. Creative Commons en raccourci c’est « tout travail mérite d’être exploité, comme son auteur ». Mais tout le monde n’est pas perdant avec CC, les plateformes de diffusion Internet telles que Google ou Wikimedia Inc. peuvent s’enrichir à loisir, Google l’agence de publicité place ses encarts publicitaires au téléchargement des oeuvres, Wikimedia matraque un mois par an des messages d’autopublicité qui lui rapportent des dizaines de millions d’euros.

Prenons donc garde aux discours pervers consistant à assimiler la promotion de Creative Commons à la défense du Domaine Public car cette idéologie n’a pas d’autre ambition que de dévorer ce dernier pour faire des oeuvres et de la connaissance en général (ex. Wikipédia) un instrument de conquête et de pouvoir.

Wikibuster, CNNumérique, 19/01/2015

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8 commentaires pour Wikibuster, une démarche citoyenne

  1. claudemariotti dit :

    Encore un bon article et de bons commentaires. J’y ajoute bon grain de sel après m’être amusé à citer quelques classiques, les adaptant au contexte. « Cette encyclopédie est la pire dans de nombreux domaines, en particulier ceux de la sélection des sources, du professionnalisme, de l’impartialité. Bref de l’intelligence. Par bonheur elle est la première dans de nombreux domaines, en particulier ceux du mauvais usage des sources, de l’amateurisme, de la partialité. Bref de la tromperie. J’en oublie: « m’as-tu-vu » des petits chefs, arrogance des matons… Cette bêtise des matons, je la haïrais davantage si je la méprisais moins. Bref, Wikipédia est la reine des encyclopédies, car la sottise est la reine des sots. »
    Si l’on peut faire un lien entre l’objectif de l’Encyclopédie des Anciens avec, à notre époque, l’objectif de ‘’France Culture’’, je crois que pour trouver une concordance avec Wikipédia, on serait bien embarrassé, c’est un mélange de dictionnaire hétéroclite, d’informations dignes de ‘’France Dimanche’’ ou ’’Détective’’
    Sebrider, tu dis « Wikipédia crée la connaissance COMMUNE afin de forger des hommes. » Tu as été inspiré en écrivant cela, car s’agissant de véritable création, wp n’a jamais su ce que c’était, elle n’a jamais été créative (ça se saurait), elle se borne à recenser les infos qui l’arrangent, les moins originales, et interprète du mieux qu’elle peut pour en asséner une Vérité. Ainsi elle dérange le moins de monde possible (sauce wikipédienne, esprit « collaboratif », tous sont complices mais y sont contraints). Wp lamine donc toutes les connaissances qui n’entrent pas dans ce moule. Le résultat, c’est l’élaboration, la diffusion, de la Pensée Bête. Bref, oui, une « création ».
    Wikipédia prétend s’occuper de connaissances, elle prétend savoir gérer un projet fumeux d’encyclopédie rédigée par des non spécialistes, régentée par des administrateurs psychorigides par obligation (tout, en effet, doit y être trivial – et le rester). Ses laudateurs ont bon dos d’avancer que c’est une encyclopédie en devenir, évoluant sans cesse. Oui elle évolue, elle évolue en quantité, et en forçant la dose sur les sources les plus triviales qui justifient les nouvelles informations données (ainsi que les plus anciennes) – car plus il y a de sources de triviales, plus cette trivialité, qui se donne l’apparence de l’objectivité, est assumée, et semble justifiée pour monsieur tout-le-monde.
    Einstein disait : « L’imagination est plus importante que la connaissance. » Encore eût-il fallu que la connaissance sélectionnée et diffusée par Wikipédia fût la bonne. Quant à l’imagination n’y pensez pas.

  2. Wikibuster dit :

    1/ L’expression « le travail appartient à celui qui travaille… » se retrouve partout, http://www.quetes.fr/le-but/83-psychanalyse-du-lien-au-travail-notes-de-lecture

    2/ Le maçon peut louer sa maison et en tirer des revenus, les revenus locatifs dépassent très certainement de loin les revenus du droit d’auteur.

  3. sebrider dit :

    Comme les religieux ne forcent pas croire en Dieu mais tout est mis en place pour faire croire en Dieu. Et, ceux qui ne veulent pas y croire sont jetés au bûcher ou bannis de la communauté. Et ceux qui croient encore au père Noël (idéologie) est considéré comme fou et celui qui croit au bon dieu (religion) est considéré comme sains d’esprit. De la même manière, ceux qui ne croient pas à la providence de wikipédia et google sont considérés comme fou. C’est la logique de toutes les sphères communautaires sans citoyenneté (droit individuel). La force immanente des problèmes ne vient pas directement de Google et de Wikipédia mais de la communauté elle-même sans droit individuel même si il existe des lois. Mais, ces lois ne sont pas appliqués aux administrateurs et leurs complices qui se prennent ainsi pour des personnes de bien. C’est ceux là qui forcent à croire à la puissance de leur église et de leur dieu Google et Wikipédia. il légitime leur raison d’être par leur mission de donner la connaissance à tous. Mais, ils réduisent la connaissance à leur propre tête. Ils rejettent tous les esprits critiques qu’ils considèrent comme des terroristes mettant en danger leur église, leur foi ou leur pouvoir.

  4. simple-touriste dit :

    Quelle salade.

    Google ne vous force à rien.

  5. sebrider dit :

    Il est vrai que c’est plutôt « la force de travail » (phénomène immanent) et non le travail lui-même.

    Cependant, on emploie souvent dans la langue courante « travail » au lieu de « force de travail. Ce qui induit souvent en erreur comme le critique Marx contre de nombreux points du programme de Gotha de 1875. Le travail tout seul peut-être vu comme un phénomène transcendant et absolue : « travailler plus pour gagner plus » (Nicolas Sarkozy) ou « Le travail appartient ainsi à la vocation de toute personne » (Jean-Paul II), Dans ce cas, le travail transcende l’homme. Le travail crée l’homme grâce à Dieu ou au Capital. C’est aussi le point de vue des libertariens comme Google et Wikipédia. Selon cette religion, Google et Wikipédia créent la connaissance commune afin de forger des hommes. Or, chez Marx, c’est la force de travail générée par l’homme lui-même qui forge le travail et la connaissance. Le travail émane de la nature et des hommes par leurs forces communes de travail. Ce sont donc les humains aidés de la nature qui usent des forces naturelles dont la leurs pour produire du travail social. Or, ce travail social est spolié au profit du Capital dont Wikipédia et Google. Ces organisations ne produisent pas de travail social, mais use de la force de travail des autres pour mettre en avant leur organisation au détriment des tenants de la force de travail (membre de wikipédia par ex.).

  6. simple-touriste dit :

    Il n’y a pas de confiscation parce qu’il n’existe pas de propriété.

    Si vous voulez faire une comparaison avec la maison, c’est : l’artiste est propriétaire de l’objet PHYSIQUE qu’il a créé, point. Il n’y aurait PAS de droit d’auteur.

    Le droit d’auteur est un compromis fait pour inciter le travail des artistes.

  7. Wikibuster dit :

    Comme Paupaul qui donne des leçons et qui se plante presque à chaque ligne, les wilâtres ont beaucoup de points communs je trouve.

  8. simple-touriste dit :

    « le travail appartient »

    en français ça donne quoi?

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