2014 : Naissance d’une mouvance anti-commoniste ?

Nous avons le plaisir de présenter un nouveau blog, « M’en biens communs », avec une thématique « anti-totalitariste spécialisée dans le commonisme » à sa création. C’est résolument critique, très volontaire et on sent une vraie capacité à trouver des informations. Souhaitons-lui la bienvenue dans le petit monde naissant de l’anti-commonisme ! 🙂

Voici reproduit avec autorisation le second des trois billets disponibles à ce jour.


Creative embrigadement.

Vous êtes en admiration devant les auteurs qui placent leurs œuvres sous licence creative commons ? Vous les percevez comme des personnes généreuses partageant avec vous le fruit de leurs efforts ? Mieux, vous les croyez quand ils vous déclarent qu’ils ne considèrent pas leurs œuvres comme le fruit d’un travail ? Vous leurs prêtez foi lorsqu’ils vous annoncent n’estimer détenir aucun droit sur leurs œuvres ?

Nous allons vous détromper : ces allégations relèvent bien trop souvent de la duplicité.

Davantage, elles dépassent l’inoffensive stratégie commerciale pour contribuer à un vaste système pernicieux.

Certains artistes, comme des photographes, placent quelques-unes de leurs œuvres sous des licences creative commons, telles que CC-BY, afin qu’elles circulent. Cela leur permet tant d’accroître leur notoriété que de vendre d’autres œuvres soumises au droit d’auteur.

De même, une étude coût-bénéfice peut conduire des chanteurs à abandonner d’hypothétique droit d’auteur pour développer leur notoriété et vendre davantage de places de concerts. Les stratégies de valorisations par les licences libres sont variées et multiples. Elles semblent aussi judicieuses que légitimes.

Il est d’ailleurs même envisageable de valoriser son travail en le mettant à disposition sur des réseaux de téléchargement illégal.

Sans peut-être aller jusque-là, Neil Jomunsi, auteur d’un texte intitulé Dans PIRATAGE, il y a PARTAGE écrit ainsi :

  • s’ils n’aiment pas mes livres, ils ne les téléchargeront plus (ils ne sont pas masos, non plus)
  • s’ils les aiment, ils continueront de les télécharger et les conseilleront à leurs amis, leurs parents, leurs collègues. Sans le téléchargement, ces gens n’auraient jamais entendu parler de mon livre, à moins qu’il ne soit soutenu par une grande maison d’édition. Parmi eux, certains téléchargeront. Et d’autres l’achèteront, parce qu’ils savent que derrière, quelqu’un travaille à leur divertissement et que comme eux, il a besoin de payer ses factures.
  • Mais quel est donc le problème alors, nous diriez-vous ?

Et bien, le problème vient du fait que certains de ces auteurs sont récupérés par des militants commonistes qui réclament l’abrogation du droit de la propriété intellectuelle – et plus largement de différents types de droits de propriété en détournant les travaux d’Elinor Ostrom – et font fantasmer sur des mondes où nous serions tous d’heureux joyeux créateurs.

D’individuelles stratégies marketing sont ainsi instrumentalisées pour soutenir des politiques populistes non exemptes de dangers.

Des approches économiques éclairées dérivent en alliances obscures.

Des auteurs ne pouvant avouer (ou s’avouer) qu’ils opèrent une simple stratégie commerciale se mettent à soutenir que l’ensemble du droit de la propriété intellectuelle est néfaste.

Des auteurs désespérés ne pouvant avouer (ou s’avouer) qu’ils ont échoué à toucher des droits d’auteur se mettent à soutenir que l’ensemble du droit de la propriété intellectuelle est nocif.

Communauté trouvée, confort moral et dernier espoir : la promotion assurée en milieu commoniste.

De perdants, ils se transforment en modèles.

Peu à peu, ils convainquent les autres et en viennent à se convaincre eux-mêmes…

…et l’on oublie que des stratégies marketing individuelles ne peuvent nécessairement se poser en solutions universelles….

…et l’on oublie qu’il ne s’agissait que de stratégies de marketing, et non d’idéaux romantiques de partages.

Assez !

M’en Biens Communs, 11/11/2013

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25 commentaires pour 2014 : Naissance d’une mouvance anti-commoniste ?

  1. Menbiens dit :

    @simple-touriste Oui. Page effacée. On a finalement décidé d’avoir un champ d’action un peu moins restrictif et offensif. Question à l’étude.

  2. sebrider dit :

    « Mais l’autorégulation vaudra toujours mieux qu’un petit potentat d’entre-soi, propre à toute organisation fermée. »

    Or, l’URSS est une autorégulation.

    Les mouvements des sociétés type communalistes (cf Alexandre Zinoviev) génèrent inévitablement une hiérarchisation selon des compétences communautaires (individualistes et administratives). Wikipédia en est aussi un bon exemple.

    Lire la suite ici : « Comment guérir les maux des phénomènes communaux innés à toute société ? »

    S. Lemoine

  3. ssqtch dit :

    @Wikibuster : Je ne veux poser aucun problème, et il n’y a aucune urgence à répondre. Nous sommes sur un blog que vous gérez à votre guise, et ces messages seront encore là la semaine prochaine !

    Sur les différences entre commonisme et communisme, je vous renvoie à de premiers éléments de réflexion échangés avec Calimaq et d’autres contributeurs en commentaire sous l’article disponible ici : http://scinfolex.com/2013/10/10/revolutionnaire-et-si-la-celebre-photo-de-che-guevara-etait-dans-le-domaine-public. Mais bien sûr, ce ne sont que quelques ébauches de réflexion, ces thématiques se prêtent difficilement à des échanges de type « forum », généralement vite expédiés et un peu imprécis. C’est la limite du genre, disons.

  4. Wikibuster dit :

    @ssqtch : Vous me posez un problème bien plus grave que « simple-touriste » qui croyez-moi n’est pas facile à gérer. Je ne sens pas très bien de vous répondre en expédiant mes réponses et je suis en grave manque de temps. Je vais donc poster votre commentaire comme un billet en attendant de pouvoir vous répondre.

  5. ssqtch dit :

    @Wikibuster :

    Vous avez à mes yeux une lecture très orientée et baisée des écrits de Calimaq ou encore de Guillaume Champeau. Comme vous vous en doutez, je suis de près et depuis longtemps leurs travaux, et je suis désolé mais n’y figure pas la perspective de « grand soir du droit d’auteur » que vous redoutez tant.

    Lire la suite ici : « La grande vague du libre est-elle inéluctable ? »

  6. Wikibuster dit :

    @Menbiens : C’est clair, le « partage » des informations ça a de l’avenir ! 😉

  7. Menbiens dit :

    @Wikibuster  »j’ai capté des dialogues qui ne laissent aucun doute sur leurs ambitions, on parle sans complexe de grand soir du droit d’auteur » : idem ! Il faudra qu’on fasse les archives de tweets un jour ^^

  8. Menbiens dit :

    @ssqtch

    Sur le :
    1) Vous déformez encore
    « plaquer sur un ensemble les propos d’une petite frange, est inacceptable. »
    Il y a écrit : « DES militants commonistes », pas « LES militants commonistes ».
    2) Pas dans le texte, je passe.
    3) Pas dans le texte, je passe.

  9. Wikibuster dit :

    1) Je constate que certains « commonistes » tiennent un discours modéré et j’ai discuté longuement avec eux. Tant mieux mais ça ne me rend leurs points de vue sur le logiciel prétendu libre par ex. ni plus fondé ni plus sympathique. J’ai aussi côtoyé de nombreux autres franchement infectes, sur Wikipédia en particulier. Je suis le matraquage systématique d’un Calimaq et des journalistes de Numerama et j’ai capté des dialogues qui ne laissent aucun doute sur leurs ambitions, on parle sans complexe de grand soir du droit d’auteur. Donc je ne me laisserai surement pas amadouer par vos appels à la modération. J’ai également le souvenir de trop de gens humiliés et laminés sur Wikipédia sous le contrôle des mafieux d’admins et pour eux aussi je ne lâcherai jamais le combat.

    2) CC s’est déjà largement discrédité, ils se sont longtemps présentés comme de bon samaritains apolitiques, mais cette page est tournée. Ils s’affichent maintenant comme des militants politiques (visant un changement de la loi), il est logique qu’ils assument une opposition, elle arrive. Je n’ai aucun besoin de démontrer quoi que ce soit, il me suffit de décrire ce que je vois et d’attirer l’attention de la presse, ensuite je retournerai à mes projets. Quant au conspirationisme je vous retourne l’argument, jusqu’à présent je me contente d’utiliser les mêmes techniques que les Wikimedia et autre Calimaq sur le blog et sur Twitter, mais je suis un véritable agneau ne craignez rien de moi, regardez l’illustration ici.

    3) Le lien entre néo-communisme et commonisme est trivial, mais comme indice je vous signale que le gourou R. STALLMAN s’est déclaré « contre l’économie de marché ». Oui je sais il ne représente pas tous les « libristes », mais quel est le souci disons que je combats seulement les ultras. En effet je ne maitrise pas la pensée de K. MARX et des « Communs » et j’ai hâte de savoir ce que vous pouvez en dire vous-même. « commoniste = communiste = stalinien = dictature = fachos » : J’aime beaucoup votre équation, ça colle pas mal avec ce que j’ai vu sur Wikipédia. « Les commonistes sont sensibilisés, pour ce qui m’apparaît, aux difficultés que posent la propriété privée dès qu’elle est centralisée, concentrée » : Ah bon ils sont « sensibilisés » ? Cela correspond-il à ce que j’appelle « endoctrinés » ? « Système capitalisme-consumériste actuel, ou entre les mains d’un monopole public » : Houlà vous êtes sûr que ce n’est pas du vrai communisme ça pour le coup ? « Une petite caste confisque, et ruine toute forme de modèle contributif » : Quel modèle contributif a été ruiné ? Wikipédia se porte comme un charme il parait.

    4) « Je n’ai pas du tout l’intention de discuter avec vous de Wikipédia » : C’est dommage parce que c’est mon vrai sujet, griefs superficiels la tricherie systématique avec les règles, la mafia, l’élimination et l’humiliation des contributeurs ? Ah oui « on a pas les mêmes valeurs » c’est clair. Alithia insupportable, certes j’ai du la subir moi aussi, mais vous savez quoi ? Elle avait raison sur de très nombreux sujets et bien avant beaucoup d’autres, dont moi-même. Le fait que Wikipédia soit un exemple d’application de Creative Commons est gravement à charge selon moi. Et oui sur ce blog on pratique le pluralisme et la liberté d’expression, pour comparer allez juste écrire « wikibuster.org » sur n’importe quelle page de discussion de Wikipédia pour voir comment c’est censuré par robot : Wikipédia, un grand projet humaniste !

    5) CC n’a pas parlé « d’abrogation du droit d’auteur », en effet pas encore. Ces gens devraient se mêler de leurs affaires au lieu de s’improviser juristes ou défenseurs des auteurs. Ils n’ont qu’à créer leurs propres œuvres et les mettre à disposition de tous en licence CC. Rien ne les en empêche à ce jour et ils sont bien illégitimes à s’attaquer au travail des autres. La liberté de chacun de choisir ce qu’il advient de son propre travail, c’est ce que moi je prétends défendre.

  10. ssqtch dit :

    Rapidement :

    1) vous commettez une erreur très grave, qui est d’assimiler ce que pourraient professer certains « ultras » (qui n’est d’ailleurs pas forcément une hérésie à moyen terme, mais passons), à ce que proposent la majorité de ceux qui se disent commonistes. Je ne prétend pas parler pour eux, mais je les lis régulièrement, je suis en particulier les travaux de gens comme Calimaq ou Aigrain, et j’apprécie leur modération et leur hauteur de vue, deux qualités que je n’ai pas encore trouvées ici. Cette erreur, qui consiste à plaquer sur un ensemble les propos d’une petite frange, est inacceptable. C’est, mutatis mutandis, « l’erreur » qui consiste par exemple à confondre musulmans et fondamentalistes islamistes : elle fonde les pires dogmes, cette erreur. Vous vous grandiriez à ne pas la reproduire.

    2) vous dites que le programme de CC « n’est pas sincère », mais vous n’avez aucun argument à l’appui de cette accusation. Votre seul argument : attendez de voir quand ils auront le pouvoir ! D’abord, je n’ai lu personne chez CC aspirer à prendre le pouvoir, et ensuite, et surtout, un procès d’intention n’a jamais constitué un argument valable. Vous ne démontrez jamais en quoi CC, ou d’autres commonistes, seraient animés d’une sorte de conspiration les poussant à avancer masqués. Personnellement, j’appelais à une « profonde réforme du droit d’auteur » bien avant que CC se réveille. Ah mais on note donc à nouveau cette petite note de conspirationnisme, il me semblait bien l’avoir déjà détectée deux ou trois fois ici.

    3) vous parlez d’intentions néo-communistes au sujet de CC, de manière là encore parfaitement infondée, je crains. D’abord parce qu’il faudrait commencer par définir cette amusante notion de « néo-communiste », et ensuite parce que j’ai eu l’occasion moi-même de discuter avec des commonistes des inspirations idéologiques desquelles se nourrir. Si les thèses de Marx (mais aussi de certains libéraux classiques) font indéniablement partie du corpus idéologique pertinent, le commonisme tel qu’il est actuellement esquissé est radicalement différent du communisme, en particulier sur sa gestion du concept de propriété. C’est sans doute parce que vous ne maîtrisez pas assez les concepts de la pensée marxiste, d’une part, et les concepts des Communs, d’autre part, que vous pratiquez ces amalgames grossiers, qui n’ont pas d’autre but que de caricaturer et excommunier. C’est simple : commoniste = communiste = stalinien = dictature = fachos. C’est confondant de bêtise, ce type d’enchaînement, on oscille entre sophisme débile et procès d’intention, là encore. Les commonistes sont sensibilisés, pour ce qui m’apparaît, aux difficultés que posent la propriété privée dès qu’elle est centralisée, concentrée. Qu’elle soit concentrée entre les mains d’un monopole privé, comme dans notre système capitalisme-consumériste actuel, ou entre les mains d’un monopole public, comme dans les systèmes totalitaires de type communiste, c’est idem : dans les deux cas, une petite caste confisque, et ruine toute forme de modèle contributif.

    4) je n’ai pas du tout l’intention de discuter avec vous de Wikipédia, dans la mesure où j’estime que vous avez une position parfaitement irrationnelle et épidermique sur ce sujet, pour des raisons qui vous regardent. Je n’ai pas encore pris le temps de lire vos billets spécifiquement consacrés à cette encyclopédie, mais pour le peu que j’ai lu, vos griefs sont très superficiels. En tous cas, je peux parfaitement admettre que WP n’est pas parfait – d’ailleurs je ne crois pas que WP ait prétendu à cette perfection, au contraire. Mais pour avoir croisé dans le passé cette semi-démente hystérique qui se fait appeler Alithia, et qui est référencée sur votre blog, je confirme que ce n’est pas ici que j’estime pouvoir échanger intelligemment au sujet WP. Passons, j’intervenais personnellement au sujet des théories du Libre et des Communs, dont WP n’est qu’une illustration parmi d’autres. Je vous reconnais toutefois le mérite significatif de publier en tant qu’articles les réponses qui vous sont faites et les contradictions qui vous sont apportées, c’est suffisamment rare pour être souligné. J’ai vu notamment que vous aviez publié les explications de Jean-No, à cet égard.

    5) Vous m’obligeriez en reconnaissant que CC n’a pas parlé « d’abrogation du droit d’auteur », mais bien de « réforme globale du droit d’auteur » (c’est-à-dire de repenser à la fois son rôle, ses bénéficiaires réels, ses limites (y compris temporelles), l’étendue et la nature de ce qu’on appelle ses « exceptions », afin de créer, non pas « à la place » des schèmes classiques de l’exploitation patrimoniale, mais au moins « à côté », dans un premier temps, d’autres formes de diffusion de la culture et des biens informationnels, en revalorisant les biens communs, insusceptibles d’appropriation, en défendant le domaine public contre les réappropriations sauvages au prétexte d’investissements plus ou moins fumeux, et en desserrant l’étau législatif et judiciaire inacceptable des grands « ayant-droits » sur les usages anciens comme sur les usages nouveaux, prisonniers qu’ils sont de leurs bastilles mentales et de leur cupidité ontologique. Et quand je parle des ayant-droits, bien entendu je pense à des machins vieillissants comme les majors du disque ou de l’édition, mais je ne veux pas oublier les nouveaux majors que sont Google, Facebook ou Apple, qui ne sont pas des « ayant-droits » mais qui sont au moins aussi menaçants pour nos libertés d’utilisateurs et de créateurs, que le sont les oligopoles infects revendiqués par le SNEP, l’UPP, la RIAA, la MPAA ou que sais-je.

  11. Wikibuster dit :

    @ssqtch : Ne confondez pas les pseudos Wikibuster et Menbiens (qui est l’auteur du billet).
    – Les « commonistes » c’est beaucoup de monde, et oui les ultras réclament l’abolition de la propriété intellectuelle, on en a un exemplaire qui squatte ce blog : simple-touriste.
    – Le « programme » de CC n’est pas sincère, il y a un an quand je disais que Wikimedia et CC visait le droit d’auteur on me faisait passer pour un troll, mais aujourd’hui ils sont bien pour une « réforme globale ». Donnez-leur le pouvoir et vous verrez ce qu’ils font de la propriété intellectuelle et de la liberté. Pour un échantillon de leurs comportements fachos allez voir du côté des admins de Wikipédia.
    – Je ne dénonce pas seulement les déclarations des idéologues de CC mais aussi leurs intentions qui sont quand même assez grossièrement néo-communistes. Je ne crois pas que les lecteurs sont intoxiqués, c’est dit très souvent et ils sont libres de penser que je caricature. Ensuite l’histoire dira qui avait vu juste.

  12. ssqtch dit :

    Non non, reprenez le fil de cet échange, tout y est.

    1) Vous dites que des militants commonistes « réclament l’abrogation de la propriété intellectuelle » (c’est écrit dans votre article).
    2) Je vous ai répondu que non, ça n’était pas dans le programme de CC.
    3) Vous m’avez répondu que « pourtant, CC a sauté le pas en appelant à une réforme globale du droit d’auteur » (votre réponse à mon commentaire).
    4) Je vous ai répondu que « réforme globale du droit d’auteur » ne signifie en aucun cas « abroger le droit d’aureur », et j’ai mis un lien vers les propos de CC directement pour permettre au lecteur de prendre réellement connaissance de ce que propose CC.
    5) Vous m’avez répondu avec seul un lien vers un seul livre, dont l’idée va plus loin que CC (mais dont vous conviendrez qu’il ne lui est pas affilié), et dont je vous ai dit qu’il ne représentait que ses auteurs – nonobstant des axes de réflexion très intéressants. Du reste, nous n’avons pas abordé la situation des licences CC actuelles dans notre échange, que je sache.

    Je n’ai donc pas déformé vos propos. Le vice de raisonnement qu’on peut aisément déceler dans cet article et vos commentaires, c’est qu’il glisse, pas même discrètement, de la notion de « réforme globale du droit d’auteur », prônée par plusieurs entités, vers la notion « d’abolition du droit d’auteur », qui ni les libristes ni les commonistes n’ont jamais prôné dans leurs propositions (à la différence de certains économistes éminents que j’ai mentionné sous un autre de vos articles, je crois).

    J’estime donc identifier ici un cas de tentative d’intoxication de vos lecteurs. « Réforme » n’a jamais voulu dire « suppression ».

  13. Menbiens dit :

    @ssqtch Vous accusez de déformer des propos quand c’est vous qui les déformez. L’utilité des licences creatives commons est pleinement soutenu dans ce billet. On parle de dérives liées à leurs usages et non d’inutilité de ces licences.

  14. ssqtch dit :

    Définissez « piratage », je vous dirai si votre équivalence est juste !

    Plus simplement, et nonobstant les divergences notées ça et là, le « partage non-marchand » réside dans l’utilisation non commerciale d’une création. Je vous passe le mp3 d’un groupe que j’adore = non-marchand. Je diffuse un mp3 dans mon nightclub ou ma publicité télévisée = usage marchand.

    Légaliser le partage non-marchand consiste à arrêter de traiter comme un délinquant une personne qui télécharge un mp3, et à concentrer la répression sur ceux qui font un usage marchand des copies qui circulent sur le net. Un truc comme MegaUpload, par exemple, permettait à Dotcom de faire du fric sans rien reverser aux artistes. Et c’était un système centralisé, comme par hasard… MU n’est tombé que parce que MPAA et RIAA ont poussé pour que soit dégommé ce concurrent direct qui avait eu le tort de sortir une plateforme avant eux. ça n’en était pas moins un truc malsain à plus d’un titre, gavé de publicité – ce que n’est pas le P2P, protocole d’échange natif du web, et modalité bien plus saine d’échanges en ligne.

  15. toto dit :

    Très bien, je considère cela comme un aveu.

  16. Wikibuster dit :

    @toto : En vrai je suis un watoo-watoo je me suis dupliqué et ce n’est que le début !

  17. toto dit :

    m’en biens communs, un nouveau faux nez de wikibuster ?

  18. Wikibuster dit :

    @ssqtch : « légalisation du partage non-marchand » -> légalisation du piratage c’est ça ? 🙂

  19. ssqtch dit :

    Vous avez sans doute déjà évoqué dans vos pages cette autre initiative, particulièrement intéressante : https://www.laquadrature.net/fr/elements-pour-la-reforme-du-droit-dauteur-et-des-politiques-culturelles-liees

    Les idées ne manquent pas, pour rééquilibrer le droit d’auteur et briser la spirale prédatrice d’un certain nombre d’industries, qui grignotent le domaine public, réduisent les prérogatives du public et phagocytent les revenus des auteurs. Certains, mêmes partisans d’un droit d’auteur fort, y apportent des contributions constructives, pendant que d’autres se font peur au milieu d’une galerie de miroirs déformants…

  20. ssqtch dit :

    J’ai l’impression, cher hôte, que c’est vous qui vous moquez du monde en prétendant qu’une « réforme globale du droit d’auteur » serait en réalité une « abolition totale du droit d’auteur »… Alors qu’il est si simple de renvoyer aux véritables propos tenus par CC : http://scinfolex.com/2013/10/17/creative-commons-se-prononce-pour-une-reforme-globale-du-droit-dauteur/

  21. Wikibuster dit :

    @ssqtch : Sauf que CC a déjà sauté le pas, au départ il s’agissait d’aider les auteurs à publier leurs oeuvres avec des contrats standardisés, aujourd’hui ils affirment vouloir « une réforme globale du droit d’auteur », et ensuite ? Ça serait bien de ne pas se moquer du monde vous ne croyez pas ?

  22. ssqtch dit :

    Cela dit, merci pour cette référence, qui comporte des axes de recherche très intéressants, et permet de poursuivre la réflexion sur ce que devrait être la refonte des régimes applicables aux « biens » immatériels !

  23. ssqtch dit :

    @Menbiens : moui, et ? Vous avez lu ce livre ? Vous pensez pouvoir affirmer qu’il s’agit là d’une thèse universelle parmi les partisans du Libre et des Biens Communs ? Alors précisément que les licences libres et les licences CC, pour ne parler que d’elles, s’appuient justement sur le droit d’auteur, dont elles présupposent donc l’existence ?

  24. Menbiens dit :

    « Alors encore une fois, tordons le coup à cet argument parfaitement fallacieux : ni les libristes ni les commonistes, globalement, ne prônent la disparition des propriétés intellectuelles »

    => http://framabook.org/10-un-monde-sans-copyright-et-sans-monopole/
    « En formulant l’hypothèse qu’un monde sans copyright (le droit d’auteur et autre droit de propriété intellectuelle) est possible »

  25. ssqtch dit :

    Alors encore une fois, tordons le coup à cet argument parfaitement fallacieux : ni les libristes ni les commonistes, globalement, ne prônent la disparition des propriétés intellectuelles. Il n’est question que (i) d’acter des spécificités des réseaux dématérialisés et des moyens technologiques de production et de diffusion de la connaissance et de la culture aujourd’hui, (ii) de constater l’inadaptation définitive de tous les modèles économiques précédemment fondés sur la commercialisation d’exemplaires physiques par des intermédiaires économiques, et (iii) de réfléchir à une refonte des droits des propriétés intellectuelles qui bénéficiera aux créateurs, et non plus à des intermédiaires devenus inutiles. Le moyen d’y parvenir est non pas de détruire le droit d’auteur, mais de se souvenir de sa nature première : personnelle, limitée dans le temps, assortie d’exceptions, et dont le devenir est de retourner au « pot commun ».

    Partant, l’intégralité de votre fureur bancale contre la théorie des Communs et le Libre, est sans objet et donc stérile.

    Au-delà de cette erreur, qui relève espérons-le plus de la négligence et du défaut d’analyse, plutôt que du faux procès et de la propagande, je trouve particulièrement désopilant le fait de taxer les idées commonistes et les projets open source de « totalitaristes », à l’époque où les principaux webservices et constructeurs numériques (Facebook, Apple, Google, Microsoft, Amazon) procèdent à une centralisation autoritaire des données personnelles des utilisateurs de leurs produits, à une confiscation prédatrices de leurs contenus publiés en ligne (le fameux modèle du User Generated Content), imposent des « terms of use » de 40 pages parfaitement léonins, et communiquent en plus leurs données et informations aux services secrets en dehors de toute législation, en sapant ainsi les fondements démocratiques et républicains les plus vitaux que sont le respect de la vie privée, la présomption d’innocence ou encore la souveraineté nationale. Les produits open source, précisément parce qu’ils ne sont pas opérés uniquement par un éditeur privé, mais potentiellement par tous ses utilisateurs, constitue justement la meilleure défense contre les stratégies totalitaires des services marketing de ces nouveaux Big Brother du web, et les services secrets d’Etats paniqués par la désintermédiation eux aussi.

    Alors, je peux imaginer (même si c’est ridicule) qu’un ou deux trolls éjectés de Wikipédia ne cesse plus, ensuite, de crier à la censure et au copinage ; rien là d’étonnant, il est facile lorsqu’on perd de prétendre que le jeu était truqué (encore faut-il en comprendre les règles). Mais affirmer ensuite de tels contresens, sur des sujets aussi graves, c’est se faire complice, bêtement complice, des stratégies d’aliénation et d’asservissement de nature totalitaire qui sont justement le fait de ces quelques mastodontes privés et ces quelques services de renseignement.

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