Les libristes ne veulent pas détruire la propriété intellectuelle

Une réponse (en CC BY-SA comme il se doit) de Spanti Nicola à notre « Pacte de résistance à l’idéologie du logiciel libre ».

Tux
Tux, pingouin manchot mascotte de Linux.


Les libristes ne veulent pas détruire la propriété intellectuelle.

• Quand on installe Windows, on doit signer un contrat qui nous interdit de ne pas faire un certain nombre de choses. Quand on installe Debian, les développeurs donnent le droit de faire des choses que Windows interdit. Mais, c’est probablement les affreux libristes qui veulent la fin de la liberté.

• Les libristes veulent détruire la propriété intellectuelle !? Facebook et Google s’approprient les données de leurs utilisateurs et les utilisent commercialement, et il est bien connu que les données privés sont par définition sous une licence libre…, la propriété intellectuelle pour les puissants et aucun droit pour les faibles, mais ces horribles libristes défendent le contraire (la vie privée pour ceux qui n’ont pas compris)… Les libristes, à quelques exceptions près, ne sont pas des communistes intégristes qui voudraient mettre fin au droit d’auteur.

• Que vous le vouliez vous ou non, le développement « en bazar » du logiciel libre est une alternative au développement « en cathédrale » du logiciel propriétaire. Le système Debian et le contenu du Wikipédia (bien que ce ne soit pas un logiciel) sont la preuve que « le bazar » marche. Contrairement à ce que vous avez l’air de penser le libre ne s’oppose pas à l’économie et aux entreprises.

• Les entreprises y contribuent énormément, et alors ? Les entreprises c’est le mal ?

• Qui développe et peut le faire Windows ? Microsoft et… Microsoft. Qui pour le noyau Linux (qui n’est pas un système d’exploitation, juste un noyau) ? Beaucoup d’entreprises différentes, des fondations, aussi des contributeurs bénévoles et n’importe qui peut en faire partie ou faire une version dérivée (ou fork). Mais, il n’y a pas de différence…

• L’extension du droit d’auteur (au détriment du domaine public) permet le partage (Mickey Mouse Act, etc.) ? On ne pourrait pas (encore) plus partager ?

• La clause NC de Creative Commons n’existe plus ? Comme tu le dis, les libristes sont pour une réforme du droit d’auteur, pas pour son abolition.

• Benjamin Bayart a tenté de répondre au « problème » du code source avec le « logiciel libérateur » (http://edgard.fdn.fr/liberateur/). Mais comme le défend Richard Stallman, les utilisateurs (non-programmeurs) peuvent exercer un contrôle collectif du logiciel. Si Apple modifie un de ces logiciels d’une manière jugée mauvaises par ses utilisateurs, l’unique chose que peuvent faire les utilisateurs c’est se plaindre et arrêter d’acheter et d’utiliser leurs produits. Si Android est modifié par Google d’une mauvaise manière, les utilisateurs peuvent se plaindre, des développeurs peuvent faire des versions modifiées (tant que le logiciel est libre) et les utilisateurs peuvent également payer des développeurs pour qu’ils modifient le logiciel de la manière que les utilisateurs veulent.

• Qu’on ait les plans pour réparer ce que l’on a acheté légalement est fondamentale. Ainsi, n’importe qui pourra potentiellement le réparer : un particulier, une association ou une entreprise sans devoir être agrégé par le créateur ou sans faire de l’ingénierie inverse. Quand mes parents ont un problème avec leurs logements, il sont bien contents d’en avoir les plans. De plus, tu sembles confondre le compilateur ou interpréteur (l’usine) avec le logiciel lui-même (la voiture).

• Qu’un « produit » permette de conserver sa liberté n’a rien à voir avec qui sont les créateurs et d’où ils viennent. La France ne pourra jamais contribuer à Windows ou iOS (tant qu’ils sont propriétaires), mais peut quand elle veut contribuer (ou faire un fork) à : Linux, LibreOffice, Firefox, WordPress, etc.

Ça permet de mutualiser les coûts, tant mieux, mais cela est plus le but de l’open-source (bien qu’il s’entremêlement avec le logiciel libre) (https://www.gnu.org/philosophy/free-software-for-freedom.fr.html). Pour rappel, le logiciel libre a été démarré par Richard Stallman (https://www.gnu.org/gnu/manifesto.fr.html) qui n’est pas devenu riche et qui n’est pas non plus un patron ou un actionnaire d’une riche ou florissante entreprise.
Marier transparence et logiciel propriétaire me parait bien étrange, à part si vous faites référence aux transparences vis à vis de la NSA avec les backdoors (http://www.technobuffalo.com/2013/08/22/nsa-windows-8-exploit/ https://fr.wikipedia.org/wiki/NSAKEY). Avec le logiciel libre n’importe qui peut auditer le code source, avec le logiciel propriétaire, il n’y a que l’entreprise et les personnes physiques ou morales qu’elle autorise à auditer.

La majorité des libristes ne dit pas « le logiciel libre c’est le bien, le proprio/privateur c’est maaal ». Généralement, les libristes expliquent pourquoi ils en sont venus à cette conclusion. Je suis libriste et je pense que tout le monde doit se faire une opinion.

Pour mieux comprendre les libristes, je vous propose de regarder :

• La conférence de Benjamin Bayart « Comprendre un monde qui change : Internet et ses enjeux » (qui traite d’un sujet plus vaste qu’Internet) qui devrait bientôt être disponible sur confs.fr.

• Les 30 ans de GNU en français https://www.april.org/enregistrements-audio-et-video-de-la-conference-de-richard-stallman-lors-des-30-ans-du-projet-gnu (ou juste le 1er si vous êtes allergique à l’APRIL).

Pour ceux que ça intéresse, à priori pas l’auteur de l’article en tout cas, ce commentaire est sous licence Creative Commons BY-SA.

Spanti Nicola, ce blog, 10/11/2013

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2 commentaires pour Les libristes ne veulent pas détruire la propriété intellectuelle

  1. simple-touriste dit :

    « Facebook et Google s’approprient les données de leurs utilisateurs »

    1) Les utilisateurs entrent en toute connaissance de cause des données sur les sites de Gogol et FB. Ils ne vont pas espionner les fichiers sur le PC de l’utilisateur!

    2) Gogol ne devient pas propriétaire de ces données, jamais.

  2. nomad dit :

    Conférence de Benjamin Bayart « Les enjeux d’Internet » pour IEUFI :
    360p : http://data.confs.fr/enjeux_bayart/360p/
    720p : http://data.confs.fr/enjeux_bayart/720p

    En 2 parties, conférence + questions, et en deux formats (webm/mp4).

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