Creative commons : l’UPP répond à Numerama.com

Il est rassurant de constater que les photographes professionnels ont (très vraisemblablement) déjà conscience que Creative Commons est un projet de destruction du droit d’auteur. Nous reproduisons ci-après un communiqué de presse de l’Union des Photographes Professionnels daté du 26/03/2013.


Creative commons

l’Union des Photographes Professionnels (UPP) répond à Numerama.com

Lundi 25 Février, Guillaume Champeau, juriste de formation et éditeur de Numerama.com, publiait sur son site un article intitulé « Lescure envisage-t-il de rendre les Creative Commons payantes ? », dont la rigueur journalistique laisse à désirer.

Pour lire l’article de Guillaume Champeau, suivez ce lien.

Afin d’introduire un brin de polémique sur le site, Monsieur Champeau s’est risqué à une interprétation hasardeuse d’un article de Libération, éclairant sur des éventuelles pistes de réflexions envisagées par Pierre Lescure, en charge de la mission « Acte II l’exception culturelle ».

En effet, Sophian Fanen de Libération publiait quelques jours plutôt : « En parallèle, pas de dépénalisation des échanges non-marchands au programme, mais la volonté de « valoriser » les licences libres du type Creative Commons. La mission Lescure estime que laisser les œuvres circuler librement (ce qu’elles font déjà…) risquerait de freiner le développement de l’offre légale, en particulier VOD ».

Numerama.com s’est empressé de faire l’amalgame avec certaines propositions de l’UPP, qui auraient fortement inspiré la mission. Quelle influence ! Sous la plume de Monsieur Champeau, les deux phrases de Libération, d’ailleurs sans grand rapport l’une avec l’autre, ont muté en une « volonté de Pierre Lescure de rendre payante l’utilisation d’œuvres sous licence Creative Commons, pour contrer une forme de concurrence aux offres légales traditionnelles ».

Heureusement, le conditionnel y était !

La sanction n’a pas tardé, Pierre Lescure a démenti ces propos, twittant : « 1/2 Les « papiers » se suivent en meute et ont en commun de n’avoir aucun rapport avec ce que nous préparons » et « 2/2 le pompon, c’est sur les « creative commons » qu’on voudrait faire payer, paraît-il ! Plus con tu meurs ».

L’UPP loin de « faire la guerre aux amateurs » qui, pour rappel, sont également auteurs, s’est d’ores et déjà exprimée sur les Creative Commons. La diffusion des œuvres ne doit pas se faire au détriment du financement de la création, essentiel à son renouvellement. Les Creative Commons devraient permettre aux auteurs de créer un lien avec le public et non les pousser à renoncer à leurs droits.

L’UPP s’est donc uniquement prononcée contre l’option commerciale des licences Creative Commons qui permet à des sociétés de cumuler toujours plus de capital sans rémunérer les auteurs.
L’expérience pilote de la SACEM (voir ici) sous licence Creative Commons option non-commercial, lancée début janvier 2012, a le mérite de définir ce qu’est un usage commercial.

Contrairement aux propos tenus par Guillaume Champeau, ce n’est pas forcément le cas d’une image publiée sur un site Internet où figure de la publicité.

Ce raisonnement a également été soutenu par Lionel Maurel, tant repris par Numerama.com (!), dans son article « Le non commercial, avenir de la culture libre », le 18 octobre 2012, sur le site Owni. Il fait valoir, à juste titre, qu’une majorité des Commoners réservent l’usage commercial, notamment dans le secteur de la photographie, pour lequel ce modèle n’est pas adapté et dangereux pour la profession.

La lecture de la proposition de loi sur les œuvres orphelines aurait sans doute permis à Guillaume Champeau de s’épargner quelques erreurs supplémentaires.

L’UPP a effectivement proposé un nouveau régime de gestion collective obligatoire pour les œuvres dites « orphelines ». Une société de gestion collective, agréée et légalement habilitée, exercerait les droits afférents aux œuvres orphelines et collecterait les rémunérations correspondant aux exploitations effectuées. Les SPRD reverseraient, bien entendu, les sommes perçues aux auteurs identifiés ultérieurement ! À l’issue du délai de prescription de 10 ans, elles seraient affectées à des actions d’aide à la création participant au financement et au renouvellement de la création dans les secteurs artistiques concernés.
Cette proposition a pour objet de lutter contre la mention « DR » ou « Droits réservés » irrespectueuse des dispositions légales.

Il est de la responsabilité d’un journaliste de vérifier ses informations !

Nolwenn BESCHER, chargée des affaires juridiques de l’Union des Photographes Professionnels.

Pour lire le « droit de réponse » de Guillaume Champeau, article publié le 27/02/2013 sur Numerama.com, suivre ce lien.

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2 commentaires pour Creative commons : l’UPP répond à Numerama.com

  1. Wikibuster dit :

    @Marcel Robert : Moi ce qui me sidère c’est cette alliance contre nature entre des aventuriers d’Internet « libertariens » comme J. WALES, les plus grands capitalistes de la planète tels que IBM et GOOGLE et des néo-communistes (?) comme R. STALLMAN autour de Creative Commons. Au final les wikipédiens se déclarent franchement « anti-marchands » et fanfaronnent qu’ils lanceraient un « fork » de Wikipédia si Wikimedia y mettait de la publicité même simplement pour financer le site, mais quand on leur prouve que Wikimedia commercialise effectivement Wikipédia avec Orange et de la pub ils bronchent à peine alors quand Wikimedia Inc. annonce que cet accord commercial représente pour eux un « canal de revenus important » la boucle est bouclée, les internautes gogos sont… légion ! 🙂 En réalité Creative Commons n’a pas pour objectif de supprimer la propriété intellectuelle pour la rendre « non marchande » mais de faire en sorte que son exploitation économique profite financièrement à des organisations comme Wikimedia ou Google via le modèle publicitaire promu par ce dernier, CQFD.

  2. Marcel Robert dit :

    Il est bien connu que la presse est noyautée de trotskystes. La presse informatique quant à elle est plutôt consumériste, mais les pure-players sont carrément gauchistes. Comme ils sentent qu’ils ne pourront pas détruire la propriété privée, ils s’attaquent à la propriété intellectuelle.

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