Le folklore contre Wikipédia

Voici une observation très intéressante qui met en lumière les conséquences de l’endoctrinement massif de l’idéologie Creative Commons. On y voit comment on passe de « Je suis quelqu’un de bien je partage… » à « Quel scandale ces misérables qui ne partagent pas ! ». On a beau leur expliquer que Creative Commons a pour seul but de faire travailler les gens gratuitement pour enrichir des gros futés comme Wikimedia et Google, rien à faire les commonistes sont sourds et restent persuadés qu’ils oeuvrent pour le « bien commun de l’humanité ». Mais apparemment les folkloristes eux ont encore les yeux en face des trous et ne sont pas prêts à se faire charmer par Wikipédia. Le texte ci-après étant publié en licence dite « libre » nous pouvons le reproduire…

Photo dna.fr
Des folkloristes insensibles au pipeau de Wikimedia ?


Quand l’ancien rencontre le nouveau, ou le folklore contre la Wikipédia.

Je suis très désappointé. Des gens que je connais depuis des années et que je respectais ont perdu des points dernièrement.

Je vous explique : Pendant une vingtaine d’années, j’ai activement contribué à un groupe folklorique des Pyrénées, ainsi qu’à la Confédération des Groupes Folkloriques Français (CNGFF). J’ai appris beaucoup de choses sur la culture de ma région entre 1850 et 1914 (à peu près). Je connais les danses, les chants, les costumes, les coutumes de ma vallée. (Pour la musique et la langue, faut pas me demander à moi, par contre.) Et j’ai appris qu’il y a beaucoup de connaissance sur l’histoire du peuple français dans les archives de la CNGFF et dans les têtes des folkloristes. En particulier, les assises de la CNGFF, qui sont organisées chaque année, sont l’occasion pour chaque région de présenter un dossier sur un thème, comme par exemple l’habitat rural ou les canaux et rigoles. Ces dossiers sont présentés en direct lors des assises puis regroupées et publiés dans « Folklore de France », le magazine officiel de la CNGFF. Mis à part 2 livres édités, l’un sur les costumes, l’autre sur les instruments de musique, les recherches ne sortent pas vraiment de la CNGFF.

C’est pour cette raison que j’ai envoyé deux mails il y a quelques semaines. Le premier à Adrienne Charmet-Alix, Directrice des programmes à Wikimedia France, le second à quelques membres de la CNGFF. Dans chaque mail, j’expliquais mon idée : proposer aux folkloristes de participer à la wikipedia en incluant les dossiers issus de leurs recherches annuelles. Je voulais le retour de Wikimédia sur la faisabilité et le retour des folkloristes sur l’envie de participer.

Adrienne, sans surprise, a été emballée et m’a demandé un peu plus d’infos sur le type et le format des dossiers en questions. Je lui en ai transmis un d’exemple, qu’elle doit étudier. Les folkloristes par contre m’ont fortement déçu. J’ai eu 3 réponses :

1. « C’est très intéressant, mais c’est aux dirigeants de la CNGFF de décider si on le fait. »
2. « Je vais en parler aux membres de mon groupe folklorique et on te tient au courant. »
3. « Oh mon dieu, jamais de la vie !! »

C’est surtout ce dernier point qui me fait bondir depuis ce matin (j’ai reçu le mail pendant la nuit). Je vous livre ici le corps du mail (sans les exemples et sans les noms).

« Bonjour Raphaël,

Merci pour ton courriel […]

Ceci étant dit, si nous pensons que la diffusion culturelle est très importante, nous pensons également que Wikipédia c’est ouvrir la porte à une fuite de connaissance… qui ne serait pas grave en soi… si ce n’est que des personnes peuvent s’emparer des publications pour en faire des opuscules… voire des livres, à leur propre profit financier ou autre.

Cela c’est déjà produit pour deux articles parus dans Folklore de France […]

Ces deux articles se sont retrouvés dans la bibliothèque du CNRS avec la possibilité des LES ACHETER !!!!

Aussi, pour nous préserver de telles manigances, [nous] avons décidé de confier nos articles à la SACD (société des auteurs) avec dispense pour Folklore de France… et seulement Folklore de France.

Pour ce qui est de « Facebook » nous y sommes opposés tous les deux par pure philosophie personnelle.
Nous sommes sûrs que, dès que le Bureau de la CNGFF aura été saisi et aura donné son avis, il en informera le CA afin qu’une décision soit prise. Cette prise de décision pourra intervenir au mois d’Avril lors du prochain CA Confédéral.

Je vous laisse avec nos réflexions… à méditer.
Amitiés à tous.
Y. et B. C. … créateurs de culture »

Et c’est là que je me dis qu’il y a un problème. Ces gens qui ont pourtant choisi de faire vivre la culture française bénévolement, ne veulent pas transmettre leur savoir trop facilement. C’est paradoxal. Ça fait un peu tour d’ivoire. Ça fait un peu : « C’est moi le dépositaire du savoir, et personne d’autre ». Apparemment, ces gens n’ont pas compris que la connaissance se diffuse, se partage et croît ainsi. Ça se voit d’ailleurs dans l’expression « fuite de la connaissance » et dans le fait de confier les articles à la SACD. La connaissance ne peut pas fuir! Au contraire, elle s’étiole si on la coince quelque part. […]

En fin de compte, j’ai encore un peu d’espoir pour la participation de la CNGFF à la Wikipédia, même si le consensus est pour le moment : « laissons les chefs décider ». Mais si les instances dirigeantes se prononcent contre, il y a des chances que je passe les engueuler en direct et leur mettre le nez dans leurs contradictions.

Raphael Isla, son blog, 05/12/2012

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