Wikipédia et la « soft-idéologie »

Voici un nouveau commentaire de Sebrider qui répond à un commentateur sur ce même blog et continue de développer son analyse politique de Wikipédia, il rattache l’idéologie de la pseudo-encyclopédie à la « soft-idéologie ». Notre fidèle lecteur wikilâtre Sunaj ne va encore rien comprendre, en fait si, il a déjà tout compris mais quand on embrasse la religion commoniste il est difficile d’en sortir…

La Soft-Idéologie
L’idéologie de Wikipédia, à rattacher à la « soft-idéologie » ?

« On l’a bien compris, le livre de François Bernard Huyghe et de Pierre Barbès ne fait pas le détail. C’est un cri d’exaspération devant le recentrage récent de la culture et de la politique française, c’est à dire un écrit de refus face à toute union nationale qui restreindrait l’affrontement des idées. Selon les auteurs, le centre est blafard. Il ne faudrait pas en plus qu’il devienne totalitaire. » Serge HALIMI.


« NON. Je NE représente PAS Wikipédia. Mes « réactions » ne prouvent rien concernant WP. » dixit simple-touriste.

Pourtant, tu as des réflexes à la Wikipédia.
Or c’est un caractère de l’idéologie hégémonique.

Pour reprendre l’exemple sur l’idéologie du sport en France de Michel Caillat :

« Nous sommes à l’âge de la soft-idéologie, forme plus subtile et la plus néfaste de l’idéologie. »

On observe cette soft-idéologie à l’ère de Gorbatchev. On sait ce que ça a donné pour une grande société par la suite. Mais on observe cela aussi dans l’action néolibérale issu de Milton Friedman (Thatcher, Reagan, Pinochet, Elmuth Khol, le gouvernement Chirac des années 80, Eltsine, Bush I et II…etc), ce fut la plus grosse catastrophe sociale en période de paix. Mais beaucoup applaudissent ces soft idéologues. L’idéologie que dénonce Wikibuster rentre dans le même cadre des soft-idéologies qui sont construites sur 3 aspects majeurs (M. Caillat, 1989, p 14) :

(1) Le caractère universel.
(2) Le caractère inter-classique avec ses « communions magiques ».
(3) Non vue comme une idéologie mais comme un trésor commun à l’humanité.

On y rencontre 4 grands types de discours (d’après les mots de M. Caillat, 1989, p.12-13 (sauf ce qui est entre crochets) :

(1) Discours fondateurs.
=> souvent militants ou de prédications qui font la réalité [de la sphère communautaire] en disant sa loi.

(2) Discours didactiques.
=> imposent une image légitime des attitudes et des techniques [pour la sphère communautaire].
=> Ce discours « théorique » masque un tissu des propositions idéologiques.

(3) Discours apologétiques.
=> défense inconditionnelle, qui tend de répondre aux « détracteurs de la communauté » :

(31) Discours du « oui, mais » : « On préfère parler de ce qui n’existe pas (l’idée [wikipédia], la pureté, la loyauté, etc.) pour ne pas avoir à parler de ce qui existe (la tricherie, les brutalités, etc.) »

(32) Affirmation positive qui revalorise le rôle et le statut [de la sphère communautaire].
=> L’idéologie […] est de type religieux et de tendance expansionniste. Elle part à la conquête des âmes dans une sorte de prédication militante et de croisade dithyrambique perpétuelle.

(4) Discours de célébration des exploits, commémoratifs ou d’acclamation.
=> Presse […] rapportant les hauts faits de la performance humaine.
=> Chant de gloire aux héros.

Wikipédia et le sport de Coubertain rentrent parfaitement dans le cadre des sphères communautaires de pouvoir décrites par Alexandre Zinoviev. L’Empire Tsar pendant des siècles et l’URSS dans un cadre de crise historique (Guerre civile européenne de 1914-1945; Guerre Froide de 1952-1954) englobèrent totalement ces deux grands sociétés. Chez nous, cette sphère est restreinte au milieu de pouvoir. La sphère communautaire génère l’idéologie hégémonique de la société globale.

On est loin de la mystique de gauche de Paschal Grousset et Philippe Tissié qui rentre dans le cadre des sphères communautaires type de service. Mais contrairement au premier, ils restent dans le cadre globale de la société caractérisée par la sphère professionnelle ou milieu de production (inexistant en société communiste post-féodal). C’est dans cette sphère professionnelle ou milieu de production défini par Marx que le communisme post-capitaliste doit surgir.

Sebrider, commentaire sur ce blog, 17/04/2013

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5 commentaires pour Wikipédia et la « soft-idéologie »

  1. sebrider dit :

    Le 4 janvier 2008, sur la page discussion de l’article Ken Ishikawa que j’ai créé sous IP, soit une journée après la création d’une page personnelle :

    « Si il faut faire dans la platitude et la non information, alors je ne me plairais pas ici. Et, mes infos je les garderais juste pour d’autre qui s’y intéresse vraiment. Je comprend pourquoi maintenant, on me l’avait pourtant un peu prévenu [Je ne sais plus qui, ni comment]. J’ai remarqué que dans certain domaine important, il n’y a pas grand chose voire rien du tout d’intéressant, juste le stricte minimum que tout le monde connait déjà et qui se trouve facilement. Je ne vois pas à quoi cela sert dans ce cas wiki.

    L’encyclopédie doit « renfermer en une page le canevas d’un ouvrage qui ne se peut exécuter qu’en plusieurs volumes in-folio. » (Diderot)

    Comme je l’ai dis ces présentations que l’on voit partout ailleurs sont assez plates. Je n’ai jamais aimé les listes qui ne veulent rien dire surtout lorsque l’on ne connait pas. Comme je l’ai dit si il faut être spécialiste mieux vaut chercher ailleurs que sur wiki dans ce cas. C’est sensé faire découvrir d’une façon rapide à un large publique non spécialiste.

    […]

    Il me semble que wiki ne sert qu’à des assistés (les lecteurs) qui ne vont pas chercher plus loin. Il faut donc un pré-machage pour qu’il aille plus loin tout seul et ailleurs.

    Trop de connaissance à la fois obscurci le savoir et pas assez rend l’homme idiot. Il faut trouver un juste équilibre entre le trop et le peu pour qu’il soit intéressé et avancé sur le chemin de la connaissance et du savoir.

    Wiki doit créer l’ouverture, non une qui nous enferme, mais une qui nous ouvre sur d’autres portes au delà du sujet et qui nous pousse à aller voir ailleurs et plus loin.

    De cette façon, l’article semble fini sans ouverture puisqu’il n’y a pas d’indice flagrant pour que le lecteur continu tout seul son chemin pour accroitre sa connaissance et peut-être revenir sur wiki pour écrire son nouveau savoir. »

    La réponse de mon tout premier Accusateur est dans la phraséologie communautaire des plus classiques :

    => « Ca serait bien qu’on puisse tous les deux aboutir à un compromis et qu’on ne parte pas, comme c’est le cas actuellement, sur des positions butés. » Ce qui se traduit en langage individuel : « ferme ta gueule et fait ce que je te dis même si c’est toi qui a créé l’article et que tu es un des rares à connaître le sujet. » Bien cela se fait de façon cordiale et polie. Mais, je ne vois pas en quoi la politesse, la cordialité, la moralité, le politiquement correct doivent rentrer dans la connaissance. Du moins, je le vois trop bien ! C’est dans la manipulation idéologique qui n’est pas spontanée à la sphère wikipédienne mais venant du monde réel que la communauté virtuelle réplique telle un virus dans son écriture de la connaissance.

    De là est ce que je suis « incompatible » avec « l’Encylopédie du point de vue correct » ? Oui.

    Mais, si on va plus loin en reprenant les pensées évolutionnistes (Herbert Spencer, Ludwig Von Mises, Hayek, Friedman, le « programme génétique » des années 60, Thatcher, Reagan, les sociobiologistes, l’OGM, timidité et pipi au lit à 5 ans = futur tueur en séries, DA japonais = futur violent et pervers…etc) qui a touché la France dans les années 80, je ne suis pas compatible à la vie et à la société. Je suis né inadapté selon la philosophie néolibérale.

  2. Wikibuster dit :

    C’est bien noté Sebrider, décidément votre ouverture d’esprit vous rendait « incompatible » avec « l’Encylopédie du point de vue correct ».

  3. Sebrider dit :

    J’ai pris l’expression de soft-idéologie défini par Michel Caillat dans « l’idéologie du sport en France » comme il est indiqué plusieurs fois dans le texte.

    Je ne connais pas le livre de Huygues et Barbès.
    Je viens cependant de trouver une critique de ce livre par Serge Halimi :

    => Halimi Serge, « François-Bernard Huygue et Pierre Barbes Robert. La soft idéologie », Politique étrangère, 1988, vol. 53, n° 3, pp. 773-774 (en ligne sur persée).

    Voici la conclusion de l’article de Serge Halimi : « On l’a bien compris, le livre de François Bernard Huyghe et de Pierre Barbès ne fait pas le détail. C’est un cri d’exaspération devant le recentrage récent de la culture et de la politique française, c’est à dire un écrit de refus face à toute union nationale qui restreindrait l’affrontement des idées. Selon les auteurs, le centre est blafard. Il ne faudrait pas en plus qu’il devienne totalitaire. »

    Le « centre » fait échos au neutralisme de wikipédia. De ce fait, la mise en page me convient.

    Ce n’est pas parce que Barbès est d’extrême droite qu’il a des idées en permanence bancales. Ce ne sont d’ailleurs pas les faits ou les idées qui sont bancales mais les conclusions ou vérités qu’ils en font ou qu’ils dégagent selon leur propre cadre idéologique restreinte. Faire passer des faits pour des vérités arrivent tout le temps sur wikipédia.

    Or, « Ce qui s’oppose à la vérité, ce n’est pas une autre vérité, mais l’erreur » dit le Maitre de la Maison Jaune d’Alexandre Zinoviev. Ce sont donc ces erreurs que l’on doit pointer du doigt. Mais sur wikipédia, celui qui ose les montrer et briser ainsi le cadre défini par la communauté se fait manger le bras.

    Pour l’origine de l’idéologie, Marx a repris la conception d’un croyant déiste et non d’un scientifique athée. En effet, le croyant déiste a une conception matérialiste de l’idéologie contrairement au scientifique athée. Cela est, quand bien même la pensée matérialiste va à l’encontre de la croyance du déiste (cf Patrick Tort, Marx et le problème de l’idéologie, L’Harmattan, 2006 ou Pascal Charbonnat, Histoire des philosophies matérialistes, Kimé, 2013).

  4. Wikibuster dit :

    L’illustration n’est pas de Sebrider mais de moi, s’il préfère une autre illustration on peut changer.

  5. Gordon Ramsay dit :

    Le plus drôle est de voir Sebrider soutenir ses fumeuses réflexions à l’aide d’un livre comme la « soft-idéologie » dont l’un des auteurs, caché sous le pseudonyme de Pierre Barbès, n’est autre que l’idéologue d’extrême-droite Guillaume Faye. Pour un « communiste » auto-proclamé, ça la fout mal.

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